Hadassah : Les parents cessent leur grève de la faim et entament des négociations
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Hadassah : Les parents cessent leur grève de la faim et entament des négociations

Le médiateur Elyakim Rubinstein espère que cette initiative aidera les deux parties à résoudre la crise autour du service de cancer pédiatrique

Shlomo Ben Dor, à droite, et Pazit Ben Israel dans la tente de protestation montée par les parents des patients du service d'onco-hématologie pédiatrique dans le parc Sacher de Jérusalem, portant des panneaux indiquant "Je suis en grève de la faim", le 25 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Shlomo Ben Dor, à droite, et Pazit Ben Israel dans la tente de protestation montée par les parents des patients du service d'onco-hématologie pédiatrique dans le parc Sacher de Jérusalem, portant des panneaux indiquant "Je suis en grève de la faim", le 25 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les parents des enfants malades soignés à l’unité de cancérologie pédiatrique de l’hôpital Hadassah ont mis un terme à leur grève de la faim organisée en soutien au personnel médical mercredi dans la soirée, dans un contexte de crise continue entre les médecins et la direction de l’établissement.

A la demande du médiateur nommé par le tribunal, l’ancien magistrat à la Cour suprême Elyakim Rubinstein, les parents ont cessé leur grève avec l’espoir que cette décision puisse amener les deux parties à trouver une solution.

Les parents avaient annoncé leur projet de grève de la faim dimanche, dans le chapiteau qu’ils ont récemment monté sous la forme d’un hôpital de campagne artisanal dans le parc Sacher de Jérusalem, et ce malgré les objections des médecins au centre de la crise en cours.

Six médecins, dont le professeur Michael Weintraub, ancien directeur du service d’hémato-oncologie et trois internes ont démissionné de l’hôpital Hadassah Ein Kerem au mois de mars, leurs démissions prenant effet ce mois-ci, en raison d’une décision de la direction qui, selon eux, était inacceptable au niveau médical.

Elyakim Rubinstein, ancien juge de la Cour Suprême et ancien négociateur de paix avec la Jordanie, dans son bureau de Jérusalem, en novembre 2010. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Elyakim Rubinstein, ancien juge de la Cour Suprême et ancien négociateur de paix avec la Jordanie, dans son bureau de Jérusalem, en novembre 2010. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Depuis, les médecins, la direction et les parents enchaînent accusations et contre-accusations.

Les parents ont déposé une requête auprès de la Haute cour de Justice demandant au tribunal d’autoriser l’ouverture d’une nouvelle unité de soins à Shaare Zedek, de renvoyer le directeur général Zeev Rotstein, et d’ouvrir une procédure judiciaire à l’encontre de Rotstein et du ministre de la Santé Yaakov Litzman.

L’état a répondu dimanche à cette requête en disant qu’il ne consacrerait pas de fonds publics à l’ouverture d’une autre unité de cancérologie à Jérusalem parce que l’infrastructure existait déjà à Hadassah. L’état a par ailleurs ajouté que la solution était l’organisation immédiate de négociations entre les deux parties, durant lesquelles les médecins démissionnaires reprendraient le travail à Hadassah.

Uri Yakir, parent d'un enfant soigné au service d'hémato-oncologie à Hadassah Ein Kerem, exprime sa colère face au directeur de l'hôpital Zeev Rotstein à la cour suprême de Jérusalem de 27 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Uri Yakir, parent d’un enfant soigné au service d’hémato-oncologie à Hadassah Ein Kerem, exprime sa colère face au directeur de l’hôpital Zeev Rotstein à la cour suprême de Jérusalem de 27 juin 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La crise a éclaté après un projet de la direction qui avait émergé à l’automne dernier et qui consistait à transférer une spécialiste de la greffe de moelle épinière chez les enfants, le docteur Paulina Stefansky, vers une unité de greffe pour les adultes dans un autre bâtiment et ce sans avoir consulté le professeur Weintraub — ancien chef du service avant sa démission au mois de mars.

L’idée était d’utiliser les lits disponibles dans l’unité pour les adultes pour soigner les enfants « touristes médicaux » – originaires de Cisjordanie et de Jérusalem-Est ainsi que des pays de l’ex-Union soviétique – qui sont prêts à débourser d’importantes sommes pour les greffes, de l’argent qui viendrait remplir les coffres vides de l’hôpital Hadassah,  et de mettre ainsi à leur service l’équipe, déjà surmenée du service pédiatrique, aux côtés des malades israéliens hébergés dans le service des enfants.

Avant la démission des médecins, le département pédiatrique avait six médecins et trois internes chargés de prendre en charge 160 nouveaux cas de cancer infantile par an – cette même équipe s’occupait de 120 petits patients il y a quatre ans.

Les chiffres, selon une enquête menée par la Dixième chaîne, sont à comparer avec les 13 docteurs et quatre internes chargés de s’occuper des 170 nouveaux cas annuels dans l’unité de cancérologie pédiatrique de l’hôpital Sheba, aux abords de Tel Aviv, et avec les 15 médecins et 5 internes pour 160 nouveaux malades par an à l’hôpital Schneider pour enfants de Petah Tikva.

La majorité des enfants soignés au sein de l’unité avant le début de la crise sont partis dans d’autres hôpitaux et dans d’autres villes sur les recommandations des médecins démissionnaires.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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