Gantz prêt à aller à Ramallah si les Palestiniens s’ouvrent aux négociations
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Gantz prêt à aller à Ramallah si les Palestiniens s’ouvrent aux négociations

Le ministre de la Défense réclame des négociations sur la base du plan de Trump, indiquant qu'il prônera des démarches "réciproques" en cas d'annexion de secteurs de la Cisjordanie

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une réunion du cabinet, au ministère des Affaires étrangères de Jérusalem, le 21 juin 2020 (Crédit : Abir Sultan/Pool Photo via AP)
Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une réunion du cabinet, au ministère des Affaires étrangères de Jérusalem, le 21 juin 2020 (Crédit : Abir Sultan/Pool Photo via AP)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a indiqué vendredi qu’il était prêt à rencontrer dans les meilleurs délais les Palestiniens pour d’éventuelles négociations de paix, jurant de prôner des actions basées sur la réciprocité si Israël devait annexer certains territoires de Cisjordanie.

Dans un post paru sur Facebook, Gantz a déploré l’absence de négociations avec les Palestiniens, expliquant avoir été en contact avec les Etats-Unis, les pays européens et d’autres nations pour tenter de déterminer comment favoriser la reprise des négociations selon les termes de la proposition de paix du président américain Donald Trump. Le plan, qui a été rejeté d’emblée par l’Autorité palestinienne, basée à Ramallah, alloue environ
30 % de la Cisjordanie à Israël et le reste à un futur état palestinien.

Tout en attribuant une grande partie de la responsabilité de l’absence de pourparlers aux Palestiniens, Gantz a affirmé qu’il les rencontrerait dans les meilleurs délais s’ils devaient demander des négociations.

« S’ils veulent avoir des négociations sérieuses, je suis prêt à partir à Ramallah dès demain matin pour en discuter », a-t-il dit.

Gantz a rappelé ses conditions à l’élargissement de la souveraineté israélienne sur des pans de la Cisjordanie, promettant que l’Etat juif n’annexera pas de secteurs où la population palestinienne est importante et que l’égalité des droits sera assurée pour tous les habitants des zones annexées.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a noté, pour sa part, que les Palestiniens concernés par ce projet d’annexion n’obtiendraient pas la citoyenneté israélienne.

Gantz a également dit qu’il y aurait des travaux « diplomatiques et sécuritaires préliminaires » pour garantir que la sécurité israélienne, les « atouts stratégiques » ou les accords de paix avec les pays arabes soient préservés.

« Je prônerai des initiatives basées sur la réciprocité avec les Palestiniens », a-t-il continué, sans donner de détails.

Le président de l’AP, Mahmoud Abbas, dirige une réunion de dirigeants à son siège, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 19 mai 2020. (Alaa Badarneh/Pool via AP)

Selon les dispositions de l’accord conclu entre Gantz et Netanyahu, le Premier ministre pourra lancer son processus d’annexion en date du 1er juillet – ce qu’il a promis de faire de manière répétée. Gantz et le numéro deux de son parti Kakhol lavan, Gabi Ashkenazi, soutiennent le plan de paix de l’administration Donald Trump mais ils ont néanmoins émis des réserves face à une annexion unilatérale des territoires.

Le ministre de la Défense a également évoqué la question de l’annexion lors d’une réunion de faction de Kakhol lavan, vendredi, évoquant un « processus complexe et historique » dont l’impact se fera ressentir pendant des décennies en Israël.

« Ce que je cherche à faire, c’est permettre l’existence d’un véritable processus de paix diplomatique visant à nous faire vivre dans la paix avec nos voisins, les Palestiniens – un processus qui n’existe plus depuis de nombreuses années », aurait dit Gantz, selon un communiqué du parti.

« Nous devons séparer les considérations politiques et ce qui est bon pour l’Etat. Le processus diplomatique se fera de manière responsable et de manière ciblée ».

Il est difficile de dire si Gantz faisait là référence aux secteurs où Israël pourrait élargir sa souveraineté. Selon des informations, les plans d’annexion auraient été largement revus à la baisse.

Avi Berkowitz, à gauche, le représentant spécial pour les négociations internationales du président américain Donald Trump, quitte la mission des Etats-Unis aux Nations unies après un déjeuner des membres du Conseil de sécurité à New York, le 7 février 2020 (Crédit : AP Photo/Mark Lennihan)

Vendredi également, l’envoyé pour la paix de Trump, Avi Berkowitz, est arrivé en Israël. Il devrait s’entretenir avec les responsables israéliens la semaine prochaine.

« Je suis très heureux de me trouver en Israël. Shabbat Shalom à tous », a-t-il écrit dans un tweet publié en hébreu.

Ce séjour au sein de l’Etat juif suit trois journées de discussion, au sein de l’administration Trump, sur l’éventuel soutien de la Maison Blanche à l’annexion. Selon un responsable, aucune décision finale n’a encore été prise.

Le journal arabophone Dar al-Hayat a déclaré, vendredi, que le conseiller de Trump qui est aussi son gendre, Jared Kushner, avait dit à Netanyahu de ne pas procéder à une annexion unilatérale précipitée en raison des conséquences d’une telle initiative sur les liens entretenus par l’Etat juif avec les pays de la région. Cette information, livrée par un officiel qui s’était exprimé sous couvert d’anonymat, n’a pas été toutefois confirmée.

Le Times of Israel avait fait savoir, au début du mois, qu’il était « très peu  probable » que la Maison Blanche donne le feu vert à l’annexion israélienne dès le 1er juillet, davantage de travail étant nécessaire sur la cartographie des territoires. Le journal avait noté que Berkowitz et Kushner se rendraient sûrement à Jérusalem au préalable pour débattre des problèmes posés par cet élargissement de la souveraineté.

Les discussions à la Maison Blanche, cette semaine, auraient inclus Kushner et le conseiller à la Sécurité nationale, Robert O’Brien. Il est difficile de dire si Trump a été activement impliqué dans ces rencontres.

Selon un reportage diffusé la semaine dernière par la Treizième chaîne, l’ambassadeur en Israël David Friedman – qui était retourné aux Etats-Unis pour prendre part à ces réunions – a fortement soutenu l’intention déclarée de Netanyahu de lancer la procédure d’annexion dès le 1er juillet. Kushner se serait montré plus réservé.

Le président américain Donald Trump, (à gauche), se tourne pour donner un stylo au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, (au centre), à la Maison Blanche à Washington, le 25 mars 2019, après avoir signé le décret officiel reconnaissant formellement la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan… De gauche à droite : Jared Kushner, conseiller de la Maison Blanche, Jason Greenblatt, envoyé spécial des États-Unis, David Friedman, ambassadeur des États-Unis en Israël, Ron Dermer, ambassadeur d’Israël aux États-Unis et Mike Pompeo, secrétaire d’État. (AP/Susan Walsh)

Inquiet des dommages collatéraux qui pourraient suivre en cas de feu vert accordé à Israël concernant l’élargissement de la souveraineté, Washington réfléchirait à soutenir l’annexion de seulement quelques implantations proches de Jérusalem.

« Finalement, alors que l’équipe aborde cette pensée de l’annexion, l’interrogation principale qui se pose dans nos esprits est de savoir dans quelle mesure cette initiative fera avancer la cause de la paix. Et cela entraîne, finalement, de nombreuses discussions », a commenté un responsable de l’administration américaine, lundi dernier dans la soirée.

La perspective d’annexion unilatérale a été condamnée à l’international, les Etats européens et arabes – en plus des membres les plus éminents du parti Démocrate américain – mettant en garde le gouvernement israélien contre ce projet.

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