GB: Une université rompt avec le syndicat étudiant après l’élection d’une présidente “antisémite”
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GB: Une université rompt avec le syndicat étudiant après l’élection d’une présidente “antisémite”

Citant une “déception”, Lincoln devient la première université à se désaffilier de l’UNE depuis l’élection de Malia Bouattia

L'université de Lincoln, depuis Braydford Pool, le 22 mai 2010. (Crédit : CC BY Wikimedia commons)
L'université de Lincoln, depuis Braydford Pool, le 22 mai 2010. (Crédit : CC BY Wikimedia commons)

Les étudiants de l’université Lincoln, en Grande-Bretagne, ont voté lundi la rupture des relations avec l’Union nationale des étudiants (UNE) après l’élection le mois dernier à la tête du syndicat d’une jeune femme accusée d’antisémitisme.

Dans un vote serré par référendum, les étudiants de Lincoln ont décidé, avec une majorité de 88 votes sur 1 734 (50,8 %), de se désaffilier de l’UNE.

Cette action intervient à la suite de l’élection de la controversée Malia Bouattia à la présidence de l’UNE, la première femme noire et musulmane à diriger le syndicat interuniversitaire.

Bouattia, militante du mouvement de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) contre Israël, a précédemment défendu la violence palestinienne contre les Israéliens, et a refusé de condamner le groupe terroriste Etat islamique. Son élection le 21 avril dernier a déclenché des accusations de scandale et suscité une large critique de l’UNE.

Un communiqué publié sur le site internet de l’université Lincoln a démenti que l’élection de Bouattia ou ses remarques controversées soient à l’origine de la décision de tenir un référendum, disant que ses représentants étaient « déçus de la direction » du syndicat.

Malia Bouattia, nouvelle présidente de l'Union nationale des étudiants du Royaume-Uni. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Malia Bouattia, nouvelle présidente de l’Union nationale des étudiants du Royaume-Uni. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Le fait que le syndicat national et ses représentants eux-mêmes ne travaillent pas à l’unité a fait perdre la confiance sur leur volonté à agir pour le bénéfice de nos membres et pas seulement pour leur propre gain politique », était-il écrit dans le communiqué.

L’université se désaffiliera officiellement de l’UNE le 31 décembre 2016.

Selon des médias britanniques, une série de décisions prises par la conférence nationale des étudiants à Brighton le mois dernier a poussé les étudiants des universités de Durham, Edinburgh, Westminster, Aberystwyth, Manchester, York, Exeter, London South Bank, Oxford et Cambridge à envisager de se désaffilier de l’UNE par des votes référendaires sur leurs campus.

Si d’autres universités rejoignent Lincoln dans la rupture des liens avec l’UNE, l’organisation pourrait perdre des centaines de milliers de livres en frais d’adhésion et revenus commerciaux, ce qui entraînerait une crise financière pour l’UNE.

En 2011, Bouattia avait écrit un article dans lequel elle décrivait Birmingham comme « quelque chose d’un avant-poste sioniste dans l’éducation supérieure britannique » et, dans un discours de 2014, avait même suggéré que les militants étudiants britanniques devraient « prendre des ordres » des terroristes palestiniens.

Dans ce discours, Bouattia avait protesté contre le fait que « les médias grand public dirigés par des sionistes […] présentent la résistance comme un acte de terrorisme », et s’était plainte que cela soit « devenu un discours accepté par trop » de personnes.

Elle avait continué en disant qu’il était « problématique » de voir les efforts de boycott d’Israël comme une alternative à la « résistance » palestinienne, et semblait encourager à l’engagement avec les terroristes, soulevant la possibilité de « prendre des ordres » pour montrer leur solidarité.

A la suite de l’élection de Bouattia, 57 dirigeants étudiants juifs avaient écrit une lettre ouverte à la présidente élue exprimant leur préoccupation qu’elle « crée un élément de suspicion à l’encontre des étudiants juifs sur les campus. »

L’UNE est une confédération d’environ 600 organisations étudiantes du Royaume-Uni, représentant plus de 95 % des syndicats étudiants britanniques. Elle affirme représenter les sept millions d’étudiants du pays.

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