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Homesh: des soldats et des Palestiniens attaqués par des résidents d’implantations

Selon Tsahal, un véhicule israélien aurait délibérément foncé sur deux soldats et un autre aurait été attaqué en tentant de stopper des jets de pierres

Des personnes marchent près du château d'eau sur les ruines de Homesh, le 27 août 2019. (Crédit : Hillel Maeir/Flash90)
Des personnes marchent près du château d'eau sur les ruines de Homesh, le 27 août 2019. (Crédit : Hillel Maeir/Flash90)

L’armée israélienne a annoncé qu’un automobiliste israélien avait foncé sur des soldats en faction au poste de contrôle en Cisjordanie, ce lundi.

Deux soldats ont été percutés par la voiture près de l’avant-poste illégal de Homesh, sans nécessiter d’hospitalisation, a précisé l’armée.

Il s’agit, selon Tshal, de l’un des deux récents « incidents violents » [récemment survenus] dans la région. La voiture est décrite comme israélienne, ce qui signifie probablement qu’elle portait des plaques d’immatriculation israéliennes.

L’armée n’a pas précisé si l’agresseur présumé avait été arrêté ou si des soldats avaient ouvert le feu. Contrairement au cas d’attaques similaires menées par des Palestiniens, il n’a pas qualifié l’incident de « terroriste ».

L’incident est survenu deux jours après l’attaque de soldats par des résidents d’implantations à Homesh, a annoncé lundi l’armée.

Samedi soir, un groupe d’habitants des implantations s’est présenté à bord d’un véhicule à hauteur du poste de contrôle militaire, près de l’avant-poste. Les occupants du véhicule ont commencé à jeter des pierres sur les véhicules palestiniens, a déclaré Tsahal.

Les soldats stationnés au poste de contrôle ont tenté d’arrêter les jets de pierres et un soldat a alors été agressé par l’un des résidents, a indiqué l’armée dans un communiqué.

Aucune arrestation n’a été annoncée à la suite de cet incident, mais les deux attaques présumées ont été signalées à la police, a déclaré Tsahal.

La violence des résidents d’implantations s’est accrue ces derniers mois, et on voit parfois des soldats se tenir à l’écart lorsque les incidents se produisent. Les soldats sont légalement autorisés – voire tenus dans certains cas – d’intervenir pour prévenir les attaques violentes, quelle que soit la nationalité des auteurs de ces attaques. L’armée préfère généralement que la police prenne en charge ces violences, de même que les arrestations de résidents d’implantations, mais la police n’est pas aussi présente en Cisjordanie.

Des habitants juifs d’implantations jettent des pierres en direction de maisons palestiniennes, juste après les funérailles de Yehuda Dimentman, 25 ans, tué lors d’une attaque par un tireur palestinien, dans le village de Burqa en Cisjordanie, vendredi 17 décembre 2021. (AP Photo/Majdi Mohammed)

Plus tôt ce mois-ci, huit suspects – tous étudiants dans une yeshiva de l’avant-poste illégal – ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir agressé des soldats de Tsahal et des Palestiniens dans le nord de la Cisjordanie en janvier. Six d’entre eux ont été assignés à résidence et deux n’ont pas été traduits en justice à l’issue leur détention provisoire, selon la radio publique Kan.

L’implantation illégale a été officiellement démantelée en 2005, mais une yeshiva extrémiste a continué à fonctionner quotidiennement, sans intervention de l’armée, en violation directe de la loi israélienne.

En décembre, l’un des étudiants de la yeshiva, Yehuda Dimentman, a été abattu lors d’une attaque terroriste à l’extérieur de l’établissement, alors qu’il rentrait chez lui. L’attaque a relancé le débat public sur Homesh, certains à gauche en Israël appelant l’armée à imposer la fermeture du site, tandis que ceux de droite ont plaidé pour qu’il soit légalisé.

En réponse à l’annonce de l’armée lundi, [les responsables de] la yeshiva Homesh ont indiqué qu’il s’agissait d’un « mensonge éhonté ».

« Mensonges et mensonges ! Il s’agit d’une campagne menée contre les étudiants de la Yeshiva de Homesh ! Le sang coule depuis le meurtre de leur ami ! » ont-ils déclaré, évoquant Dimentman.

« Aucune pierre n’a été jetée pas plus que, Dieu nous en garde, aucun soldat de Tsahal n’a été écrasé. Les soldats de Tsahal sont nos frères ! Arrêtez de mentir et de propager cette haine infondée ! », ont-ils ajouté.

L’organe de surveillance des implantations de La Paix Maintenant avait déclaré dans un rapport publié en décembre l’an dernier qu’une majorité – 63 % – des attaques de résidents d’implantations contre des Palestiniens et l’armée, en 2021, s’étaient produites à proximité d’avant-postes illégaux.

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