Financement terroriste de l’AP : Yael Shevach s’exprime à l’Assemblée nationale
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Financement terroriste de l’AP : Yael Shevach s’exprime à l’Assemblée nationale

La veuve du rabbin Raziel Shevach, tué dans un acte terroriste en Cisjordanie en 2018, a appelé les députés français à s'engager contre le BDS et le soutien financier à l'AP

Yael Shevach, veuve du rabbin Raziel Shevach, lors de son allocution à l’Assemblée nationale, à Paris, le mardi 28 mai, aux côtés de Yossi Dagan, président du conseil régional de Samarie, et du député français Claude Goasguen. (Crédit photo : Samuel Edelman / capture d’écran YouTube)
Yael Shevach, veuve du rabbin Raziel Shevach, lors de son allocution à l’Assemblée nationale, à Paris, le mardi 28 mai, aux côtés de Yossi Dagan, président du conseil régional de Samarie, et du député français Claude Goasguen. (Crédit photo : Samuel Edelman / capture d’écran YouTube)

Yael Shevach est la veuve du rabbin Raziel Shevach, tué par balles lors d’un attentat terroriste près de l’avant-poste de Havat Gilad, dans le nord de la Cisjordanie, en janvier 2018.

Ce mardi 28 mai, elle participait à une rencontre à l’Assemblée nationale, à Paris, contre le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). La jeune femme a également appelé les députés à mettre fin aux transferts de fonds par l’Union européenne (UE) à l’Autorité palestinienne (AP).

« La famille du meurtrier de mon mari a été payée pour le crime qu’il a commis. Regardez la vérité en face. De nombreux pays, dont la France, soutiennent financièrement l’Autorité palestinienne. En 2016, la France a accordé 16 millions d’euros à l’AP, votre argent va aux meurtriers », a-t-elle dénoncé, s’exprimant aux côtés de Yossi Dagan, président du conseil régional de Samarie, et du député français Claude Goasguen.

« Nous vivons sous la menace constante du terrorisme et du BDS. L’Europe considère que notre place n’est pas dans notre pays d’origine. D’autre part, la terreur islamique – qui a déjà frappé plusieurs fois en Europe – tente continuellement de nous anéantir », a-t-elle ajouté, provoquant l’émotion parmi les députés en résumant son parcours et l’histoire de sa famille de 6 enfants, ainsi que celle de la famille Fogel, elle aussi en partie d’origine française et décimée en 2011 à Itamar dans une horrible attaque terroriste.

« Souvenez-vous de la famille Fogel, souvenez-vous de mon mari », a-t-elle conclu.

Le député Claude Goasguen (Les Républicains) a ensuite répondu à la jeune femme : « J’ai été très ému par votre intervention. Dans vos propos, il y avait quelque chose de clair que les Français ne savent pas : lorsque l’on verse de l’argent à l’Autorité Palestinienne, on n’en a plus le contrôle. Le fait que les assassins de votre mari touchent un salaire pour leur acte est barbare et inacceptable. Au-delà de mon soutien personnel, j’ai compris ce soir qu’il faut lutter avec encore plus de détermination contre cette pratique et le soutien que la France lui apporte. »

Avant l’allocution de Yael Shevach, Yossi Dagan avait souhaité que cette rencontre permette de mieux « combattre les mensonges diffusés par le BDS et les organisations d’extrême gauche dont le but est de délégitimer l’Etat d’Israël ».

« Le peuple français ne sait pas ce que l’AP fait avec l’argent qui lui est versé. J’appelle les députés français à agir afin que cessent ces transferts de dizaines de millions d’euros annuels. Ils croient que ces fonds sont utilisés pour des besoins humanitaires, mais ils encouragent en fait le meurtre de Juifs, » a-t-il déclaré.

Depuis 2004, l’AP, présidée par Mahmoud Abbas, verse des allocations aux familles de Palestiniens détenus par Israël en fonction des peines infligées par la justice de l’Etat hébreu.

Ces prisonniers sont en effet considérés par de nombreux Palestiniens comme de courageux « martyrs ».

Abbas a souligné à maintes reprises que le soutien aux familles des prisonniers et des « martyrs » « constitue un devoir national, humanitaire et social qui doit toujours être rempli indépendamment des pressions israéliennes et internationales. »

Selon le ministère de la Défense israélien, l’Autorité palestinienne a versé en 2017, 687 millions de shekels (198 millions de dollars) au « Fonds des familles des martyrs » et 550 millions de shekels (160 millions de dollars) au Club des prisonniers palestiniens, soit environ 7 % de son budget global.

Les prisonniers palestiniens purgeant des peines de 20 à 30 ans pour avoir perpétré des attentats terroristes ont droit à une allocation mensuelle à vie de 10 000 shekels, a déclaré le ministère de la Défense, citant les chiffres de l’AP. Les détenus condamnés à une peine de trois à cinq ans reçoivent un salaire mensuel de 2 000 shekels. Les prisonniers palestiniens qui sont mariés, ont des enfants, vivent à Jérusalem ou ont la citoyenneté israélienne perçoivent des allocations supplémentaires.

L’an dernier, le ministère de la Défense a publié des chiffres selon lesquels certains terroristes qui ont tué des Israéliens seront payés plus de 10 millions de shekels (2,78 millions de dollars) chacun pendant toute leur vie par l’Autorité palestinienne.

La rencontre avec les députés français à l’Assemblée nationale était organisée par Elnet, organisation non gouvernementale née en 2007 dont le but est de renforcer les liens entre Israël et l’Europe. Son siège est situé à Paris, avec des bureaux à Bruxelles, Berlin, Varsovie, New York et Tel Aviv.

Le cheikh Tamimi, originaire de Ramallah, était également présent parmi la délégation israélo-palestinienne, ainsi que Benny Maïmon, chef d’entreprise.

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