Grande affluence au premier festival du film juif de Casablanca
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Grande affluence au premier festival du film juif de Casablanca

L’événement présentait 3 films sur les ‘conséquences de l'émigration des Juifs issus du tissu social marocain’, a dit l'organisatrice

Maurice Elbaz et Vanessa Paloma Elbaz, les organisateurs du premier festival du film juif, à Casablanca, en avril 2016. (Crédit photo : Autorisation de Vanessa Paloma Elbaz)
Maurice Elbaz et Vanessa Paloma Elbaz, les organisateurs du premier festival du film juif, à Casablanca, en avril 2016. (Crédit photo : Autorisation de Vanessa Paloma Elbaz)

Près de 500 personnes ont assisté au premier festival du film juif de Casablanca, qui a été organisé dans la ville marocaine par une Juive séfarade originaire d’Atlanta.

L’événement de trois jours, qui a pris fin mercredi dans les bureaux du Stade olympique casablancais (SOC), présentait trois films sur les « conséquences de l’émigration des Juifs issus du tissu social marocain », a déclaré au JTA l’organisatrice, Vanessa Paloma, jeudi. Chaque projection a attiré environ 150 spectateurs, a-t-elle ajouté.

L’un des deux longs-métrages projetés était « Aida », qui a également été présenté par le Maroc aux Oscars du cinéma pour le meilleur film en langue étrangère, à propos de la bataille contre le cancer d’un professeur de musique juif vivant à Paris.

L’autre film était « Midnight Orchestra », une production de 2015 sur le fils d’un musicien juif qui a quitté le Maroc au milieu des tensions raciales provoquées par la guerre de Yom Kippour.

Les réactions au festival ont été extrêmement positives, a déclaré Paloma, chanteuse de musique judéo-espagnole et chercheuse sur l’identité et les arts dans le judaïsme marocain. Elle vit à Casablanca depuis 2009 avec son mari marocain juif, Maurice Elbaz, qui l’a aidée à produire le festival sur un budget restreint, mais malgré tout suffisant puisque les cinéastes ont renoncé à leurs frais.

Mais l’événement a également provoqué des réactions négatives au Maroc, qui bien que ce soit l’un des rares pays du monde musulman où l’héritage juif est célébré ouvertement, a néanmoins un lobby anti-Israël véhément qui recourt parfois à la rhétorique antisémite.

Jaouad Benaissi, auteur et ancien membre du parti l’Union socialiste des forces populaires, s’est plaint sur Facebook du thème du festival, écrivant que « les œuvres d’art de l’homme n’ont rien à voir avec la religion », et donc que le thème juif était inapproprié – un message similaire à celui de Abdelilah Jouhari, un journaliste qui a accusé Paloma de « tenter de faire des affaires avec la religion », tel que rapporté par le site d’informations Le 360.

« J’ai répondu que Juif ne signifiait pas nécessairement religieux, mais également culturel et que, dans la tradition des festivals de films juifs qui existent partout dans le monde, nous voulons commencer ce dialogue autour de l’histoire du Maroc, de la culture et des traditions des Juifs comme présentées sur grand écran », a déclaré Paloma à JTA.

En 2013, 200 islamistes ont manifesté à Tanger contre la projection d’un documentaire sur les Juifs marocains parce qu’il mentionne Israël.

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