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Heurts sur le mont du Temple : le maire d’Umm al-Fahm face à ses administrés

Samir Subhi Mahamed a fait disperser les manifestants, affirmant soutenir « les manifestations légitimes, pas la violence »

Dr Samir Sobhi Mahamed, maire de la ville arabe israélienne d’Umm al-Fahm, dans son bureau, le 4 février 2020. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)
Dr Samir Sobhi Mahamed, maire de la ville arabe israélienne d’Umm al-Fahm, dans son bureau, le 4 février 2020. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Le maire de la ville arabe israélienne d’Umm al-Fahm s’est opposé, vendredi, aux habitants de sa ville qui protestaient contre Israël au sujet du Mont du Temple.

Le maire Samir Subhi Mahamed s’est entretenu avec les jeunes hommes masqués qui protestaient contre l’intervention israélienne au mont du Temple en bloquant l’entrée dans Umm al-Fahm.

Selon la radio publique Kan, les manifestants auraient tenté de saccager les lieux, incendié des pneus et tiré des feux d’artifice, au son de « Israël est un État terroriste ».

La manifestation a eu lieu à l’issue d’une procession après les prières du Ramadan.

D’importants renforts de police se trouvaient sur place pour parer à tout débordement. Vendredi, à Umm al-Fahm, des dizaines de personnes ont chanté en soutien au groupe terroriste du Hamas et aux manifestants qui ont affronté la police sur le Mont du Temple plus tôt dans la journée.

Dans une vidéo, on peut voir Mahamed en train de crier et faire des gestes à ces manifestants, dans une rue de la ville.

Mahamed a déclaré au quotidien Haaretz qu’il tentait d’apaiser une situation tendue.

« Je suis favorable aux manifestations légitimes, pas à la violence. Les manifestations qui perturbent l’ordre public n’ont pas lieu d’être. Cela ne sert personne, et certainement pas le message que nous essayons de faire passer », a-t-il précisé.

Il a indiqué qu’il était important de protester contre l’intervention d’Israël à la mosquée Al-Aqsa, « mais dans un cadre légal ».

Les manifestants appartenaient au groupe Al-Hirak Al-Shababi (« Le Mouvement de la jeunesse »), mouvement indépendant des partis politiques réputé pour ses positions extrémistes.

Des policiers au cours d’une émeute à l’entrée de la ville arabe du nord d’Umm al-Fahm, le 23 avril 2022. (Crédit : Police israélienne)

La police a déclaré plus tard que quatre mineurs avaient été interpellés pour des émeutes dans la ville.

« Ils ont tenté de bloquer l’entrée de la ville, tiré des feux d’artifice, jeté des pierres sur les forces [de police] et brûlé des pneus sur la route », a indiqué la police dans un communiqué.

Ces dernières semaines, la police israélienne a affronté à plusieurs reprises des émeutiers palestiniens sur le Mont du Temple, à Jérusalem, attisant les tensions entre Israël et Palestiniens.

Le lieu est également de toute première importance pour les Arabes israéliens, et des informations vendredi ont laissé penser que la police s’attendait à des heurts au sein des communautés arabes israéliennes.

Le préfet de police, Kobi Shabtai, a ordonné que les réservistes de la police des frontières soient immédiatement mobilisables en raison de craintes que les violences à Jérusalem ne s’étendent à Umm al-Fahm ou Nazareth.

Niché dans la Vieille Ville de Jérusalem, l’immense complexe du mont du Temple est l’endroit le plus saint du judaïsme, à l’emplacement des temples bibliques. La mosquée Al-Aqsa, située au sommet du mont, est pour sa part le troisième sanctuaire le plus saint de l’Islam.

Le Ramadan attire des dizaines de milliers de fidèles palestiniens sur le site, dans ce qui s’avère généralement une période de haute tension. Cette année, le Ramadan a coïncidé avec Pessah pendant une semaine, ce qui a encore accru les frictions dans la capitale.

Affrontement palestinien avec la police israélienne au Mont du Temple dans la vieille ville de Jérusalem le 22 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

La police indique agir contre les émeutiers sur le mont du Temple, qui les attaquent avec des pierres et des feux d’artifice, et jettent des pierres sur le mur Occidental, en contrebas.

Les Palestiniens accusent Israël de violer le fragile statu quo en vigueur, qui permet aux Juifs d’accéder au Mont, mais pas d’y prier. Le Premier ministre Naftali Bennett et bien d’autres responsables ont souligné à plusieurs reprises leur attachement au respect de ce statu quo.

Les récents affrontements au Mont du Temple ont ravivé des menaces de la part de groupes terroristes de Gaza, suscité des inquiétudes internationales et tendu les relations avec les alliés arabes d’Israël.

Les affrontements au mont du Temple peuvent rapidement dégénérer en violences de plus grande ampleur. L’intervention de la police pour réprimer les émeutes en 2021 avait constitue l’un des déclencheurs d’une guerre de 11 jours à Gaza en mai dernier.

Plus tôt ce mois-ci, la police a interpellé sept personnes à Umm al-Fahm pour des émeutes présumées en lien avec les heurts sur le mont du Temple.

Le mois dernier, Mahamed avait annoncé démissionner de son poste de maire lors d’un direct à la télévision, suite aux critiques essuyées pour avoir publié un message de condoléances aux familles des terroristes, inspirés par l’État islamique, qui avaient tué deux agents de la police des frontières lors d’un attentat à Hadera, plus tôt cette semaine-là.

Deux heures plus tard, Mahamed s’était ravisé et avait décidé de rester à son poste, fort de nombreux soutiens.

Le message de condoléances aux familles des terroristes, originaires d’Umm al-Fahm, avait été publié sur la page Facebook de la municipalité au nom de Mahamed, avant d’être rapidement retiré. Mahamed s’en était plus tard excusé, indiquant qu’il avait été publié par un prestataire de services, à son insu. Il avait condamné les attentats terroristes immédiatement après les faits.

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