Golan : où sont les abris anti-aériens mobiles promis par le KKL-JNF ?
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Golan : où sont les abris anti-aériens mobiles promis par le KKL-JNF ?

Au cours de ce qu'elle avait qualifié "d'urgence" au mois de mai 2018, l'organisation avait levé 2,4 millions de shekels, contourné l'appel d'offres... et en a livré un sur 70

  • Le président de KKL-Fonds national Juif Danny Atar à Jérusalem, le 30 juillet 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Le président de KKL-Fonds national Juif Danny Atar à Jérusalem, le 30 juillet 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Un abri anti-aérien dans la ville de Netivot, au sud d'Israël, en janvier 2017 (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
    Un abri anti-aérien dans la ville de Netivot, au sud d'Israël, en janvier 2017 (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
  • Un abri anti-aérien dans une rue pour protéger la population de la ville de Sdérot des tirs de roquettes depuis Gaza, le 18 juillet 2014 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
    Un abri anti-aérien dans une rue pour protéger la population de la ville de Sdérot des tirs de roquettes depuis Gaza, le 18 juillet 2014 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
  • Vue de la clôture frontalière avec la Syrie du côté israélien du plateau du Golan, le 23 juillet 2018 (Crédit :David Cohen/Flash90)
    Vue de la clôture frontalière avec la Syrie du côté israélien du plateau du Golan, le 23 juillet 2018 (Crédit :David Cohen/Flash90)
  • Le ministre de la Défense de l'époque Avigdor Liberman à l'entrée d'un abri anti-aérien lors d'une visite à Katzrin, sur le plateau du Golan, le 11 mai 2018 (Crédit : Basel Awidat/Flash90)
    Le ministre de la Défense de l'époque Avigdor Liberman à l'entrée d'un abri anti-aérien lors d'une visite à Katzrin, sur le plateau du Golan, le 11 mai 2018 (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Lorsque le président américain Donald Trump avait annoncé le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien au mois de mai de l’année dernière, l’armée israélienne avait placé les résidents du plateau du Golan en état d’alerte élevée et ordonné aux autorités locales d’ouvrir des abris anti-bombes par mesure de précaution – dans l’éventualité d’une riposte armée des forces pro-iraniennes en Syrie.

Danny Atar, président du Keren Kayemeth LeIsrael – Fonds national juif (KKL-JNF), était également passé à l’action, lançant une collecte de fonds dans toute l’Europe et à travers les pays d’Amérique du nord pour fournir des miguniot – ou petits abris anti-aériens – aux habitants du plateau du Golan.

Ces abris présentent l’avantage d’être mobiles, abordables financièrement et facilement déployés pour offrir une protection immédiate face aux attaques à la roquette ou aux obus de mortiers. Ils ont fait principalement leurs preuves jusqu’à présent dans des structures publiques telles que des crèches et des gares routières, ainsi que dans des zones agricoles. Au cours de l’opération Bordure protectrice, le conflit qui avait opposé l’Etat juif au Hamas en 2014, environ 160 refuges mobiles de ce type avaient été installés dans les villes adjacentes à la bande de Gaza, dans le sud du pays.

L’initiative prise par Atar en faveur de la protection du plateau du Golan avait été rapidement médiatisée. Vingt-quatre heures après la déclaration de Trump, KKL-JNF avait diffusé une vidéo sur plusieurs sites d’information. Sur ces images, un abri anti-aérien mobile était débarqué d’un camion et minutieusement mis en place dans le kibboutz Merom Golan, à l’ouest du plateau du Golan.

Des soldats israéliens devant des tanks près de la frontière israélo-syrienne sur le plateau du Golan, le 10 mai 2018 (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Au moment de la diffusion de la vidéo, l’organisation avait également annoncé son intention d’acquérir 70 refuges mobiles au total, promettant qu’ils arriveraient « demain » (un tweet de la Treizième chaîne avait précisé qu’ils seraient en place « d’ici une heure »). Elle avait également mis en exergue le lancement de la campagne de levée de fonds pour couvrir le coût estimé de l’opération : 2,4 millions de shekels.

Atar avait souligné le rôle vital tenu par l’organisation dans le renforcement du nord du pays en cas d’urgence : « L’attachement de KKL-JNF à la périphérie en général et à des secteurs comme le plateau du Golan en particulier ne s’exprime pas seulement dans sa contribution au quotidien au développement de ces zones, mais aussi dans des cas d’urgence et dans des situations de préparation accrue exigeant un niveau particulier d’investissement », avait-il commenté.

La campagne de relations publiques lancée par KKL-JNF avait permis le résultat escompté : en quelques semaines, son bureau responsable de la collecte de fonds à l’étranger avait reçu des promesses de dons à hauteur de centaines de milliers de dollars pour permettre le financement de cette protection urgente des résidents du nord. Des sources travaillant au sein de KKL-JNF avaient expliqué au Times of Israel que la somme visée de
2,4 millions de shekels – et peut-être même légèrement plus – avait été récoltée. Des donateurs de France avaient juré de donner les fonds nécessaires pour l’achat de sept abris. Des Suisses avaient promis d’en payer six et des Italiens et Norvégiens avaient offert des milliers d’euros.

Et pourtant, dix mois après et malgré le succès remporté par la collecte, les résidents attendent encore les 69 abris anti-aériens restants – soit les 69 promis en plus de celui montré dans la vidéo.

Un sujet délicat

Une fois les fonds réunis, l’étape suivante aurait normalement été de définir les critères du projet, notamment les termes d’un appel d’offres permettant de trouver une entreprise qui aurait été chargée de la production des abris mobiles – un processus qui exigeait l’approbation de la commission des appels d’offres de KKL-JNF.

La commission, présidée par le directeur-général Amnon Ben Amir, s’était pourtant bien réunie et avait décidé de faire avancer le projet avant même que la campagne de levée de fonds n’ait été annoncée – le même jour où Trump avait, en effet, fait savoir que les Etats-Unis se retiraient de l’accord sur le nucléaire iranien : le 8 août 2018.

Cette concordance chronologique soulève quelques questions. KKL-JNF avait-il prévu une urgence sécuritaire avant même que ce ne soit le cas des responsables de la Défense ? Et l’organisation avait-elle alors arrangé au préalable l’achat de ces refuges mobiles sur la base, peut-être, des menaces proférées par Trump en direction de l’Iran ?

Le ministre de la Défense de l’époque Avigdor Liberman à l’entrée d’un abri anti-aérien lors d’une visite à Katzrin, sur le plateau du Golan, le 11 mai 2018 (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

L’organisation KKL-JNF, en tant que société d’intérêt public – et non en tant qu’entreprise publique – n’est pas soumise aux lois israéliennes obligatoires sur les appels d’offres qui exigent que des contrats majeurs soient strictement contrôlés. Elle dispose toutefois de ses règlements internes qui permettent une exemption de surveillance rigoureuse dans le cas de contrats portant sur des sommes inférieures à 400 000 shekels.

Dans le cas des abris-anti-aériens mobiles, néanmoins, la commission des appels d’offres de KKL-JNF avait pris la décision de contourner son propre seuil d’exemption en citant des mesures de sécurité d’urgence immédiate.

En tout, ont raconté au Times of Israel des sources informées, la commission avait approuvé l’acquisition immédiate de 67 abris anti-aériens mobiles de 30 000 shekels chacun et des refuges plus grands pour un coût total de 400 000 shekels – avec une dépense globale de 2,4 millions de shekels.

Le statut de la commande – notamment l’incertitude sur la fabrication effective des abris à l’heure qu’il est – n’est pas clair, pas plus que la réception des paiements par le fabricant. Le directeur-adjoint du District du nord de KKL-JNF, Erez Stein, a expliqué récemment que Ackerstein Industries, dont le siège se trouve à Herzliya, était en train de les fabriquer, une information qui n’a pas été confirmée par l’entreprise. KKL-JNF n’a pas non plus répondu aux questions spécifiques sur ce point.

La commission avait médiatisé sa décision à l’époque ainsi : « À la suite de l’annonce du président Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire, des menaces ont été proférées du côté de l’Iran. Ce qui a mené à un état d’alerte au sein de l’armée israélienne, et à des ordres de la part du Commandement du front intérieur d’ouvrir des abris anti-aériens publics et les procédures d’assistance spéciale directe dans les zones concernées. Au vu de l’inquiétude profonde exprimée par les autorités locales concernant le manque de refuges mobiles, KKL-JNF a décidé d’aider les autorités dans l’achat et l’installation de ces derniers, sous la supervision et le contrôle étroits de KKL-JNF ».

Un abri anti-aérien dans la ville de Netivot, au sud d’Israël, en janvier 2017 (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Venant compliquer davantage les choses, les exemptions d’appels d’offres sont habituellement – voire souvent – offertes aux fournisseurs de services ou de produits plutôt qu’à leurs destinataires. Si KKL-JNF avait voulu accélérer une commande de fabrication de refuges mobiles, l’organisation aurait dû normalement réclamer une exemption pour l’entreprise qu’elle voulait faire travailler puis, dans un second temps, transférer les fonds nécessaires apportés par les donateurs pour financer la production.

Dans ce cas toutefois, KKL-JNF aura approuvé une exemption pour les destinataires de ce service – à savoir le conseil régional du Golan et le conseil local de Katzrin. Selon une source judiciaire qui s’est confiée au Times of Israel, ce processus est « étrange et inhabituel ».

« L’exemption d’appel d’offres avec le conseil régional du Golan et le conseil local de Katzrin soulève un certain nombre de questions », a estimé la source, familière des procédures de travail mises en place au sein de KKL-JNF, qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat. « Si KKL-JNF a exempté ces conseils, alors qui a payé les fabricants et comment ? »

La source a toutefois noté qu’une « situation définie comme une ‘urgence’ peut justifier l’exemption d’un appel d’offres – par exemple, lorsque le contrat en question est urgemment nécessaire pour éviter de réels dégâts ou quand l’acte même de l’émission de l’appel d’offres est susceptible de nuire de manière significative à la sécurité de l’Etat ». Et, a ajouté la source, « dans de rares situations, la commission des appels d’offres peut également approuver une exemption sur la base d’une procédure appropriée conduite par le conseil régional ».

Le président de KKL-Fonds national Juif Danny Atar à Jérusalem, le 30 juillet 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plus la somme impliquée est importante, plus il est nécessaire de suivre les directives d’exemption avec minutie, a noté la source.

Dans le cas de l’achat d’abris anti-aériens mobiles néanmoins, a poursuivi la source, et au-delà d’une plus grande transparence, il y a un certain nombre de questions non-résolues : pourquoi les régions du Golan ont-elles bénéficié d’exemptions ? Ces dernières peuvent-elle être appliquées de façon légitime ? Qui a endossé la responsabilité de la supervision de l’achat des refuges par les conseils auprès du ou des fabricants ? Le projet a-t-il été contrôlé de manière appropriée par le KKL-JNF ? Et, bien sûr : qu’est devenu le financement et que sont devenus les abris ?

Mesures d’urgence

Il s’était finalement avéré que les tensions, sur la frontière nord, s’étaient dissipées, les semaines s’étant écoulées sans incident majeur. Le niveau d’alerte avait été par la suite revu à la baisse. Face à cet apaisement, toutefois, KKL-JNF n’avait pas choisi de revenir aux procédures habituellement mises en vigueur pour l’achat des abris mobiles, des procédures qui – si elles sont plus longues – garantissent toutefois une plus grande transparence et une fiabilité plus importante.

« Manifestement, si l’urgence prend fin et que la commande n’a pas été passée ou qu’un contrat n’a pas été signé, il n’y a aucune raison de maintenir l’exemption », affirme une autre source juridique.

De hauts-responsables du KKL-JNF qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat ont clamé que la commission des appels d’offres de l’organisation avait pris plusieurs décisions dans le passé dans lesquelles des exemptions d’appels d’offres avaient été accordées dans des circonstances peu claires, arguant également que des décisions avaient pu être prises pour des raisons problématiques, impliquant parfois un conflit d’intérêt. Le contrôleur de l’Etat israélien de l’époque, Yossef Shapira, s’était alors référé à ces antécédents dans des rapports où les activités de KKL-JNF avaient été soumises à la critique.

Le contrôleur d’État Yosef Shapira présente un rapport sur la guerre de 50 jours entre Israël et le Hamas durant l’été 2014, le 14 mars 2018 à la Knesset de Jérusalem. (AFP/Menahem Kahana)

« Il y a les paroles et il y a l’action. Dans ce cas précis, il n’y a que des paroles »

Pour leur part, les résidents du nord du pays qui devaient recevoir les abris il y a quelques mois via KKL-JNF – grâce à la communauté juive internationale – attendent. Presque un an après l’installation d’un seul refuge mobile, Stein, de KKL-JNF, qualifie cet unique dispositif, lors d’une conversation récente avec le Times of Israel, de « pilote ».

« Je connais bien le sujet des abris anti-aériens mobiles », explique pour sa part le chef de la sécurité de Katzrin, Avi Lugasi. « Mais comme vous le savez, il y a les paroles et il y a l’action. Dans ce cas précis, il n’y a que des paroles : il y a eu une urgence, ils ont voulu sembler attentifs dans un premier temps mais depuis, ils ont disparu. Danny Atar m’a téléphoné au mois de mai et il m’a dit : ‘Nous voulons contribuer aux abris anti-aériens qui vous protégeront, et ils seront là très vite’. Je n’ai plus entendu parler de lui depuis. Et il n’y a aucune discussion en cours sur leur éventuelle date de livraison ».

La directrice du conseil local de Kaztrin, Lilach Geva, déclare également qu’elle ignore ce qu’est devenu l’engagement public à fournir ces douzaines d’abris anti-aériens aux résidents du nord du pays.

Vue de la clôture frontalière avec la Syrie du côté israélien du plateau du Golan, le 23 juillet 2018 (Crédit :David Cohen/Flash90)

« Au mois de mai, nous avons connu des journées très difficiles et il y avait un réel besoin d’abris anti-aériens », dit Geva. « Nous avons réuni nos forces avec KKL-JNF et avec le conseil régional du Golan pour déployer des refuges mobiles dans les meilleurs délais parce que des solutions rapides étaient véritablement indispensables. Maintenant, les sirènes se sont tues, et cette notion d’urgence a disparu. Mais je ne suis pas une responsable militaire : vous devriez vous entretenir avec l’armée ».

Le Times of Israel est entré en contact avec Tsahal pour clarifier la position adoptée par le Commandement de la Défense passive – l’instance militaire chargée de la sécurité des civils en temps de guerre comme en temps de paix – concernant les refuges mobiles promis par le KKL-JNF. Le Commandement, qui avait été cité dans le communiqué émis par la commission des appels d’offres après une rencontre avec cette dernière pour faire avancer le projet, déclare qu’il n’a pas connaissance d’un nouveau plan de protection des civils sur le plateau du Golan.

Selon des sources de KKL-JNF, c’est l’opposition du Commandement qui est à l’origine de la mise en suspens du déploiement des abris depuis de si longs mois. « Lorsque le Commandement du front intérieur a entendu parler du plan et qu’il s’est rendu compte qu’il n’était pas dans la confidence, ses responsables ont été furieux. Ils ont contacté l’administration de KKL-JNF et lui ont demandé de suspendre le plan », note un responsable de haut-rang de KKL-JNF.

« Nous ne savons pas grand-chose de ce plan et nous n’avons pas été consultés. Nous ne sommes pas au courant », a répondu le commandement de la Défense passive dans un communiqué. « Il ne fait pas partie de nos attributions d’empêcher l’installation par une autorité locale d’abris anti-aériens mobiles dans la zone dont elle a la responsabilité et nous soutenons les initiatives indépendantes », ajoute le communiqué.

De petits abris anti-aériens en béton dans le sud d’Israël, près de Gaza, pendant l’opération Bordure protectrice, en 2014 (Crédit : Natan Flayer, CC-BY-SA-4.0)

« Toutefois, le Commandement de la Défense passive est pleinement responsable de la défense civile », a-t-il encore noté, « et nous sommes heureux de conseiller les autorités locales en ce qui concerne les aspects de planification et de positionnements. Le Commandement de la Défense passive a l’espoir que les mêmes autorités viendront le consulter. Il est à noter que, dans la plupart des cas, il y a une coordination entre les autorités locales et nos services, lorsque le Commandement de la Défense passive agit comme autorité professionnelle sur le sujet. En termes de défense des civils, c’est lui qui dispose de l’autorité professionnelle ».

L’instance militaire établit également clairement qu’il existe une procédure prédéfinie accordant la priorité à des mesures de protection selon la zone géographique, le niveau de risque et d’autres facteurs. Lorsqu’on lui demande si des abris anti-aériens supplémentaires sont particulièrement nécessaires actuellement sur le plateau du Golan, le Commandement de la Défense passive répond par la négative.

Dans un courriel interne largement distribué par KKL-JNF au mois de juin 2018 et qui a été vu par le Times of Israel, Stein, de l’organisation, a écrit aux conseils concernés au sujet du transfert prévu des refuges mobiles, évoquant notamment les coûts de livraison. Il parle aussi dans son courriel du mérite qui serait attribué à KKL-JNF avec le déploiement de ces abris, discutant même du panneau sur lequel doivent figurer les noms des plus importants donateurs au projet. Il écrit de surcroît que « nous n’avons pas connaissance de négociations avec le Commandement de la Défense passive ».

Ce qui laisse clairement penser que KKL-JNF a pu s’embarquer dans une mission visant à venir en aide aux habitants du nord sans consulter l’instance militaire chargée de la sécurité des civils.

Un plan gelé depuis des mois

Stein explique au Times of Israel que le KKL-JNF tente actuellement de relancer le plan qui, il le reconnaît, est gelé depuis des mois. « Dans les semaines à venir », dit-il, KKL-JNF devrait commencer à déployer les abris anti-aériens.

Selon des responsables du KKL-JNF, l’organisation devrait rendre les dons reçus si les refuges n’étaient finalement pas installés. Et les administrateurs de KKL-JNF préféreront très certainement éviter un fiasco avec les associations des Amis de KKL-JNF basées à l’étranger, qui ont collecté les fonds.

Un abri anti-aérien dans une rue pour protéger la population de la ville de Sdérot des tirs de roquettes depuis Gaza, le 18 juillet 2014 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Stein déclare qu’Ackerstein Industries qui, selon son site Internet, est « fournisseur de solutions uniques pour des projets complexes et extraordinaires », est en train de fabriquer les abris mobiles.

Si tel est le cas, la firme devrait avoir soumis une proposition à KKL-JNF ou aux autorités locales. Aucune soumission pour le projet n’a été présentée, affirment toutefois des sources proches du dossier.

Sur le marché de la fabrication des abris mobiles plus largement, aucune proposition de ce type n’a été constatée. Un représentant du site Internet Ifat Tenders confie au Times of Israel qu’il n’y a eu aucun appel d’offres concernant la fabrication de refuges anti-aériens au cours des deux dernières années.

KKL-JNF a refusé de répondre aux questions du Times of Israel concernant l’émission d’un appel d’offres.

Ackerstein Industries n’a pas répondu aux demandes concernant sa soumission éventuelle d’une proposition à KKL-JNF pour la production d’abris anti-aériens mobiles, ou sur la fabrication effective des refuges. La société a renvoyé le Times of Israel vers le conseil régional du Golan, précisant « notre entreprise est un fournisseur du conseil et ne peut, à ce titre, répondre aux questions sans son approbation ».

Aucune réponse n’a été reçue de la part du conseil régional.

De hauts responsables de l’organisation ont critiqué la gestion de ce projet sous la direction d’Atar, affirmant qu’elle reflète un plus grand malaise.

« La manière dont les décisions sont parfois prises au sein de KKL-JNF laisse l’impression d’un caprice plutôt que de la prise en compte d’un réel besoin », a déclaré un officiel de haut-rang sous couvert d’anonymat. « Le fait est que sur le terrain, les personnels ne comprennent pas quelle est leur mission parce qu’à n’importe quel moment, les directives et les exigences peuvent changer ».

Le Times of Israel a soumis une liste de questions au bureau du porte-parole de KKL-JNF liées au projet entier, notamment au moment choisi pour sa réalisation, aux procédures, à l’appel d’offre curieux vis-à-vis des autorités locales, aux retards, à l’indifférence apparente témoignée envers le Commandement de la Défense passive, aux justifications actuelles portant sur la continuation du projet et sur l’émission – ou non – d’une soumission.

La zone frontalière entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan, le 21 février 2019 (Crédit : Maor Kinsbursky/ Flash90)

La réponse apportée par l’organisation n’a traité aucune des questions posées de manière spécifique. « Ce sont des faits incorrects et erronés qui ne reflètent pas la conduite appropriée et transparente du JNF », a-t-elle fait savoir.

« Après l’escalade sur la frontière nord au mois de mai 2018 et au vu de l’état du niveau de préparation particulier qui avait été déclaré par le Commandement de la Défense passive, ainsi que de la nécessité apparue dans la zone, le JNF s’est impliqué pour venir en aide aux autorités locales de la région du nord pour concrétiser l’achat de refuges mobiles », a ajouté l’organisation.

« L’accord a été passé avec le conseil régional du Golan et le conseil local de Katzrin concernant toutes les procédures officielles, et ils ont été responsables de la gestion et de l’exécution du projet. Le JNF est fier de ses activités au profit des résidents israéliens de Galilée et du Negev et il continuera à oeuvrer pour aider à réduire les écarts entre le centre et la périphérie, et à aider à faire venir un million de nouveaux résidents dans le Negev et un demi-million de nouveaux habitants en Galilée », a conclu l’organisme.

Malgré des initiatives répétées de prise de contact avec les conseils pour recueillir ses commentaires, aucune réponse n’avait encore été reçue au moment de la publication de cet article.

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