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Feiglin annonce son retour en politique et se présentera aux primaires du Likud

L'ancien député du Likud, connu pour ses opinions extrémistes, a annoncé qu'il cherchera à obtenir une place sur la liste électorale du parti

Moshe Feiglin lors d'une réunion de la Commission de la santé à la Knesset, à Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90)
Moshe Feiglin lors d'une réunion de la Commission de la santé à la Knesset, à Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

L’ancien député du Likud Moshe Feiglin, connu pour ses opinions extrémistes, a annoncé qu’il cherchera à obtenir une place sur la liste électorale du parti lors des prochaines élections, revenant au parti après avoir tenté – et échoué – à entrer au parlement avec son propre parti.

Dans une déclaration, Feiglin a dit qu’il se présenterait aux primaires du Likud – attendues à la mi-août – pour s’assurer qu’Israël reste « un État à majorité juive ».

« Il y a un an, lorsque la plus grande fraude électorale de notre histoire a privé l’État juif de sa majorité juive et a établi un gouvernement de tous ses citoyens, Israël est en fait devenu un État entièrement arabe et est entré dans une crise profonde tous secteurs confondus », a-t-il dit, en faisant référence à la décision de Naftali Bennett de former une coalition idéologiquement diversifiée incluant le parti islamiste Raam, qui s’est effondrée le mois dernier.

« Lorsque l’étendue du désastre est devenue évidente, j’ai décidé que le temps était venu d’unir nos forces et, précisément en cette période difficile, de revenir au Likud, de renforcer la majorité juive et de nous rendre notre État juif », a déclaré Feiglin.

Dans des propos à l’accent Trumpien, il a qualifié les résultats incontestés des dernières élections comme étant « la plus grande fraude électorale de toute notre Histoire ».

Feiglin a représenté le Likud à la Knesset entre 2013 et 2015, jusqu’à ce qu’il soit contraint de le quitter en raison de son attitude non-conformiste et de ses positions extrémistes, pour finalement former le parti libertaire de droite Zehut.

Zehut était en passe de devenir la surprise des élections d’avril 2019, mais a finalement échoué et ne s’est pas représenté aux élections de septembre. Le parti ne s’est pas présenté aux élections de 2020 et 2021, affirmant qu’il continuerait à fonctionner et à promouvoir son programme en dehors de l’arène politique.

Avec Zehut, Feiglin prônait un nationalisme d’extrême droite combiné à un libertarianisme de petit gouvernement. Il a obtenu le soutien d’un mélange éclectique d’électeurs allant des étudiants de yeshiva des implantations d’extrême droite aux partisans de la légalisation de la marijuana dans la ville de Tel-Aviv, majoritairement de gauche. Il prône l’annexion de la Cisjordanie et la reprise de Gaza, ainsi que le démantèlement virtuel du rabbinat d’État et des autres services religieux d’État contrôlés par les orthodoxes, et la dépénalisation totale du cannabis, y compris pour un usage récréatif.

En pleine pandémie de COVID-19, Feiglin a exprimé à plusieurs reprises des opinions anti-vax lors des réunions de la commission de la santé de la Knesset auxquelles il est toujours autorisé à assister en tant qu’ancien député. Il a également participé à des manifestations anti-vax et est considéré comme une figure populaire parmi les activistes en Israël.

Feiglin a tenté de minimiser son passé d’activiste ultra-nationaliste, avec des appels à reconstruire le temple juif sur le mont du Temple.

« J’ai combattu pendant de nombreuses années en faveur de l’existence d’Israël en tant qu’État juif ; j’ai combattu la Haute cour et l’extrême-gauche ; j’ai combattu pour la souveraineté sur Jérusalem et sur le mont du Temple et je fais la promesse aux électeurs du Likud que je ne renoncerai jamais à ces combats », a dit Feiglin dans une déclaration, dimanche.

Le chef de Zehut Moshe Feiglin rencontre des électeurs potentiels à Jérusalem, le 13 mars 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Dimanche également, l’ancien ministre du Likud, Ayoub Kara, a annoncé qu’il faisait son retour en politique.

« Je me suis entretenu avec de nombreux membres du parti du Likud et j’ai décidé de me présenter aux Primaires afin de revenir aux responsabilités à la tête du parti et dans le camp national », a écrit Kara sur sa page Facebook.

Kara a indiqué qu’il revenait en politique en raison « de la situation difficile dans laquelle se retrouve aujourd’hui l’État d’Israël… même si ce que je fais actuellement dans le monde entier et dans les pays de la région est une bonne chose pour moi ».

Il s’est aussi enorgueilli de sa fidélité à l’égard de Netanyahu.

« Nous avons besoin de loyauté de la part des membres du Likud dans les actes, pas seulement dans les mots et dans les déclarations », a-t-il indiqué.

Kara qui, en 2017, était devenu le premier ministre issu de la communauté druze de toute l’Histoire d’Israël, a siégé par intermittence à la Knesset sous l’étiquette du Likud. Même s’il a été un soutien de Netanyahu pendant longtemps, il avait perdu l’appui du Premier ministre avant les primaires de la formation pour des raisons indéterminées au début de l’année 2019. Il a été député pour la dernière fois du mois de décembre 2020 jusqu’au mois de juin 2021, entré à la Knesset après la démission d’un autre législateur.

Au fil des années, Kara a mené des activités interconfessionnelles et il a œuvré en faveur de l’amélioration des liens entre l’État juif et de nombreux pays, ainsi qu’avec les communautés druzes du Liban et de Syrie et avec les Kurdes irakiens, mais il a aussi été mêlé à une série de ratés diplomatiques parfois étranges.

Le ministre des Communications, Ayoub Kara, assiste à une conférence de presse dans la ville de Safed, dans le nord du pays, le 10 juillet 2018. (David Cohen / Flash90)

Suite à l’effondrement de la coalition au pouvoir disparate qui était placée sous l’autorité du Premier ministre Naftali Bennett, la Knesset a voté sa propre dissolution jeudi et Yair Lapid est devenu le 14e chef du gouvernement israélien vendredi. Des élections auront lieu en date du 1er novembre.

Les sondages récents suggèrent que Netanyahu serait mieux placé qu’il ne l’était lors du précédent scrutin.

Tandis que Netanyahu et ses alliés (Likud, parti Sionisme religieux, Shas et Yahadout HaTorah) avaient remporté 52 sièges lors des élections du mois de mars 2021 qui avaient vu l’émergence de la coalition Bennett-Lapid, des enquêtes d’opinion plus récentes montrent que le bloc dirigé par le l’ex-Premier ministre pourrait occuper entre 58 et 60 sièges au parlement, fort de 120 membres, au seuil de la majorité. Avec le parti Yamina – qui est dorénavant dirigé par Ayelet Shaked et plus par Bennett — Netanyahu pourrait asseoir la majorité nécessaire pour une coalition étroite de droite.

Toutefois, les alliances politiques pourraient évoluer, des partis pourraient fusionner ou se retirer de la course et d’autres formations pourraient faire leur apparition. De plus, plusieurs factions frôleraient, selon les sondages, le seuil de 3,25% des votes nécessaire pour intégrer la Knesset et ils pourraient être dans l’incapacité de l’atteindre, déjouant potentiellement la mathématique politique.

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