Friedman: Statu quo, qui interdit aux Juifs de prier au mont du Temple, inchangé
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Friedman: Statu quo, qui interdit aux Juifs de prier au mont du Temple, inchangé

En réponse à l'apparente contradiction du plan, l'envoyé espère une "liberté religieuse partout, y compris sur le mont du Temple", mais seulement si elle est acceptée par tous

L'ambassadeur américain en Israël David Friedman (à gauche) s'entretient avec le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin avant que le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'annoncent le plan de paix au Moyen-Orient de Trump dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, DC, le 28 janvier 2020. (Mandel Ngan/AFP)
L'ambassadeur américain en Israël David Friedman (à gauche) s'entretient avec le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin avant que le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'annoncent le plan de paix au Moyen-Orient de Trump dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, DC, le 28 janvier 2020. (Mandel Ngan/AFP)

WASHINGTON – L’ambassadeur américain en Israël a précisé mercredi que l’administration Trump ne cherche pas à imposer un changement du statu quo au mont du Temple ultra-sensible de Jérusalem qui permettrait aux Juifs d’y prier. Le plan n’impose « aucune modification du statu quo qui ne soit pas soumise à l’accord de toutes les parties », a déclaré David Friedman aux journalistes lors d’un entretien téléphonique.

Par ailleurs, Friedman a indiqué que l’administration espérait voir les Juifs pouvoir prier dans le lieu le plus sacré du judaïsme, après accord, sur la base d’un éventuel consensus, dans le cadre d’une nouvelle ouverture « à l’observance religieuse partout, y compris sur le mont du Temple ».

Friedman répondait à une contradiction apparente dans la terminologie du plan « Peace to Prosperity » de l’administration Trump, publié mardi après que le président Donald Trump a dévoilé sa proposition lors d’une réunion à la Maison Blanche avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

En vertu du statu quo actuel, vieux de 52 ans, les musulmans peuvent prier sur le site tandis que les Juifs sont autorisés à s’y rendre – avec de lourdes restrictions, selon un itinéraire prédéterminé et seulement pendant quelques heures les jours de semaine – mais pas à y prier.

Le plan de paix Trump prévoit que le statu quo sur le site « se poursuive sans interruption ». Et une « carte conceptuelle » publiée dans le document précise que le « statu quo sur le Mont du Temple/Haram al-Sharif est préservé ».

Mais le document poursuit en disant que « les personnes de toute confession devraient être autorisées à prier sur le mont du Temple/Haram al-Sharif, d’une manière qui soit pleinement respectueuse de leur religion, en tenant compte des horaires des prières et des fêtes de chaque religion, ainsi que d’autres facteurs religieux ».

Un arrangement autorisant la prière juive sur le mont du Temple aurait probablement de profondes répercussions dans le monde musulman. Israël a toujours nié les affirmations intermittentes des critiques palestiniens et autres musulmans selon lesquelles il aurait l’intention de changer le statu quo et d’autoriser la prière juive sur le mont.

Mercredi matin, le Waqf et le ministère des Affaires islamiques jordanien ont mis en garde contre une « nouvelle réalité » appliquée au mont du Temple.

Dans son intervention de mercredi, Friedman a reconnu que « plusieurs personnes ont examiné le plan et ont trouvé qu’il était en quelque sorte contradictoire avec le statu quo ». Il a donc souligné que « le statu quo tel qu’il est observé aujourd’hui se poursuivra, sauf accord contraire ».

« Il n’y a rien dans le plan qui imposerait une modification du statu quo qui ne soit pas soumise à l’accord de toutes les parties », a-t-il poursuivi. « Ne vous attendez donc pas à voir quelque chose de différent dans un avenir proche, ou peut-être même dans le futur tout court. »

« Cela dit, comme nous le soulignons, nous aimerions que la région, de manière générale, soit plus ouverte et plus libre en ce qui concerne l’exercice de la religion », a déclaré M. Friedman.

« Nous le disons clairement, nous nous attendons à ce que la liberté de religion soit respectée en Israël, dans un État palestinien, et ailleurs. La liberté de religion est l’une des politiques phares de l’administration Trump. Nous espérons donc que les parties s’accorderont, en termes de résolution ultime de ce conflit, pour être plus ouvertes à l’observation des religions partout, y compris sur le Mont du Temple ».

Mais là encore, conclut-il, « c’est seulement quelque chose qui sera changé par un accord. S’il n’y a pas d’accord, il n’y aura pas de changement ».

Des fidèles musulmans se rendent au mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 août 2019, à l’occasion de la fête de l’Aïd al-Adha. (Crédit : Police israélienne)

Situé au cœur de la Vieille Ville de Jérusalem, le mont du Temple est le site le plus sacré du judaïsme et le troisième pour les musulmans, qui le désignent comme le Noble Sanctuaire (Haram al-Sharif) ou l’enceinte de la Mosquée Al-Aqsa.

Actuellement, l’endroit le plus sacré où les Juifs peuvent prier est adjacent au mur Occidental, un ancien mur de soutènement au bas de l’esplanade.

Le vice-président américain Mike Pence, accompagné du Premier ministre Benjamin Netanyahu, visite le mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 23 janvier 2020. (Amos Ben Gershom/GPO)

Les Palestiniens, a déclaré mardi un responsable à Ramallah, considèrent que le mur Occidental fait « partie intégrante » du Haram al-Sharif. Cependant, alors que le Waqf musulman jordanien est en charge du mont du Temple, il n’a aucun contrôle sur le mur Occidental, qui est administré par la Fondation israélienne Western Wall Heritage Foundation.

Depuis qu’Israël a récupéré la Vieille Ville pendant la guerre de 1967, il a autorisé le Waqf à continuer d’administrer le mont du Temple et a restreint les visites des Juifs à cet endroit sans avoir la permission d’y prier. Cela contraste avec les dispositions prises au Tombeau des Patriarches à Hébron, vénéré dans l’islam comme la Mosquée Ibrahimi, un site divisé en temps de prière juifs et musulmans.

Carte conceptuelle de la Vision pour la paix, publiée par l’administration Trump le 28 janvier 2020.

La section pertinente (page 16 du document « Peace to Prosperity » publié mardi), est rédigée comme suit :

« Contrairement à de nombreuses puissances précédentes qui ont régné sur Jérusalem et ont détruit les lieux saints d’autres religions, l’État d’Israël doit être félicité pour la sauvegarde des sites religieux de tous et le maintien d’un statu quo religieux. Compte tenu de ce bilan louable depuis plus d’un demi-siècle, ainsi que de l’extrême sensibilité concernant certains des lieux saints de Jérusalem, nous pensons que cette pratique doit être maintenue, et que tous les lieux saints de Jérusalem doivent être soumis aux mêmes régimes de gouvernance qui existent aujourd’hui. En particulier, le statu quo au Mont du Temple/Haram al-Sharif devrait être maintenu sans interruption.

« Les lieux saints de Jérusalem doivent rester ouverts et disponibles pour les croyants pacifiques et les touristes de toutes confessions. Les personnes de toutes les confessions devraient être autorisées à prier sur le Mont du Temple/Haram al-Sharif, d’une manière qui soit pleinement respectueuse de leur religion, en tenant compte des horaires des prières et des fêtes de chaque religion, ainsi que d’autres facteurs religieux ».

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