France : Des internautes anti-vaccins reprennent l’étoile jaune nazie
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France : Des internautes anti-vaccins reprennent l’étoile jaune nazie

Le projet de loi français conditionnant certains déplacements à la vaccination a été comparé par certains internautes au port imposé de l'étoile jaune pendant la Shoah

L’étoile jaune des victimes juives du nazisme reprise par des internautes anti-vaccin COVID. (Crédit : capture d’écran Twitter)
L’étoile jaune des victimes juives du nazisme reprise par des internautes anti-vaccin COVID. (Crédit : capture d’écran Twitter)

La possibilité de voir conditionnés en France certains déplacements à la vaccination, évoquée dans un récent projet de loi, a suscité mardi des réactions enflammées de l’opposition, qui redoute une restriction des libertés. Sur les réseaux sociaux, certains internautes ont même fait un parallèle avec le port de l’étoile jaune, dans le cas où la mesure entrerait en vigueur.

« Une étoile jaune a tous ceux qui refusent le vaccin ?? Avant de les rassembler dans des camps ? », a écrit l’un. « Et si on mettait une étoile jaune pour ceux qui ne veulent pas se faire vacciner ? Allons dans la démesure la plus totale. Vive la dictature en marche d’Emmanuel Macron », a écrit un autre, parmi d’autres messages.

Face à ces publications, plusieurs responsables communautaires juifs se sont indignés de la comparaison faite avec les persécutions nazies pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Je vois que des incultes, pardon des salopards, utilisent l’étoile jaune ou des comparaisons honteuses pour s’opposer à la vaccination seringue ! @TwitterFrance vous devez faire cesser cela ! Ça suffit ! », a écrit Ariel Goldmann, vice-président du CRIF et du FSJU.

Le responsable Gil Taieb et la chroniqueuse Zohra Bitan se sont également exprimés à ce sujet.

Dans la soirée de mardi, l’examen du projet de loi conditionnant certains déplacements à la vaccination a finalement été remis à plus tard à plus tard, a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran.

« Ce texte n’a pas du tout vocation à envisager la vaccination obligatoire contre le coronavirus », a-t-il assuré. Mais, « parce qu’il faut de la confiance pour que les Français se fassent vacciner librement (…), le gouvernement ne proposera pas ce texte devant le parlement avant plusieurs mois, avant d’être sorti de la crise ». « Le débat est clos », a-t-il estimé.

Le projet de loi présenté lundi en Conseil des ministres visait à « établir un cadre juridique durable face aux crises sanitaires », selon le gouvernement.

Il donne notamment le pouvoir au Premier ministre de décréter plusieurs interdictions, de circulation, de fermeture d’établissements ou encore de rassemblements sur la voie publique.

Des restrictions qui pourront être subordonnées à « la présentation des résultats d’un test de dépistage » négatif ou « au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin ».

De quoi faire bondir l’opposition qui y a vu une vaccination obligatoire déguisée.

« De façon sournoise, ce texte envisage non pas de rendre la vaccination obligatoire, mais d’empêcher toute vie sociale aux personnes qui ne le seraient pas », a affirmé la présidente du Rassemblement national (extrême droite) Marine Le Pen en dénonçant une « mesure d’essence totalitaire ».

« Alors que l’exécutif avait indiqué que la vaccination ne serait pas obligatoire, il dépose un projet de loi qui conditionne nos déplacements à celle-ci, introduisant une forme d’inégalité entre citoyens », a affirmé pour sa part le député de droite Julien Aubert.

Le sujet est sensible : selon un récent sondage, 59 % des Français n’ont pas l’intention de se faire vacciner contre le coronavirus, faisant de la France l’un des pays européens les plus réfractaires au vaccin.

Fin novembre, le président Emmanuel Macron avait annoncé que la vaccination qui doit débuter dimanche pour les personnes âgées ne serait pas obligatoire.

Un message martelé encore mardi par le ministre de la Santé Olivier Véran.

« Je le redis, la vaccination (contre la Covid-19) n’est pas obligatoire », a-t-il insisté.

Photo d’illustration : Des flacons de vaccins anti-COVID-19 et des seringues avec le logo de la firme pharmaceutique américaine Pfizer et de son partenaire allemand BioNTech, le 17 novembre 2020. (Crédit : Justin Tallis/AFP)

Libertés menacées ?

Mais au-delà du vaccin, la question de la pérennisation de mesures d’exception dans le droit commun interroge.

Pour la sénatrice centriste Nathalie Goulet, « le texte est franchement attentatoire aux libertés publiques ».

« Ce projet de loi empêche par avance le Parlement de pouvoir jouer son rôle de force d’opposition, car c’est par décret que ces régimes d’exception pourront être activés », explique à l’AFP Laureline Fontaine, professeure de droit public et constitutionnel à l’université Sorbonne Nouvelle, à Paris.

« Ce texte vise à englober le plus de situations possibles et donne potentiellement des pouvoirs quasi illimités aux autorités exécutives », poursuit-elle, soulignant que cette crise « a fait sauter beaucoup de verrous ».

Un autre point fait également débat, celui de la collecte de données de santé par les autorités « sans le consentement » des intéressés, « lorsqu’une situation sanitaire exceptionnelle rend nécessaires l’identification et le suivi des personnes affectées ou contaminées ».

Face à ces critiques, la ministre de la Fonction publique Amélie de Montchalin a assuré que le texte n’était « pas là du tout pour créer des pouvoirs exceptionnels pour le gouvernement », ni « créer un Etat sanitaire ».

« Il y aura bien sûr un débat, tout ce qui devra être clarifié le sera », a-t-elle assuré sur la chaîne CNews.

Ces dernières semaines, la France a été le théâtre de plusieurs manifestations dénonçant des dérives sécuritaires et liberticides du gouvernement.

Mardi, le Conseil d’Etat, plus haute juridiction administrative, a interdit l’usage de drones pour surveiller les manifestants sur la voie publique à Paris.

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