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Nouveaux heurts vendredi entre Palestiniens et policiers sur le Mont du Temple

Les émeutiers ont brandi des drapeaux du Hamas, jeté des pierres et scandé des slogans anti-Juifs ; un drone de la police a fait usage de gaz lacrymogène

Les Palestiniens scandent des slogans et brandissent des drapeaux du Hamas après les prières du vendredi pendant le mois sacré du ramadan musulman, sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)
Les Palestiniens scandent des slogans et brandissent des drapeaux du Hamas après les prières du vendredi pendant le mois sacré du ramadan musulman, sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Des affrontements et des agitations ont éclaté vendredi après-midi sur le Mont du Temple après la prière de l’après-midi à la mosquée al-Aqsa, alors que le ramadan bat actuellement son plein. Le calme est ensuite finalement revenu.

Ces échauffourées sont survenues plusieurs heures après des heurts entre Palestiniens et police israélienne dans ce lieu saint sensible de la Vieille Ville de Jérusalem.

Ce sont plusieurs centaines de personnes qui se sont battues avec les policiers, jetant des pierres. Une vidéo montre un drone de la police aspergeant la foule de gaz lacrymogène pour la disperser.

Les policiers ont indiqué que la foule avait tenté d’attaquer un poste de police fermé sur le mont du Temple, jetant des pierres. « Cette attaque a été interrompue grâce à des outils de dispersion d’émeute et tout est actuellement calme dans le secteur », a dit la police dans un communiqué.

Des dizaines de milliers de fidèles avaient pris part aux prières de l’après-midi en ce troisième vendredi du mois sacré musulman. S’il n’y a pas eu de chiffre officiel concernant la participation, les informations parues dans les médias israéliens et palestiniens ont estimé que 90 000 à 150 000 fidèles avaient été présents à la mosquée al-Aqsa.

Après les prières, un grand nombre de Palestiniens ont brandi les drapeaux du Hamas et scandé des slogans favorables au groupe terroriste qui gouverne la bande de Gaza, qui avait appelé à la « mobilisation » dans la même matinée de vendredi.

« Nous sommes les hommes de Muhammed Deif, » ont-ils scandé de concert, faisant référence au chef de l’aile militaire du Hamas, recherché par Israël depuis plus de 25 ans pour avoir orchestré des attentat-suicides, des meurtres et des kidnappings.

Certains ont également évoqué, dans leurs slogans, une bataille qui avait eu lieu au septième siècle au cours de laquelle les forces musulmanes avaient massacré et expulsé les Juifs de la ville de Khaybar, dans la péninsule arabe. D’autres slogans ont appelé à « sauver al-Aqsa » en ayant recours à la violence.

Des Palestiniens de Cisjordanie, autorisés à se rendre sur le mont du Temple sous réserve des restrictions mises en place pour le ramadan, ont assisté à la prière.

Selon le Croissant rouge palestinien, 57 Palestiniens au total ont été blessés dans ces affrontements – en comptant les victimes des violences commises dans la matinée de vendredi.

Un Palestinien qui a été grièvement blessé pendant ces échauffourées, dans la matinée, a été emmené par les policiers à l’hôpital Ein Kerem de Jérusalem.

La police israélienne interpelle un Palestinien lors d’affrontements au mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Les Palestiniens ont indiqué que l’homme avait été blessé par une balle en caoutchouc tirée par les agents – un récit contesté par la police, qui a indiqué qu’il était tombé alors qu’il jetait des pierres. « Il n’y a aucune élément de preuve laissant penser à une blessure par balle en caoutchouc », a noté l’hôpital dans un communiqué.

La police a aussi fait savoir, dans la matinée, qu’une policière avait été blessée au visage par une pierre et emmenée à l’hôpital.

Pour leur part, les agents ont arrêté un sexagénaire originaire du quartier de Beit Hanina, à Jérusalem-Est, en raison d’un discours prononcé devant les fidèles, jeudi soir, dans lequel il incitait aux violences sur le mont du Temple. Selon les forces de l’ordre, l’homme, qui est affilié au parti islamiste Hizb ut-Tahrir, avait appelé à « libérer la mosquée par les armes et par la force ».

Affrontements entre des Palestiniens et la police israélienne sur le Mont du Temple dans la vieille ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev a visité un commissariat de police dans la Vieille Ville pendant les émeutes, dans la matinée de vendredi, pour une évaluation de la situation aux côtés du chef de la police israélienne, Kobi Shabtai, et du commandant de district de Jérusalem, Doron Turgeman.

Shabtai a ensuite ordonné aux agents réservistes de la police des frontières de se placer en état d’alerte en raison de violences susceptibles de se propager dans des villes arabes comme Umm al-Fahm et Nazareth, selon les médias israéliens.

Un responsable de la sécurité dont l’identité n’a pas été dévoilée a confié à la Douzième chaîne et au quotidien Haaretz que le Hamas avait renforcé ses efforts, ces derniers jours, visant à entraîner une escalade des tensions plus large – et en particulier par le biais des affrontements sur le mont du Temple. La source a indiqué au journal que le Waqf, l’instance jordanienne qui supervise les sites musulmans à Jérusalem, avait tenté – avec peu de succès – d’empêcher les Palestiniens d’attaquer la police, vendredi matin.

Des violences similaires ont eu lieu presque quotidiennement sur le Mont du Temple depuis vendredi dernier, quand des affrontements intenses avaient éclaté sur le site.

Le mont du Temple est un foyer fréquent de tensions entre Israël et les Palestiniens et les affrontements qui avaient eu lieu là-bas avaient aidé à entraîner le conflit militaire d’onze jours qui, l’année dernière, avait opposé Israël aux groupes terroristes de Gaza, après des tirs de roquettes vers Jérusalem initiés par le Hamas. Le mont du Temple est le lieu le plus saint du Judaïsme – c’est là où se dressaient, dans le passé, les temples bibliques – et la mosquée al-Aqsa, à son sommet, est le troisième sanctuaire le plus sacré des musulmans.

Les Nations unies ont tiré, vendredi, la sonnette d’alarme face aux violences récentes. « Nous sommes profondément inquiets face aux violences qui ne cessent de s’intensifier dans les territoires palestiniens occupés et en Israël au cours des derniers mois », a commenté Ravina Shamdasani, porte-parole du Bureau du haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU.

La situation à Jérusalem est explosive depuis quelques semaines alors que les Palestiniens se heurtent fréquemment aux policiers sur le mont du Temple, que les fêtes du Ramadan et de Pessah ont attiré des milliers de personnes dans les lieux saints, que les forces israéliennes de sécurité mènent des opérations antiterroristes intenses en Cisjordanie et que les groupes terroristes de Gaza mettent de l’huile sur le feu.

Les Palestiniens lors des prières du vendredi – c’est le troisième vendredi du mois du ramadan – à la mosquée al-Aqsa, sur le mont du Temple de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Jeudi, le chef du Hamas Ismail Haniyeh a indiqué que « nous ne sommes qu’au début de la bataille » et il a mis en garde Israël en évoquant le Mont du Temple.

Des propos qui ont été tenus après des affrontements sans précédent, depuis la guerre de l’année dernière, entre l’État juif et les groupes terroristes. L’armée a mené des raids aériens au-dessus de l’enclave côtière en riposte à des tirs de roquette et au lancement de missiles antiaériens.

Aux côtés de Gaza et de Jérusalem, la Cisjordanie est aussi au cœur des récentes tensions, les forces de sécurité y renforçant leurs opérations après la mort de quatorze personnes dans une série d’attentats terroristes commis par des Arabes israéliens et par des Palestiniens.

Les troupes ont fait de nombreux raids en Cisjordanie en riposte aux attaques et au moins 18 Palestiniens ont été tués dans des affrontements avec les forces israéliennes. Vendredi matin, un Palestinien d’une vingtaine d’années, qui avait été blessé par balle après avoir apparemment jeté un explosif présumé en direction des soldats dans la ville de Yamoun, lundi, a succombé à ses blessures.

L’AFP a contribué à cet article.

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