Gantz salue le réengagement américain à maintenir l’avantage militaire israélien
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Gantz salue le réengagement américain à maintenir l’avantage militaire israélien

Le secrétaire d'Etat américain à la Défense a signé un accord réaffirmant l'attachement au maintien de la supériorité militaire d'Israël dans le cadre de la vente de F-35 aux EAU

Le ministre de la Défense Benny Gantz, (à droite), et le secrétaire d'Etat américain à la Défense, Mark Esper, lors d'une conférence de presse conjointe au Pentagone, le 22 octobre 2020. (Crédit : Shmulik Almani/ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz, (à droite), et le secrétaire d'Etat américain à la Défense, Mark Esper, lors d'une conférence de presse conjointe au Pentagone, le 22 octobre 2020. (Crédit : Shmulik Almani/ministère de la Défense)

Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a salué un accord signé avec le Pentagone, jeudi, réaffirmant la nécessité de maintenir la supériorité militaire israélienne dans la région, évoquant une « avancée majeure » dans les intérêts sécuritaires de l’Etat juif.

Gantz s’est rendu à Washington mercredi soir pour y rencontrer des responsables américains de la Défense – et, de manière plus notable, le secrétaire d’Etat à la Défense Mark Esper — et pour s’entretenir tout spécialement des inquiétudes d’Israël concernant la possible acquisition par les Emirats arabes unis d’avions-chasseurs de type F-35.

L’Etat juif a exprimé ses inquiétudes sur l’impact potentiel qu’une telle vente pourrait avoir sur l’avantage qualitatif de l’armée israélienne dans la région – un avantage que les Etats-Unis sont dans l’obligation de maintenir sous les dispositions d’une loi datant de 2008.

Même si les responsables impliqués dans ce dossier affirment avec force que l’accord visant à fournir des avions F-35 aux EAU n’est pas lié de manière directe à la normalisation des liens entre Jérusalem et Abou Dhabi, des responsables américains ont reconnu que l’accord avec Israël avait ouvert la voie à cette vente, qui devrait inclure des drones avancés en plus des F-35.

Jeudi, le ministre américain de la Défense Mark Esper et son homologue israélien Benny Gantz ont signé un document conjoint à l’issue d’entretiens à Washington, selon des photos officielles publiées par le Pentagone.

Le ministère américain de la Défense est resté très discret sur le contenu de ce document, mais Gantz a indiqué dans un tweet que cette déclaration commune « confirme l’engagement stratégique des Etats-Unis envers la supériorité militaire qualitative de l’Etat juif pendant les années à venir ».

Il n’a pas été déterminé si Gantz avait accepté de placer les inquiétudes du gouvernement israélien de côté ou s’il avait fait des concessions en échange de ce nouvel engagement américain.

Même si ce geste a paru largement symbolique dans la mesure où l’engagement figure déjà dans la loi américaine, le ministre de la Défense a précisé dans un communiqué qu’il avait toutefois des implications réelles.

« Cette déclaration a, bien sûr, des mesures pratiques – et ce n’est pas le lieu pour les détailler – mais je peux affirmer une chose : la sécurité d’Israël a fait un bond en avant majeur », a écrit Gantz sur Twitter.

Un haut-responsable israélien de la Défense, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat après la signature, a indiqué aux journalistes que le document de jeudi était un engagement général pris par les Etats-Unis à conserver la supériorité militaire d’Israël mais que les discussions sur les armes et autres systèmes spécifiques que Washington fournirait à Israël pour compenser la vente de F-35 aux EAU – ou d’autres ventes d’armement à d’autres pays de la région – étaient encore en cours.

« Ce n’est pas terminé », a commenté l’officiel, très au fait des discussions. Il a ajouté que les spécificités « de ce que nous allons obtenir ou non et de ce qui nous sera vendu plus tard par les Etats-Unis » seraient déterminées dans de futures discussions.

Spécifiquement interrogé sur la possibilité que l’Etat juif acquiert le V-22 Osprey, un aéronef de type tiltrotor qui peut se comporter à la fois comme un hélicoptère et comme un avion, le responsable de la Défense a confirmé que le dossier était actuellement examiné après que l’éventualité de cette acquisition a été rejetée pendant des années par l’Etat juif en raison, entre autres, du coût élevé de l’appareil.

L’officiel a indiqué qu’il s’attendait à ce que d’autres accords de normalisation soient signés entre Jérusalem et les gouvernements d’autres pays arabes et musulmans, à l’avenir, ajoutant qu’il était probable que ces accords soient accompagnés par des ventes d’armes avancées de la part des Etats-Unis.

« Il y a des pays dans la région qui ont beaucoup d’argent et qui veulent moderniser leurs armées et les Etats-Unis ont tout intérêt à leur vendre des armes », a-t-il continué.

Un responsable de la Défense qui a été cité par de multiples journaux israéliens a également indiqué qu’il s’attendait à ce que « le Soudan, et l’Arabie saoudite plus tard, sortent du placard » concernant les liens officiels avec Israël.

Le premier responsable a rejeté l’idée que la déclaration conjointe ait été un geste sans importance, et a indiqué qu’elle n’a pas fait que confirmer ce qui était déjà ancré dans la loi israélienne. Il a ajouté que le fait que Esper et son personnel se soient réengagés « n’est pas d’une importance absolument dépourvue de tout sens ».

Le ministre de la Défense Benny Gantz, à droite, et le secrétaire d’Etat américain à la Défense, Mark Esper, signent une déclaration conjointe au Pentagone, le 22 octobre 2020. (Crédit : Shmulik Almani/ministère de la Défense)

Il a expliqué que la signature de la déclaration était une aubaine pour l’Etat juif.

Lors de la signature de l’accord, Gantz a expliqué qu’Israël était dorénavant plus apte à affronter l’Iran au Moyen-Orient au vu de ses liens normalisés avec les EAU et Bahreïn, et que le pays espérait normaliser ses relations avec d’autres Etats, notamment le Soudan – ce dernier serait actuellement à un stade avancé de négociations avec Jérusalem dans cet objectif.

« Maintenant que nous entrons dans une ère de processus de normalisation positifs au Moyen-Orient – qui doit faire face à l’agressivité de l’Iran dans toute la région – cette aptitude à une coopération continue est très importante », a déclaré Gantz.

Cela a été la deuxième visite de Gantz à Washington au cours de ce mois. Ces deux séjours se sont consacrés aux implications potentielles de la vente des F-35 que l’administration Trump est apparemment décidée à finaliser rapidement.

« En effet, au cours des dernières semaines, vous et moi avons dirigé, avec d’autres, de très bonnes et importantes discussions qui garantissent une nouvelle fois l’engagement bipartisan américain à conserver l’avantage militaire qualitatif israélien. Je veux vous remercier ainsi que l’administration américaine pour le soutien que vous lui apportez », a noté Gantz.

Esper a expliqué que le document signé avec le ministre de la Défense était la preuve du lien entretenu par Washington avec l’Etat juif.

« Cela a été important pour moi, une fois encore, de réaffirmer les relations spéciales entre nos deux pays, l’engagement que nous avons pris en faveur de la sécurité d’Israël sur la base de nos valeurs communes, de notre histoire commune, et je veux vous remercier pour vos efforts personnels au cours des dernières semaines », a commenté Esper.

Il n’a pas donné plus de détails mais, selon des médias israéliens, l’engagement américain porte sur quatre ans, soit jusqu’à la fin d’un hypothétique deuxième mandat du président Donald Trump.

« Nous sommes déterminés à maintenir la supériorité militaire qualitative d’Israël lors des ventes d’armement et réaffirmer notre engagement envers la sécurité d’Israël, qui dure depuis longtemps, qui est garantie et qui est inébranlable », a ajouté Esper.

Gantz devrait revenir vendredi au sein de l’Etat juif, selon son bureau.

Selon une information transmise par Reuters le mois dernier, les Etats-Unis espèrent conclure un accord de vente de ces avions avancés aux EAU d’ici le mois de décembre tout en cherchant à apaiser les inquiétudes israéliennes concernant sa sécurité.

Une photo publiée par l’US Air Force, avec un pilote et un équipage de chasseur F-35 qui se préparent pour une mission à la base aérienne d’Al-Dhafra aux Emirats Arabes Unis. (Sergent d’état-major Chris Thornbury/US Air Force via AP)

La vente de cet appareil, à la pointe de la technologie, peut être compensée soit en vendant aux Emirats un modèle de l’avion doté de moins de capacités, soit en vendant à l’Etat juif des systèmes plus puissants – des avions chasseurs, des hélicoptères et des systèmes de défense antiaériens variés, entre autres, a commenté l’officiel.

Gantz avait exprimé son opposition à la vente de F-35 aux Emirats arabes unis, même s’il avait noté que la décision finale reviendrait à l’administration américaine.

Si une éventuelle opposition exprimée par Israël pourrait compliquer une vente d’armes, Jérusalem n’a pas le droit de veto sur les accords de vente d’arme conclus par les Etats-Unis.

Craignant que, même en cas de victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle, Trump ne scelle un accord avec les Emirats avant la fin de son mandat fin janvier, deux sénateurs démocrates ont déposé un projet de loi encadrant la vente des F-35 à l’étranger.

Le texte prévoit que le président des Etats-Unis, quel qu’il soit, ne pourra vendre ces chasseurs furtifs de haute technologie que s’il peut « certifier au Congrès que la technologie aéronautique des Etats-Unis et la sécurité d’Israël sont pleinement protégées ».

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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