Rechercher

Hausse de 70 % en une semaine du nombre de cas graves du COVID en Israël

"C'est une situation imprévisible et instable", a déclaré le Prof. Cohen, qui invite les législateurs à "encourager activement l'immunité collective chez les personnes vulnérables"

Des membres d'une famille rendent visite à l'un d'entre eux au service coronavirus de l’hôpital Ziv, dans la ville de Safed, le 15 février 2022. (Crédit: David Cohen/Flash90)
Des membres d'une famille rendent visite à l'un d'entre eux au service coronavirus de l’hôpital Ziv, dans la ville de Safed, le 15 février 2022. (Crédit: David Cohen/Flash90)

Vendredi, 140 personnes ont été testées positives au COVID et dans un état grave en Israël. Ce nombre marque une augmentation de près de 70 % depuis la semaine dernière. Les experts de la santé ont avertit que la situation actuelle est « instable ».

Alors qu’Israël connaît une hausse du nombre d’infections depuis quelques semaines, l’augmentation du nombre de patients gravement malades constitue une réelle préoccupation pour le pays qui doit faire face à la propagation du nouveau variant BA.5, les experts avertissant que les hôpitaux pourraient être amenés à rouvrir les unités COVID. Le nombre de patients gravement malades était de 85 vendredi dernier.

Environ 7 313 Israéliens ont été testés positifs au virus vendredi, selon le ministère de la Santé. Le taux de reproduction (R) était de 1,31 vendredi. Ce chiffre mesure le nombre de personnes que chaque porteur du coronavirus infecte en moyenne, tout chiffre supérieur à 1 signifiant que la propagation du COVID-19 est en augmentation. Il a commencé à dépasser 1 à la mi-mai, après être resté en dessous de ce seuil pendant près de deux mois.

Le nombre de décès s’élève à 10 882, dont six au cours de la semaine passée.

« Les données indiquent clairement que la maladie est active dans la population », a déclaré le professeur Cyrille Cohen, expert du système immunitaire de l’université Bar Ilan, au site d’information Ynet.

« Le véritable indicateur est le nombre de patients dans un état grave, car nous savons qu’une grande partie de la morbidité n’est pas détectée car les gens ne vont pas se faire dépister, et cela devrait également être pris en compte », a-t-il ajouté.

« Ce qui détermine la politique, ce n’est pas nécessairement le nombre de patients confirmés, mais l’état des patients atteints d’une forme grave. Nous devons analyser s’ils présentent une forme plus sévère de la maladie – et si nous devrons nous préparer à rouvrir les unités COVID cet été », a-t-il ajouté.

Des lits vides dans l’unité de soins intensifs du service de coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 14 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Malgré l’avertissement, Cohen a déclaré qu’il est encore trop tôt pour connaître la gravité du variant qui a muté d’Omicron, connu sous le nom de BA.5, et pour savoir si il évoluera ou non en une nouvelle vague.

« Nous ne savons pas exactement à quoi ressemblera cette vague ni même si nous pouvons la considérer comme une vague », a-t-il déclaré. « Nous suivons les événements au Portugal parce que le variant BA.5 y est dominant et parce que sa population est similaire à celle d’Israël en termes de taille et de nombre de personnes vaccinées, encore plus qu’en Israël. »

Cohen a noté que les taux de morbidité et de mortalité ont augmenté au Portugal au moment même où le variant BA5 a commencé à se propager.

« Nous devons intégrer que cela va se produire ici aussi », a-t-il dit, exhortant les législateurs à prendre des mesures. « Nous sommes confrontés à une situation imprévisible et instable en ce qui concerne le COVID. Il faudra des mois, voire des années, avant qu’il y ait une diminution significative et que nous arrivions à un scénario plus prévisible. Mais il faut aussi être prudent avec les estimations », a-t-il ajouté.

Selon Cohen, l’effort doit être concentré sur « l’encouragement actif de l’immunité collective parmi la population âgée et vulnérable » en « contactant les personnes qui n’ont pas reçu le vaccin et en les encourageant à le faire au plus vite ».

Il a également conseillé de porter des masques dans les lieux très fréquentés, comme les bus et les centres commerciaux.

Des Israéliens portent des masques de protection à Tel Aviv, le 22 juillet 2021. (Crédit: Miriam Alster/Flash90)

Mercredi, le professeur Salman Zarka, le responsable de la lutte contre le virus, a déclaré que le nouveau variant BA.5 gagne rapidement du terrain et est plus résistant aux vaccins que les souches précédentes.

« La souche BA.5 représente actuellement environ 50 % des cas », a-t-il précisé.

« La souche cause une maladie relativement bénigne chez les jeunes, mais le nombre des hospitalisations est en hausse. »

Il a ajouté que le BA.5 était sur le point de supplanter Omicron comme variant dominant et qu’il continuerait à gagner du terrain.

Israël a levé l’obligation du port du masque en intérieur en avril dernier, suite à la forte baisse du nombre d’infections. Les masques en extérieur ont, eux, cessé d’être obligatoires dès avril 2021.

Salman Zarka a également déclaré que, sous certaines conditions, les Israéliens pourraient bientôt être officiellement reconnus comme atteints de COVID-19 sur la seule base d’un test effectué à domicile, ce qui n’empêche pas le ministère de la Santé de préparer le renforcement des infrastructures de test.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...