Gilets jaunes : antisémites et complotistes tentent la récupération
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Gilets jaunes : antisémites et complotistes tentent la récupération

Une réunion publique est prévue le 19 janvier qui réunira les principaux antisémites français, de Hervé Ryssen à Jérôme Bourbon en passant par Yvan Benedetti

Jérome Bourbon (Crédit : capture d'écran Les Inrocks)
Jérome Bourbon (Crédit : capture d'écran Les Inrocks)

Plusieurs polémistes antisémites et complotistes français, la plupart déjà condamnés se sont donnés rendez-vous à Paris pour participer à une « grande réunion publique » le 19 janvier autour du thème « Gilets jaunes ou la révolution qui vient ».

On y retrouve Yvan Benedetti, ancien président du groupe ultranationaliste et pétainiste ‘L’œuvre française’, dissout en 2013 après la mort de Clément Méric, mais aussi Jérôme Bourbon.

Directeur de l’hebdomadaire d’extreme-droite Rivarol, Bourbon appelle régulièrement à la réhabilitation d’Adolf Hitler. Il y a un an, la Licra se plaignait auprès de Twitter que le compte de Jérôme Bourbon soit toujours actif.

Alain Soral d’Egalité et Réconciliation et Hervé Ryssen devraient également être présents à cette réunion « publique » dont le lieu confidentiel n’est dévoilé que via téléphone.

Le militant d’extrême droite Hervé Lalin, dit Ryssen, a été condamné en juin dernier à Paris à un an de prison, la peine maximale encourue, pour des messages antisémites dans une vidéo diffusée sur la plate-forme YouTube.

Dans cette vidéo de 36 minutes, mise en ligne le 10 juillet 2017 et intitulée « Les juifs, l’inceste et l’hystérie », « une voix off exposait les raisons laissant penser que le peuple juif serait un peuple d’incestueux », selon le jugement du tribunal correctionnel, consulté par l’AFP.

Tous, sur les pavés ou les réseaux sociaux ont apporté leur soutien au mouvement de protestation des gilets jaunes.

Le 17 novembre, le militant néo-nazi Hervé Ryssen était signalé en marge d’une marche arborant un gilet jaune. On notait également la présence de Dieudonné, le polémiste jugé coupable à plusieurs reprises d’incitations à la haine et à la violence contre les juifs, absent de cette conférence.

Certains manifestants des gilets jaunes réunis sur la colline de Montmartre, à Paris, devant la basilique du Sacré-Coeur, le 22 décembre 2018 (Crédit : Sameer Al-Doumy / AFP)

Lors des manifestations parisiennes du 1er décembre, le quotidien Libération a ainsi repéré aux abords de la place de l’Etoile Yvan Benedetti. Place des Ternes, de nombreux graffitis du GUD (Groupe Union Défense), une organisation étudiante d’extrême droite, ont été réalisés sur les devantures de commerces et sur le mobilier urbain ».

Marianne signalait également la présence d’Axel Lousteau conseiller régional du Rassemblement national (RN), proche de Marine Le Pen et ancien membre du GUD. L’hebdomadaire évoque aussi la présence de plusieurs formations d’extrême-gauche comme les Black Blocs.

Plusieurs groupuscules catholiques intégristes, « notamment de la fraternité Saint Pie X, de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet étaient aussi présents, » notait également Libération. La fraternité sacerdotale Saint Pie X, dont le fondateur Mgr Marcel Lefebvre a été excommunié en 1988, a été épinglée à plusieurs reprises pour la diffusion de propos antisémites.

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