Floride : des élèves juifs parmi les morts et les blessés dans la fusillade
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Floride : des élèves juifs parmi les morts et les blessés dans la fusillade

L'une des 17 victimes a été identifiée comme étant Jaime Guttenberg ; les rabbins locaux proposent leur soutien aux victimes du drame Rivlin a présenté ses condoléances

Les gens attendent leurs proches à la sortie du lycée Marjory Stoneman Douglas après une fusillade à l'école qui a fait plusieurs morts et blessés, le 14 février 2018 à Parkland, en Floride (Crédit : Joe Raedle / Getty Images / AFP)
Les gens attendent leurs proches à la sortie du lycée Marjory Stoneman Douglas après une fusillade à l'école qui a fait plusieurs morts et blessés, le 14 février 2018 à Parkland, en Floride (Crédit : Joe Raedle / Getty Images / AFP)

Le président Reuven Rivlin a exprimé jeudi ses condoléances suite à la fusillade dans un lycée de Floride, au cours duquel un ancien élève a ouvert le feu avec un fusil AR-15, tuant au moins 17 personnes.

« Le peuple d’Israël se tient aux côtés des gens de Floride, et toute l’Amérique, dans la douleur ce matin. Nos pensées vont aux victimes et à leurs familles », a écrit Rivlin sur son compte Twitter.

Le tireur a fait de « nombreux morts » mercredi dans un lycée du sud-est de la Floride avant d’être interpellé, semant la panique parmi les élèves retranchés dans leurs classes ou tentant de s’échapper.

Des étudiants juifs ont été tués et blessés lors de cette fusillade de masse mercredi dans un lycée de Floride, selon des rabbins locaux et les médias.

La fusillade a eu lieu peu avant la fin des cours, dans le lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland. Le tireur, âgé d’environ 18 ans et qui n’était pas actuellement inscrit au lycée, a été arrêté plus tard dans la localité proche de Coral Springs, selon le shérif du comté de Broward, Scott Israel.

« Nous n’avons reçu aucun avertissement, aucune indication », a précisé Robert Runcie. « A notre connaissance, aucune menace n’avait été proférée ».

L’ancien étudiant armé d’un fusil AR-15 a ouvert le feu mercredi à l’intérieur du lycée, tuant au moins 17 personnes, selon les autorités, lors d’une fusillade où les étudiants terrifiés se sont cachés dans des placards et sous les bureaux alors qu’ils appelaient à l’aide en envoyant des textos.

Des témoins, élèves et professeurs, ont rapporté s’être cachés jusque dans les placards lorsque les coups de feu ont retenti peu avant la fin des cours, à 14H30.

« C’était la fin de la journée scolaire et l’alarme incendie s’est déclenchée. Nous avons commencé à évacuer. On pensait que c’était un exercice et après avoir fait 15, 20 pas hors de la classe on était à terre, et on se cachait dans le placard », a raconté une enseignante, Melissa Falkowski, sur CNN. Une amie enseignant dans un autre bâtiment, celui des premières années, « m’a dit qu’alors qu’elle partait, il y avait des corps à terre », a-t-elle poursuivi. « Elle a dit qu’elle en avait vu trois ».

Le rabbin Bradd Boxman de Kol Tikvah, une congrégation réformée dans la ville de Boca Raton, a déclaré qu’il connaissait au moins quatre lycéens juifs parmi les blessés, dont trois font partie de sa synagogue. Ils ont été hospitalisés et ont subi une intervention chirurgicale.

Local 10 News, une filiale d’ABC, a identifié Jaime Guttenberg, une élève juive, parmi les élèves décédés.

« Un grand nombre d’élèves allait à cette école », a déclaré Bosman au sujet de ses fidèles.

Le shérif du comté de Broward Scott Israel a identifié l’homme armé comme étant Nikolas Cruz, 19 ans, un ancien élève du lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland qui avait été renvoyé pour des « raisons disciplinaires ».

My friends Jennifer Bloom Guttenberg and Fred Guttenberg haven't heard anything from their daughter Jaime Guttenberg,…

Posted by Helena Wiston on Wednesday, 14 February 2018

Cruz a été arrêté sans incident dans la ville voisine de Coral Springs après le massacre de la Saint-Valentin et emmené à l’hôpital pour des blessures mineures, a précisé le shérif.

Les professionnels de la santé qui se sont rassemblés à Kol Tikvah ont accompagné les lycéens tout au long des premières étapes de la prise en charge du traumatisme, a déclaré Boxman.

« Au sein de notre propre communauté, nous avons de nombreux professionnels de la santé mentale sur lesquels s’appuyer », a déclaré le rabbin, et beaucoup d’entre eux se sont précipités à la synagogue pour mettre en place des services de conseil.

« C’était un refuge. »

« Nous nous sommes réunis en tant que communauté, les congrégations environnantes, pour être là pour nos enfants et nos familles, pour que les enfants puissent parler de leur expérience et commencer le processus de guérison dans la communauté », a déclaré Geri Pomerantz, président de Kol Tikvah.

La session a duré 3 heures et demie et a été organisée par Kol Tikvah et d’autres synagogues des villes voisines, ainsi que par la fédération juive locale.

Le rabbin Jonathan Kaplan du temple voisin Beth Chai a passé la soirée à l’hôtel Marriott local, où les parents s’étaient réunis pour retrouver leurs enfants, pour soutenir les parents dont les enfants étaient encore portés disparus. Un enfant de la congrégation de Kaplan fait partie des morts, et un autre est porté disparu. Beth Chai prévoit d’organiser un service demain pour les victimes de la fusillade.

« C’est le chaos et la dévastation », a déclaré Kaplan au JTA, alors qu’il était en route pour consoler les parents endeuillés dans sa congrégation. « Tout le monde attend et prie. Aucun mot ne peut décrire ce qui s’est passé ici. »

Kol Tikvah sera également ouvert aux familles jeudi, car les écoles à Parkland seront fermées, a déclaré Boxman. « Les enfants pourront venir et échanger avec des conseillers », a-t-il expliqué. « Le jour du Shabbat, nous aurons un service de guérison et d’unité. »

Le shérif a déclaré que les étudiants et les adultes avaient été tués. Il n’était pas certain du nombre exact de blessés, mais au moins 14 d’entre eux ont été transportés à l’hôpital et deux d’entre eux sont morts des suites de leurs blessures.

Cette fusillade, qui porte le nombre de fusillade à près de 20 depuis le début de l’année, met en lumière une fois de plus l’épidémie de la violence armée qui sévit aux États-Unis et sur l’accès facile aux armes dans un pays avec 33 000 décès par arme à feu par an.

« C’est une journée terrible pour Parkland », a déclaré Israël, parlant de la ville d’environ 30 000 habitants, située à 80 kilomètres au nord de Miami.

« Mes propres triplés sont allés à cette école. »

Des images télévisées montraient que des étudiants, certains les mains en l’air, étaient menés hors de l’école par des policiers lourdement armés et un véhicule blindé rempli d’une équipe SWAT étaient présents sur les lieux.

Le fils de Len Murray âgé de 17 ans, un élève du lycée, a envoyé à ses parents un texto terrifiant : « Maman et Papa, il y a eu des coups de feu au lycée. Il y a des sirènes de police à l’extérieur. Je suis dans l’auditorium et les portes sont verrouillées. »

Quelques minutes plus tard, il a encore envoyé un nouveau texto, « Je vais bien. »

Murray a confié qu’il a couru vers le lycée de son fils seulement pour être arrêté par les autorités sous un pont d’autoroute non loin des bâtiments scolaires. Il a expliqué qu’il a dit à son fils de conserver sa batterie et d’arrêter d’envoyer des textos. La mère du garçon lui a dit de mettre son portable en silencieux.

Murray a confié qu’il n’avait eu qu’une seule pensée qui lui traversait l’esprit depuis le texto de son fils : « tout ce à quoi je pense, c’est quand je l’ai déposé ce matin, d’habitude je lui dis : ‘je t’aime’ et je ne l’ai pas ce matin. Il a 17 ans, il a cet âge. Et je ne l’ai pas dit ce matin, et je m’en veux en ce moment encore et encore. »

L’école devrait être fermée pour le reste de la semaine.

Des prières, pas d’explication

Elus et policiers n’avaient que des prières et aucune explication à offrir mercredi soir aux proches des 17 personnes abattues de rafales de fusil d’assaut par un jeune homme de 19 ans dans un lycée de Floride.

« C’est juste le mal à l’état pur », a lâché le gouverneur de Floride, Rick Scott, lors d’un point de presse à Parkland, en guise de maigre explication pour ce qui est l’une des pires tueries aux Etats-Unis depuis un quart de siècle.

Le shérif local a fait aveu d’impuissance. « Si quelqu’un veut vraiment commettre un carnage, il n’y a pas grand chose que l’on puisse ou que les forces de l’ordre puissent faire », a déclaré Scott Israel.

La police n’a pour l’heure livré aucun motif, mais le portrait encore très en pointillés laissait poindre un adolescent à problèmes amateurs d’armes.

Un ado à problèmes amateur d’armes

Nikolas Cruz, l’auteur de la fusillade, était un adolescent amateurs d’armes qui avait été renvoyé de cet établissement pour raisons disciplinaires.

Né en septembre 1998, Nikolas Cruz avait posté sur les réseaux sociaux des messages « très alarmants », a indiqué le shérif du comté de Broward, Scott Israel, sans préciser leur nature, insistant sur la nécessité de signaler ce type de publications.

Le portrait du tueur n’a pas été rendu public par les autorités et un compte Instagram qui lui est attribué a été supprimé.

Cruz était connu au sein du lycée pour être un élève à problèmes, selon plusieurs témoignages recueillis par les médias locaux.

« Il y a eu des problèmes quand il a menacé des étudiants l’année dernière et je pense qu’on lui a dit de quitter le campus », a déclaré au quotidien Miami Herald Jim Gard, un professeur de mathématiques qui avait eu l’élève dans sa classe.

Selon l’enseignant, la direction du lycée avait prévenu de ne pas accepter l’élève sur le campus s’il portait un sac à dos en raison de ces menaces proférées.

« Tout le monde l’avait prédit »

Un étudiant, interrogé par la chaîne locale WSVN-7, a expliqué que le jeune était un « enfant à problème » qui possédait des armes chez lui et qu’il avait parlé de les utiliser. « Il tirait au fusil parce que ça lui procurait une sensation d’ivresse », a-t-il expliqué.

Selon un autre élève, Nicholas Coke, Cruz était un « solitaire » qui avait quitté l’établissement il y a quelques mois pour emménager dans le nord de l’Etat après la mort de sa mère. Il aurait également fait une préparation militaire, selon des sources au Pentagone qui n’ont pas donné de détails.

Le tireur avait déjà eu « beaucoup de problèmes » de comportement au collège, a-t-il ajouté, racontant que Nikolas Cruz avait brisé une fenêtre à coup de pieds.

Un autre lycéen, interrogé sur les lieux de la fusillade par la chaîne locale WJXT, a affirmé que le passage à l’acte de Nikolas Cruz était prévisible.

« Honnêtement, beaucoup de gens disaient que ce serait lui » qui « arroserait le lycée », a indiqué l’élève que la chaîne n’a pas identifié.

« Au final, tout le monde l’avait prédit », a-t-il ajouté, soulignant que Nikolas Cruz connaissait bien les lieux et les procédures de sécurité en vigueur dans le lycée en cas de coups de feu.

« Il était au deuxième étage, il connaît la disposition des classes, il savait où seraient les élèves », a-t-il expliqué. « Il est habitué aux exercices anti-incendie, il est préparé. »

Déjà 18 fusillades

Le président Donald Trump « a été informé de la fusillade dans une école en Floride », a indiqué la Maison Blanche. « Nous surveillons la situation », a-t-elle précisé.

« Aucun enfant, enseignant ou quiconque, ne devrait jamais se sentir en danger dans une école américaine », a tweeté le président.

« Nous suivons l’évolution de cette terrible situation dans le comté de Broward en Floride avec des signalements d’une fusillade dans un lycée », a tweeté le sénateur de Floride Marco Rubio.

Les fusillades ensanglantent régulièrement les écoles américaines: il y en a déjà eu 18 en 2018 en comptant celle du lycée Marjory Stoneman Douglas.

Depuis le massacre de Sandy Hook, une école primaire du Connecticut où furent abattus il y a cinq ans 20 enfants âgés de 6 et 7 ans, les procédures d’alerte et les exercices d’entraînement se sont multipliés dans les établissements scolaires américains.

L’objectif de ces formations est d’apprendre aux écoliers comment réagir face à un individu tirant à l’aveugle dans le but de faire un maximum de victimes.

« Il s’agit de la 291e fusillade en milieu scolaire depuis le début de 2013 », souligne Shannon Watts, fondatrice de « Moms Demand Action For Gun Sense In America », une organisation qui lutte contre la prolifération des armes à feu.

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