Incendies, menaces de guerre n’ont pas influé le vote des villes proches de Gaza
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Incendies, menaces de guerre n’ont pas influé le vote des villes proches de Gaza

Les villes prés de la bande de Gaza, touchées par des centaines de roquettes cette année, ont surtout voté pour des partis centristes et de gauche, sauf Sderot, bastion du Likud

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un homme inspecte les dégâts causés à sa maison par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, dans la ville de Sdérot, au sud d'Israël, près de la frontière avec Gaza, le 25 mars 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Un homme inspecte les dégâts causés à sa maison par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, dans la ville de Sdérot, au sud d'Israël, près de la frontière avec Gaza, le 25 mars 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Une année d’attaques à la roquette, d’engins incendiaires et explosifs transportés par ballons et de menaces de guerre quasi constantes n’a pas semblé affecter les habitudes de vote des dizaines de milliers d’Israéliens vivant dans les communautés autour de la bande de Gaza lors des élections nationales qui se sont tenues mardi.

Les 56 communautés qui composent la zone connue en Israël sous le nom d’enveloppe de Gaza ont voté à peu près de la même manière que lors des élections de 2015.

Au cours de l’année écoulée, les tensions se sont intensifiées à la frontière de Gaza, avec des émeutes régulières le long de la clôture de sécurité et le lancement de milliers d’engins incendiaires aéroportés et d’explosifs dans le sud d’Israël, qui ont brûlé de vastes étendues de terres agricoles dans la région l’été dernier et forcé les agriculteurs à récolter leurs produits au début de cette année. Des combats à grande échelle ont également éclaté à plusieurs reprises, avec plus de 1 000 roquettes et obus de mortier tirés sur Israël depuis la bande de Gaza, dont un cas en novembre qui a vu plus de 500 projectiles tirés pendant les deux jours de bataille.

Cette situation a suscité des protestations de la part des habitants et des élus de la périphérie de Gaza, qui se sont plaints d’avoir été abandonnés par le gouvernement.

Pourtant, cette colère ne semble pas s’être traduite par des changements électoraux importants dans la région.

Amir Peretz, membre du Parti travailliste à la Knesset, et son épouse ont déposé leur bulletin de vote à un bureau de vote dans la ville de Sdérot, dans le sud du pays, le 9 avril 2019. (Flash90)

Selon la commission centrale électorale, mardi, 38,3 % des électeurs de ces localités ont voté pour des partis centristes ou de gauche : Parti travailliste, Kakhol lavan, ou Meretz. Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, est un ancien chef d’état-major de Tsahal qui a supervisé la guerre entre Israël et les groupes terroristes de Gaza en 2014.

En 2015, ce même bloc a obtenu 38,9 % des voix de l’enveloppe de Gaza.

Il y a eu une différence légèrement plus grande dans les habitudes de vote des partis de droite entre 2015 et 2019, mais cela semble découler de changements au sein du bloc conservateur, plutôt que de changements dans l’idéologie de ces électeurs.

Cette élection a vu la création du parti HaYamin HaHadash de Naftali Bennett, le regroupement de trois partis d’extrême droite distincts au sein de l’Union des partis de droite et la dissolution du parti Yahad d’Eli Yishai, ainsi que l’apparition du parti Zehut de Moshe Feiglin et du parti Gesher de Orly Levy-Abekasis, qui sont difficiles à localiser sur le spectre gauche-droite actuel d’Israël, mais semblent attirer les électeurs conservateurs.

Cette année, le Likud, Yisrael Beytenu, l’Union des partis de droite, Koulanou et HaYamin HaHadash ont obtenu un peu plus de la moitié – 50,5 % – des voix des localités frontalières de Gaza, contre 54,5 % en 2015.

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan (à gauche) et le maire Alon Davidi visitent un bureau de vote dans la ville de Sderot, le 9 avril 2019. (Flash90)

La ville de Sdérot, avec ses quelque 25 000 habitants, soit près de la moitié de la population de l’enveloppe de Gaza, a longtemps été un bastion du Likud et est restée très conservatrice lors des élections, avec plus des deux tiers de ses voix attribuées aux partis de droite.

Les autres localités de la périphérie de Gaza ont voté principalement à gauche et au centre, à quelques exceptions près, comme elles l’ont fait en 2015.

Rafi Peretz, chef du parti de droite HaBayit HaYehudi, embrasse un militant devant un bureau de vote dans la ville de Sdérot, au sud d’Israël, le 9 avril 2019. (Flash90)

Hormis Sdérot, les partis de gauche et centristes – Parti travailliste, Kakhol lavan et Meretz – ont obtenu 58,3 % des voix, soit presque le même nombre que lors des précédentes élections.

Les localités religieuses de l’enveloppe de Gaza, comme Naveh et Bnei Netzarim, qui ont voté massivement pour l’Union des partis de droite et d’autres partis de droite, ont fait exception à cette règle.

Avec plus de 97 % des bulletins de vote dépouillés, et son parti du Likud et ses partis de droite et religieux semblant prêts à remporter la majorité des sièges à la Knesset, le Premier ministre Benjamin Netanyahu est sorti des élections de mardi dans la meilleure position pour former une coalition.

« Tout gouvernement formé (en Israël) est un gouvernement d’occupation de notre territoire et nous devons l’affronter avec une volonté nationale et un projet unifié », a affirmé le groupe terroriste palestinien du Hamas.

« Tous les partis sionistes sont les faces d’une même pièce: l’occupation », a-t-il ajouté.

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