GB : les facultés boycottant les conférenciers controversés risquent des amendes
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GB : les facultés boycottant les conférenciers controversés risquent des amendes

Cette décision pourrait ouvrir la porte aux défenseurs d'Israël, mais aussi aux partisans du terrorisme qui donnent des conférences dans les universités britanniques

Jo Johnson, conseiller politique du gouvernement et frère du maire de Londres de l'époque, Boris Johnson, assiste à la conférence du parti conservateur le 30 septembre 2014 à Birmingham, en Angleterre (Crédit : Peter Macdiarmid / Getty Images via JTA / Fichier)
Jo Johnson, conseiller politique du gouvernement et frère du maire de Londres de l'époque, Boris Johnson, assiste à la conférence du parti conservateur le 30 septembre 2014 à Birmingham, en Angleterre (Crédit : Peter Macdiarmid / Getty Images via JTA / Fichier)

BIRMINGHAM, Angleterre (JTA) — Dans une décision qui pourrait avoir des conséquences mitigées pour les défenseurs d’Israël au sein des facultés britanniques, un ministre a menacé d’imposer des amendes aux universités qui limitent la liberté d’expression.

Jo Johnson, le ministre britannique en charge de l’enseignement univeristaire, a déclaré mardi que la politique d’interdiction des conférenciers controversés étouffait le débat et pourrait entraîner des amendes à partir du mois d’avril, car c’est à partir de cette période qu’un nouvel organisme de réglementation — le Bureau des étudiants — aura le pouvoir d’imposer des amendes aux universités qui ne respectent pas la liberté d’expression.

« Dans les universités en Amérique et, ce qui est inquiétant, au Royaume-Uni, nous avons vu des exemples de groupes cherchant à étouffer ceux qui ne sont pas d’accord avec eux », a déclaré Johnson lors d’un discours au Limmud Festival of Jewish Learning à Birmingham.

« Nous ne devons pas permettre que cela se produise. Les jeunes devraient avoir la résilience et la confiance nécessaires pour remettre en question les opinions controversées et prendre part à des discussions ouvertes, franches et rigoureuses. »

Certains défenseurs d’Israël se sont plaints que des partisans de l’État juif ou même des conférenciers qui y sont nés se voient refuser la possibilité de parler dans certaines universités britanniques. Mais d’autres universités ont été critiquées pour avoir interdit les conférences d’anti-israéliens, y compris ceux qui sont affiliés à des groupes terroristes.

Yiftah Curiel, un porte-parole de l’ambassade d’Israël à Londres, a mis en garde en 2015 dans un article publié dans le Times Higher Education que
« sur Israël, les universités deviennent des zones sans discussion ». Son article faisait suite à un classement sur la liberté d’expression préparé par le magazine Spiked qui souligne l’autocensure pratiquée par de nombreuses universités britanniques, Israël étant une question fréquemment jugée « trop controversée » dans les universités.

En 2013, l’université d’Essex a invité un représentant de l’ambassade israélienne à s’exprimer sur place. il n’a pas pu parler en raison des étudiants qui ont crié et qui ont troublé l’ordre public.

Mais les universités ont également censuré la rhétorique anti-israélienne, ainsi que les conférence d’activistes d’extrême droite et de négationnistes de l’Holocauste.

L’université de Manchester a censuré le titre d’une conférence en mars de la survivante de l’Holocauste, Marika Sherwood, intitulée : « Une histoire de survivants de l’Holocauste et la déclaration Balfour : Tu fais aux Palestiniens ce que les nazis m’ont fait. »

Et en février, l’université du Central Lancashire a interdit une réunion qui devait être abordée par Ben White, un militant anti-israélien qui, dans un éditorial de 2002 sur les politiques israéliennes, a écrit que, bien qu’il ne se considère pas comme antisémite, il « peut aussi comprendre pourquoi certains le sont. »

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