Frappes israéliennes à Gaza après des tirs de mortiers et lancer de ballons
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Frappes israéliennes à Gaza après des tirs de mortiers et lancer de ballons

Vendredi et samedi ont été marqués par de fortes violences ; un ballon incendiaire a été neutralisé et l'armée a riposté à un tir de roquette dans la région d'Eshkol

Des Palestiniens nettoient les décombres sur le site d'une frappe israélienne après d'un port maritime en construction à proximité de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 mars 2018 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)
Des Palestiniens nettoient les décombres sur le site d'une frappe israélienne après d'un port maritime en construction à proximité de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 mars 2018 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Les avions israéliens ont frappé des cibles dans la bande de Gaza dans la matinée de dimanche, dernière riposte des combats transfrontalier qui agitent la région en proie à de vives tensions.

L’armée israélienne a fait savoir que des avions-chasseurs avaient frappé plusieurs cibles et notamment un complexe militaire situé dans le nord de la bande et deux navires appartenant au groupe terroriste du Hamas.

Les médias palestiniens ont rapporté que plusieurs frappes israéliennes avaient eu lieu aux environs d’une heure trente du matin dans le nord de l’enclave, aux abords de Beit Lahia, y-compris sur un site côtier connu sous le nom d’al-Waha, ou Oasis.

Aucune information n’a encore été livrée sur d’éventuelles victimes lors de ces attaques survenues après que les terroristes palestiniens, à Gaza, ont effectué un tir de mortier vers la région d’Eshkol, dans le sud d’Israël, samedi dans la nuit.

Les militaires ont précisé que les frappes avaient été menées en représailles à l’attaque à la roquette, ainsi qu’aux « activités terroristes continues émanant de la bande, avec notamment des explosifs attachés à des ballons et les dommages causés aux infrastructures sécuritaires au cours des derniers jours ».

Un premier projectile avait été lancé depuis la bande de Gaza vers le sud d’Israël vendredi soir, selon l’armée, déclenchant les sirènes d’alerte dans le conseil régional d’Eshkol. Il a atterri dans un champ, ne faisant ni dégâts, ni blessés. En réponse, l’armée israélienne a mené plusieurs frappes au sein de l’enclave côtière, touchant une base militaire du Hamas dans le sud du territoire et une infrastructure souterraine dans le nord.

Samedi soir, les terroristes palestiniens de la bande de Gaza ont lancé un obus de mortier dans la même région d’Eshkol.

Le mortier s’est écrasé dans une zone inhabitée sans faire de dommages, ont indiqué les autorités locales. Les milliers de résidents, alertés par les sirènes, ont rejoint les abris anti-aériens.

« Si les enfants de la périphérie de Gaza ne dorment pas la nuit à cause de la situation, alors cette dernière doit aussi réveiller les décideurs politiques et ceux qui sont responsables de la sécurité des citoyens de l’Etat d’Israël », a commenté Gadi Yarkoni, chef du conseil local d’Eshkol, dans un communiqué.

Ce tir de mortier était le troisième depuis mercredi alors que les tensions entre les deux parties ne cessent de s’accroître. Les Gazaouis ont également lancé des bombes attachées à des ballons vers Israël et ouvert le feu de l’autre côté de la frontière, avec des manifestations quasi-quotidiennes à la barrière de sécurité marquées par l’envoi de cocktail Molotov sur les soldats de Tsahal et des tentatives d’ouvrir des brèches dans la clôture, selon l’armée.

Ses organisateurs clament pour leur part que le mouvement de protestation vise à réaliser le « retour » des réfugiés palestiniens et de leurs descendants sur les terres qui forment dorénavant Israël, et qu’il aide à exercer des pressions sur l’Etat juif en faveur de la levée des restrictions placées sur les mouvements des personnes et des biens depuis et vers l’enclave côtière.

Selon les responsables israéliens, le retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants détruirait le caractère juif d’Israël. Ils maintiennent également que les restrictions sur les mouvements sont mises en oeuvre pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes de faire entrer des armes dans la bande.

Samedi, les pompiers ont été appelés en renfort après que des ballons rattachés les uns aux autres et qui auraient été lesté d’un dispositif explosif ont atterri sur le territoire israélien.

Capture d’écran d’un reportage montrant un agent de police sur les lieux de l’explosion contrôlée de ballons rattachés les uns aux autres qui transportaient une ogive de missile (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Selon les médias israéliens, les ballons transportaient une ogive provenant d’un missile anti-tank.

Les ballons ont été localisés au sein du conseil régional de Sdot Negev. La police a donné pour instruction aux éventuels promeneurs de rester à l’écart de la zone le temps de procéder à une explosion contrôlée du dispositif.

Les cerfs-volants et les ballons transportant des dispositifs incendiaires et des explosifs ont été un élément déterminant des affrontements hebdomadaires sur la frontière avec Gaza, ravageant les forêts et les terres agricoles dans le sud d’Israël et représentant une menace pour les habitants locaux.

Capture d’écran de la Treizième chaîne montrant des ballons avec ce qui semble être une ogive attachée, le 9 mars 2019 (Crédit : Capture d’écran Treizième chaîne)

Les propriétaires d’une maison de la région de Hof Ashkelon, au nord de la bande de Gaza, ont expliqué avoir trouvé une douille – probablement issue d’une Kalashnikov – dans leur salon, ce qui confirmerait qu’un grand trou qui était apparu dans un mur extérieur dans la journée de jeudi a bien été causé par des tirs depuis Gaza.

Il y a eu la semaine dernière une hausse marquée des combats transfrontaliers, avec notamment des émeutes nocturnes le long de la clôture de sécurité. Il n’y a pas eu de blessés du côté israélien. Jeudi, le ministère de la Santé de Gaza dirigé par le Hamas a fait savoir qu’un adolescent avait été tué par les tirs israéliens pendant les affrontements survenus le long de la frontière, la nuit précédente.

Des Palestiniens grimpent sur la clôture de sécurité à la frontière avec Israël lors d’affrontements, à l’est de Gaza City, le 8 mars 2019 (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Israël a mené des raids aériens sommaires après chaque attaque au ballon incendiaire ou tir de mortier, frappant habituellement des postes militaires vides maintenus par le groupe terroriste du Hamas, gouvernant de-facto de la bande.

Photo d’illustration. Un soldat israélien se tient aux côtés de ballons lancés par les manifestants palestiniens de la bande de Gaza qui ont atterri en Israël, le 19 octobre 2018 (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Les locaux ont vivement recommandé aux autorités de chercher une solution à long-terme, alors que la région semble retomber dans une routine de violence après plusieurs mois de calme relatif grâce à la mise en place d’un cessez-le-feu négocié par l’Egypte.

L’Egypte et d’autres intermédiaires ont travaillé de manière intensive à la négociation d’un nouvel accord de trêve entre les deux parties, en vain pour le moment.

Evoquant les tensions dans le sud, l’ancien chef d’Etat-major et ministre de la Défense Moshe Yaalon a expliqué samedi que s’il pense que le Hamas n’est pas intéressé par une escalade de la violence, il estime que le groupe terroriste teste la patience israélienne.

« Le Hamas comprend que nous sommes en période pré-électorale et que nous ne souhaitons pas qu’il y ait une guerre, et il exploite cette situation contre nous », a estimé Yaalon, membre de l’alliance Kakhol lavan, au cours d’un événement organisé à Rishon Lezion, dans le centre d’Israël, selon la Douzième chaîne. « Le Hamas ne désire pas une escalade de la violence mais lorsqu’il tire environ 470 roquettes et que nous ne répondons pas – c’est là la racine du malheur ».

L’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman, à la tête du parti Yisrael Beytenu, a averti que la situation le long de la frontière avec Gaza pourrait encore empirer et même entraîner l’éclatement d’une guerre majeure. « Ce qui arrive dans le sud, c’est une capitulation face au terrorisme », a dit Liberman lors d’un événement dans la ville de Kfar Yona, dans le secteur de Netanya.

« La négligence de la sécurité dans le nord, la capitulation face au terrorisme dans le sud, la coordination croissante entre le Hamas et le Hezbollah pourraient nous amener dans les deux ans à une situation bien plus dangereuse qu’elle ne l’était même à la veille de la guerre de Yom Kippour, en 1973 ».

Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti le Hamas qu’Israël répondrait durement à toute violence supplémentaire émanant de la bande.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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