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France : Evelyne Chazot reçoit le titre de Juste parmi les Nations à titre posthume

La veuve avait caché une famille juive pendant 2 ans. Le titre de Juste parmi les Nations lui a été décerné en 2019 par Yad Vashem. Il a été remis le 9 novembre à ses descendants

Un agent de la sécurité de Yad Vashem se tient devant le Hall des Noms vide du Musée mémorial de la Shoah à Yad Vashem à Jérusalem pendant la crise du coronavirus, le 19 avril 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Un agent de la sécurité de Yad Vashem se tient devant le Hall des Noms vide du Musée mémorial de la Shoah à Yad Vashem à Jérusalem pendant la crise du coronavirus, le 19 avril 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Fradel et Ruben Zelany, nés en Pologne, ont immigré en France pour des raisons économiques. Ils se sont rencontrés à Paris et se sont mariés en 1931. Une union qui voit la naissance de deux enfants, Michel en 1932 et Roland en 1937.

La famille s’installe à Belleville et tient un atelier de couture. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Ruben, le père s’engage dans la légion étrangère. Les policiers préviennent la concierge de l’immeuble de l’imminence d’une rafle. L’ensemble de la famille quitte alors Paris et descend dans le Sud, en zone libre. Michel et Roland sont confiés à une famille de la commune de Roanne, dans la Loire, contre paiement et prennent un faux nom « Fratty ». Michel peut ainsi continuer d’aller à l’école.

En 1942, la famille fuit de nouveau et s’installe à Saint-Jeures, en Haute-Loire, territoire protestant qui a accueilli beaucoup d’enfants juifs pendant la guerre sous l’égide de l’O.S.E., association destinée au secours des enfants et à l’assistance médicale aux Juifs persécutés.

Les membres de la famille sont hébergés par Evelyne Chazot. Née en 1883, veuve depuis 1937, elle est la cinquième génération d’une famille d’agriculteurs. Elle habite au rez-de-chaussée d’un logis de trois pièces et vit de l’exploitation et de la location de ses terres. Les Zelany restent cachés chez elle pendant deux ans, jusqu’à la Libération. Fin 1944, la famille retourne à Paris mais maintient un lien fort avec leur ange gardien.

« Elle a ouvert ses bras et son cœur. Elle connaissait les dangers qu’elle prenait, elle avait une bienfaisance énorme. Je me souviens de son regard quand je glissais sur la neige. Je n’ai qu’un regret : on n’a jamais cherché à la revoir, sans doute pour effacer cette période douloureuse », explique Roland Zelany, qui avait entre 5 et 7 ans, au site d’information régionale, La commère 43.

Décédée en 1968, Evelyne Chazot a été reconnue « Juste parmi les Nations » le 17 juillet 2018 par Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah. “Juste parmi les Nations” étant un titre crée en 1953 par le Parlement israélien et décerné au nom de l’État aux personnes qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs.

« On savait ce qu’elle avait fait. Mais elle n’en parlait jamais. Pour elle, je pense que ça allait de soi », commentent Jean-Louis Tressol et Evelyne Verrouil arrière-petits-enfants de la Juste interrogés par le site d’information régionale, La commère 43.

Mardi 9 novembre dernier, dans la salle polyvalente de Saint-Jeures, cette médaille a été remise aux descendants d’Evlyne Chazot, 53 ans après sa mort. C’est la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël à des civils.

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