GB : La nouvelle présidente étudiante a soutenu la violence palestinienne et ne condamne pas l’EI
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GB : La nouvelle présidente étudiante a soutenu la violence palestinienne et ne condamne pas l’EI

La militante BDS Malia Bouattia a qualifié son université de “poste sioniste avancé” et suggéré de s’engager avec les terroristes palestiniens pour “prendre des ordres”

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Malia Bouattia, nouvelle présidente de l'Union nationale des étudiants du Royaume-Uni, parle des "médias dirigés par des sionistes" et de la lutte armée palestinienne, en septembre 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube/Will Lloyd)
Malia Bouattia, nouvelle présidente de l'Union nationale des étudiants du Royaume-Uni, parle des "médias dirigés par des sionistes" et de la lutte armée palestinienne, en septembre 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube/Will Lloyd)

L’union nationale des étudiants de Grande-Bretagne a élu mardi comme nouveau président une militante pro-palestinienne qui a dans le passé publiquement défendu la violence menée contre les Israéliens et a refusé de condamner le groupe Etat islamique (EI).

Malia Bouattia, militante algéro-britannique du mouvement Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) et première femme musulmane à diriger l’organisation, commencera son mandat en septembre.

Dans un article de 2011, la diplômée du l’université de Birmingham avait appelé son alma mater « quelque chose comme un poste sioniste avancé dans l’éducation supérieure britannique », et, dans un discours de 2014, était allée plus loin en suggérant que les militants étudiants britanniques devraient « prendre des ordres » des terroristes palestiniens.

Dans ce discours, Bouattia avait exprimé son inquiétude sur le fait que « la notion de résistance a peut-être été effacée de notre compréhension de comment les peuples colonisés obtiendront leur émancipation physique ».

https://youtu.be/XyniSax85HQ

« Avec des médias classiques dirigés par des sionistes, parce qu’une fois encore nous traitons avec la population du sud mondial, la résistance est présentée comme un acte de terrorisme, mais au lieu de nous rappeler que cela a toujours été le cas dans les luttes contre la suprématie blanche, c’est devenu un discours accepté par beaucoup trop de personnes. »

Bouattia a déclaré que c’était une « contradiction très étrange » de soutenir à la fois la non-violence et la libération des Palestiniens.

« L’islamophobie internalisée a aussi permis notre obsession à convaincre les non musulmans de notre nature non-violente et pacifique, pour que nous amenions les choses un peu plus loin et condamnions dangereusement la résistance, marquant des groupes et des individus comme terroristes pour nous dissocier d’eux, mais en soutenant en même temps leur libération, ce qui est une contradiction très étrange », avait-elle déclaré.

La militante avait également déclaré qu’il était « problématique » de voir les efforts de boycott comme une alternative à la « résistance ».

« Considérer que la Palestine ne sera libérée que par des levées de fonds, des manifestations non violentes et le mouvement BDS est problématique », avait-elle dit, ajoutant que bien qu’elle soutienne le BDS, il pouvait être « mal interprété comme une alternative à la résistance par le peuple palestinien. »

Elle semblait aussi encourager l’engagement aux côtés des terroristes palestiniens, soulevant la possibilité de « prendre des ordres » pour montrer sa solidarité.

Malia Bouattia (Crédit : page Facebook Malia Bouattia)
Malia Bouattia (Crédit : page Facebook Malia Bouattia)

« Finalement, je voudrais simplement dire que nous avons aussi besoin de nous rappeler des Palestiniens sur le terrain […] qui maintiennent activement le combat et la résistance contre l’occupation, et peut-être existe-t-il un besoin de s’engager activement avec ces personnes et de fournir la plate-forme pour écouter ces réalités et prendre des ordres si nous voulons vraiment montrer une forme de solidarité », avait-elle déclaré.

Toujours en 2014, Bouattia avait refusé de soutenir une résolution condamnant l’Etat islamique, affirmant que cela alimenterait l’islamophobie.

« Nous reconnaissons que la condamnation de l’EI est devenue une justification pour la guerre et l’islamophobie flagrante », avait-elle déclaré à l’époque, selon des médias britanniques.

La semaine dernière, 57 étudiants juifs ont écrit une lettre ouverte à Bouattia exprimant leur inquiétude qu’elle ne « crée un élément de suspicion envers les étudiants juifs du campus ».

Elle pointait aussi un communiqué de Bouattia liant les politiques de contreterrorisme du Royaume-Uni à « tous les sujets des lobbys sionistes et néoconservateurs » et lui a demandé de clarifier ses liens au comité des affaires publiques musulman qui a écrit en 2013 sur sa page Facebook : « Prenez votre Holocauste, roulez-le bien serré et mettez-le vous (soyez créatifs) ! »

« Il semble que j’ai été mal représentée. Je suis très inconfortable avec les insinuations d’antisémitisme, a-t-elle répondu. Je veux être très claire, pour moi avoir des problèmes avec la politique sioniste n’est pas avoir des problèmes avec le fait d’être juif. »

« En fait, les politiques sionistes sont menées par des personnes de différents fois, comme le sont les politiques antisionistes », a-t-elle ajouté.

« Prenez votre Holocauste, roulez-le bien serré et mettez-le vous (soyez créatifs) ! »

Malia Bouattia

L’Union des étudiants juifs (UEJ) a déclaré mercredi qu’elle était
« fière de sa longue histoire et de sa relation positive depuis longtemps avec l’Union nationale des étudiants. A présent que Malia Bouattia a été élue présidente, nous espérons que cette relation pourra continuer. »

« Il y aura cependant toujours beaucoup d’étudiants juifs que ne seront pour l’instant pas satisfaits de la réponse de Malia aux inquiétudes soulevées par les étudiants juifs pendant ces dernières semaines. A présent, connaissant le résultat des élections, ces questions doivent trouver des réponses », a déclaré l’UEJ.

Le président du conseil des députés juifs de Grande-Bretagne, Jonathan Arkush, a exprimé son inquiétude sur l’élection de Bouattia, et l’a appelé à clarifier ses déclarations.

Jonathan Arkush, le président du Conseil des députés des Juifs britanniques, dans les bureaux du Times of Israël à Jérusalem en juin 2015 (Crédit : Amanda Borschel-Dan / The Times of Israel)
Jonathan Arkush, le président du Conseil des députés des Juifs britanniques, dans les bureaux du Times of Israël à Jérusalem en juin 2015 (Crédit : Amanda Borschel-Dan / The Times of Israel)

« Nous sommes profondément inquiets des échecs de la nouvelle présidente de l’union nationale des étudiants, Malia Bouattia, à suffisamment clarifier ses remarques et associations passées, a déclaré Arkush. Il ne peut y avoir aucune excuse à l’association avec des organisations qui ont une histoire d’antisémitisme, à l’ambigüité sur le terrorisme ou à la considération des sociétés juives sur le campus comme un ‘défi’. »

Il a ajouté que « les étudiants juifs ont tout autant le droit de se sentir en sécurité sur le campus que qui que ce soit d’autre, et en tant que présidente chargée de représenter le bien-être et les préoccupations de tous les étudiants, Mme Bouattia doit vivre avec sa responsabilité et prendre au sérieux les préoccupations des étudiants juifs. Mme Bouattia affirme qu’elle combattra toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme, et cela devrait aussi inclure les attaques exceptionnelles et discriminatoires au droit du peuple juif à l’auto-détermination, ou le terrorisme dirigé contre des juifs en Israël et à l’étranger. Nous unissons nos efforts à ceux de l’union des étudiants juifs et demandons que nos étudiants puissent étudier durement et profiter de la vie universitaire, sans aucune peur ou intimidation. »

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