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France : un hacker supprime les sites du militant néo-nazi Boris Le Lay

Les autorités françaises tentaient depuis longtemps de bloquer les sites du militant extrémiste ; le hacker est également parvenu à subtiliser divers documents

Boris Le Lay. (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Boris Le Lay. (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Les sites du blogueur français néo-nazi Boris Le Lay, condamné à plusieurs reprises pour racisme, ont été mis hors ligne début février 2022 par un hacker, qui a agi à titre individuel, ont rapporté les médias Streetpress et Numerama. Les autorités françaises tentaient depuis longtemps de bloquer les plateformes du militant extrémiste.

Le hacker, « Symed18 », a saboté les sites de Le Lay à partir d’identifiants dérobés et est parvenu à supprimer le serveur de certains sites. Il a également mis la main sur des informations sensibles au sujet de leur administrateur, confirmant que Le Lay est à l’origine du site extrémiste « Démocratie participative », mais aussi des documents confirmant qu’il habite bien au Japon (il résiderait à Kashiwa, en grande banlieue de Tokyo), ainsi qu’une liste d’abonnés à l’un de ses sites historiques.

Une liste de mots de passe de Le Lay avait auparavant fuité sur des forums spécialisés – ceux-ci auraient été subtilisés grâce à un malware qui a infecté l’ordinateur du militant en février 2020.

« Symed18 » a ainsi pu supprimer plusieurs dizaines de gigaoctets de données des sites haineux de Le Lay. Certains pourraient néanmoins revenir sous d’autres noms de domaine.

« Les gens comme ça, les nazis, les fachos, ce sont ceux qui réussissent à m’énerver le plus. Leur manière de répondre aux gens est hyper désagréable. Donc j’ai envie de les faire chier », a-t-il déclaré à Numerama.

Capture d’écran d’un article du site de Boris Le Lay, consacré aux Juifs dans les médias.

Boris Le Lay a été condamné à plusieurs reprises à des peines de prison ferme pour incitation à la haine raciale, apologie de crime contre l’humanité ou contestation de crime contre l’humanité.

Un mandat d’arrêt avait été lancé contre lui, mais il réside à l’étranger, vraisemblablement au Japon, un pays avec lequel la France n’a pas de convention d’extradition.

En 2019, son compte Facebook avait été supprimé.

En 2018, après un énième article consacré à une personnalité sur qui le site « Démocratie participative » avait apposé l’étoile jaune, en l’occurrence le secrétaire d’État Gabriel Attal, le procureur de la République avait assigné en référé les opérateurs de télécoms pour qu’ils bloquent le site internet d’extrême droite – une démarche inédite.

Neuf opérateurs français, dont les quatre principaux, avaient été assignés au tribunal de grande instance de Paris dans le cadre de cette procédure d’urgence.

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