Israël en guerre - Jour 197

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Heurts entre policiers et manifestants anti-gouvernement devant le domicile de Netanyahu

La belle-fille d'un otage a été traînée par la police ; cinq manifestants arrêtés au cours de marches dispersées dans Jérusalem

La police essayant de repousser les personnes manifestant contre le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu et pour la libération des otages, à Jérusalem, le 2 avril 2024. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP Photo)
La police essayant de repousser les personnes manifestant contre le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu et pour la libération des otages, à Jérusalem, le 2 avril 2024. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP Photo)

Le troisième jour d’une manifestation anti-gouvernement de quatre jours à Jérusalem s’est achevé dans le chaos mardi soir, lorsque les manifestants qui tentaient de contourner les barrages de police se sont dispersés dans plusieurs directions afin d’atteindre la résidence privée du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La marche a commencé par une série de discours prononcés devant la Knesset par des membres des familles des otages, des militants anti-gouvernement et l’ancien Premier ministre Ehud Barak, un fervent critique de Netanyahu.

Le cortège de la Knesset était dirigé par des proches d’otages et des militants impliqués dans la lutte contre le plan largement controversé visant à réformer en profondeur le système judiciaire d’Israël. Il s’est ensuite fragmenté lorsque des milliers de marcheurs ont envahi les rues étroites du quartier aisé de Rehavia à Jérusalem, où vivent les Netanyahu.

Après s’être heurtés à des barricades, une poignée de manifestants munis de mégaphones ont couru vers l’avant du cortège et ont réussi à diriger une grande partie de la foule vers un détour par la maison de Netanyahu située dans la rue Azza, prenant ainsi les forces de l’ordre au dépourvu.

Les organisateurs ont exhorté les participants à courir aussi vite que possible pour échapper aux mesures de contrôle de la foule. La police israélienne a qualifié cette étape de la marche « d’émeute débridée ».

Arrivée dans la rue Azza, Ayala Metzger, belle-fille de Yoram Metzger, otage du groupe terroriste palestinien du Hamas, s’est assise avec plusieurs personnes dans une aire de jeux située en face du domicile de Netanyahu, mais elle a été rapidement écartée par la police après que les autorités ont manifestement exigé des manifestants qu’ils quittent les lieux.

La police a arrêté cinq protestataires au cours de la nuit. Les forces de l’ordre ont ouvert une enquête sur le jet d’une torche enflammée en direction d’un agent de la garde montée. Un autre policier, blessé par un manifestant qui lui a lancé une barricade, a été admis à l’hôpital.

Un groupe de policiers a également été filmé en train de frapper violemment un manifestant muni d’un tambour au milieu de la rue. Devant le domicile de Netanyahu, un manifestant s’est allongé pendant un certain temps sous un canon à eau de la police, afin d’empêcher les forces de l’ordre de le déployer contre les autres manifestants. La police l’a aspergé d’un liquide nauséabond, puis l’a sorti de dessous le véhicule avant de le placer en garde à vue.

En réponse aux manifestations devant la résidence de Netanyahu, le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a autorité sur la police, a accusé l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet d’ignorer les menaces qui pèsent sur le Premier ministre.

« Une situation dans laquelle des milliers de personnes franchissent des barrières près du domicile du Premier ministre et où le Shin Bet ferme les yeux est inacceptable », a-t-il écrit sur X.

Des personnes défilant pour protester contre le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et demander la libération des otages détenus dans la bande de Gaza, à Jérusalem, le 2 avril 2024. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Parmi les centaines de personnes qui manifestaient devant le domicile de Netanyahu se trouvait également Einav Zangauker, la mère de l’otage Matan Zangauker, détenu par le Hamas.

Plus tôt dans la soirée, Zangauker avait qualifié Netanyahu de « Pharaon qui nous inflige la plaie des premiers-nés ».

« Tant que mon Matan n’aura ni jour ni nuit, vous non plus », a-t-elle déclaré dans un discours adressé à Netanyahu, qu’elle a soutenu dans les urnes jusqu’à ce qu’elle réalise les conséquences du 7 octobre, lorsque le groupe terroriste palestinien du Hamas a massacré près de 1 200 Israéliens et pris 253 d’entre eux en otage.

« Vous avez échoué le 7 octobre de toutes les manières possibles […] Vous êtes un obstacle à un accord sur les otages », a-t-elle ajouté, accusant Netanyahu de la salir, elle et d’autres parents d’otages.

Einav Zangauker, la mère de Matan Zangauker, otage détenu par le Hamas, prononçant un discours impromptu devant la résidence privée du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 2 avril 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

« Vous nous traitez de traîtres alors que c’est vous qui êtes un traître – un traître à votre peuple, à vos électeurs et à l’État d’Israël », a-t-elle souligné. Netanyahu n’a officiellement traité aucune des familles d’otages de traîtres, mais certains de ses plus fervents partisans l’ont fait.

Une autre partie du rassemblement s’est poursuivie sur la Place de Paris, et un groupe s’est rendu dans le quartier voisin de Talbieh, en contournant le lieu de rassemblement habituel à l’intersection, en tapant sur des tambours et en faisant retentir des klaxons dans un élan de colère contre Netanyahu et son gouvernement.

Les manifestants se sont ensuite réunis devant la résidence du président, mais à ce moment-là, de nombreux membres des familles d’otages avaient quitté les lieux, laissant un groupe d’activistes énigmatiques du parti HaPiratim guider les centaines de personnes restantes vers les quartiers résidentiels de Jérusalem à l’aide d’un char géant.

Le jeune groupe d’activistes a tiré le char géant sur roues tout en réclamant un accord sur les otages et la fin de la guerre, en chantant par intermittence « Give Peace a Chance » de John Lennon. La manifestation s’est essoufflée vers minuit, lorsque les manifestants sont retournés dans la rue Azza et ont été accueillis par la police avec de nouveaux jets du produit nauséabond.

Des manifestants sur un char géant appelant à un accord sur les otages, devant la résidence du président, à Jérusalem, le 2 avril 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

À l’extérieur de la Knesset, plus tôt dans la soirée, les manifestants ont entendu des discours enflammés de la part de nombreux membres des familles d’otages qui ont récemment joint leurs forces à celles des activistes anti-gouvernement après être arrivés à la conclusion que les dirigeants du pays étaient devenus un obstacle à l’obtention d’un accord.

Merav Svirsky, la sœur de l’otage assassiné Itay Svirsky, a reproché à Netanyahu de ne pas accorder à la délégation israélienne chargée des négociations un mandat complet pour parvenir à un accord.

« Bibi fait de la politique sur le dos des familles d’otages », a-t-elle déclaré. « Ce n’est pas qu’il n’a pas réussi à les faire libérer [les otages], ce n’est pas qu’il n’en est pas capable. C’est qu’il ne veut pas le faire, et c’est pourquoi le Premier ministre doit démissionner instamment. »

L’ancien Premier ministre Barak a également pris la parole lors de l’événement. Il a entraîné des milliers de manifestants rassemblés devant la Knesset dans des chants appelant à la tenue d’élections pour remplacer Netanyahu.

L’ancien Premier ministre Ehud Barak appelant à des élections législatives anticipées pour remplacer le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une manifestation anti-gouvernement, devant la Knesset, à Jérusalem, le 2 avril 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Barak a qualifié le gouvernement actuel de « vacillant et confus » et a affirmé que l’incursion terrestre actuellement prévue dans Rafah mettrait encore plus en danger les otages toujours retenus dans la bande de Gaza.

« Netanyahu sacrifie les otages sur l’autel de la ‘victoire totale' », a-t-il déclaré à la foule.

L’ancien Premier ministre a également appelé l’organisation syndicale de la Histadrout à soutenir pleinement les manifestations afin de provoquer un « arrêt de l’ensemble du pays ».

Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, a pour sa part mis en garde contre les violences commises lors des manifestations anti-gouvernement.

Le chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, Ronen Bar, lors de la cérémonie commémorative annuelle du Corps Blindé de l’armée israélienne, marquant le 50e anniversaire de la Guerre de Kippour, à Latrun, le 27 septembre 2023. (Crédit : Jonathan Shaul/Flash90)

« Le discours violent en ligne et certaines scènes que nous avons vues ce soir à Jérusalem vont au-delà d’une protestation acceptable, nuisent à la capacité de maintenir l’ordre public, pourraient conduire à des affrontements violents avec les forces de l’ordre, perturber leur capacité à faire leur travail et même causer des dommages à des personnes sous protection », a-t-il déclaré.

« Il existe une ligne de démarcation claire entre la protestation légitime et la protestation violente et illégale. Il s’agit d’une tendance inquiétante qui pourrait conduire à des situations dangereuses que nous ne devons pas connaître. »

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, s’est également prononcé contre la violence lors des manifestations de mardi.

« L’unité est la clé de notre avenir. Nous ne pouvons accepter la violence d’aucune partie. Nous ne pouvons pas accepter que des gens ignorent les instructions de la police et franchissent les barrières comme nous l’avons vu hier soir à Jérusalem », a-t-il déclaré.

Le ministre Benny Gantz, chef du parti HaMahane HaMamlahti, tenant une conférence de presse à la Knesset, à Jérusalem, le 13 mars 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« La protestation est légitime, la douleur est compréhensible, mais la loi et les règles doivent être respectées. » « Nous ne devons pas revenir au 6 octobre », a-t-il ajouté.

Le président de la Knesset, Amir Ohana, a affirmé que « les événements d’hier s’inscrivent dans la montée de l’incitation [à la violence] qui a caractérisé les jours précédant le 7 octobre ». Il a demandé à la police « d’agir pour contrecarrer le danger avant que nous n’en arrivions à une effusion de sang, que Dieu nous en préserve ».

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a déclaré qu’il « condamnait fermement les actions violentes contre le Premier ministre […] perturber le travail des policiers et des fonctionnaires [de l’agence de sécurité intérieure] du Shin Bet en ce moment met en danger notre sécurité et plus encore notre unité, qui est essentielle à notre existence ».

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