Iran : ‘Le lobbying sioniste’ derrière la loi américaine sur les visas
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Iran : ‘Le lobbying sioniste’ derrière la loi américaine sur les visas

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères indique que Téhéran restera « méfiant » à l'égard des Etats-Unis

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l'Iran, Hossein Ansari Jaberi lors d'une conférence de presse hebdomadaire, à Téhéran, en Iran, le 14 décembre 2015 (Crédit : AFP / ATTA KENARE)
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l'Iran, Hossein Ansari Jaberi lors d'une conférence de presse hebdomadaire, à Téhéran, en Iran, le 14 décembre 2015 (Crédit : AFP / ATTA KENARE)

Téhéran a estimé dimanche qu’une loi américaine imposant des visas aux ressortissants de 38 pays ayant visité l’Iran au cours des cinq dernières années est contraire à l’accord nucléaire avec les grandes puissances, a rapporté l’agence Isna.

L’Iran a également affirmé lundi qu’Israël était à blâmer pour la récente décision du Congrès américain d’exclure les Iraniens et les personnes qui ont visité l’Iran du programme d’exemption de visa d’entrée pour le pays.

Selon Reuters, Hossein Ansari Jaberi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Téhéran, a déclaré que la décision américaine a été adoptée « sous la pression du lobby sioniste » et d’autres « courants » s’opposant à l’accord nucléaire entre l’Iran et les puissances mondiales.

« Cette loi affectera certainement les échanges économiques, touristiques, scientifiques et culturels de l’Iran et elle est en contradiction avec l’accord nucléaire », a déclaré Abbas Araghchi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Les touristes de 38 pays, dont 30 en Europe, ne pourront plus entrer sans visa aux Etats-Unis s’ils sont allés récemment en Irak, Syrie, Soudan ou en Iran, selon une loi adoptée vendredi par le Congrès américain et promulguée par le président Barack Obama.

La mesure, qui a été promulguée vendredi par le président américain Barack Obama fait partie de la grande loi budgétaire américaine qui prévoit des dépenses qui s’élèvent à 1,1 trillion de dollars, est une mesure de sécurité qui a été introduite suite aux récentes attaques terroristes de Paris et à San Bernardino, en Californie.

Ceux qui ont la double nationalité avec ces quatre pays sont aussi concernés par ce durcissement des conditions d’entrée sur le territoire américain qui s’appliquent également à la Syrie, l’Irak et le Soudan.

Ansari a également averti que l’Iran garderait un œil sur la façon dont les États-Unis mettront en œuvre les termes du plan global d’action conjoint [JCPO] – l’accord sur le nucléaire – et qu’il adaptera ses propres actions à celles des États-Unis, a signalé l’agence de presse iranienne Fars Nouvelles.

« Nous sommes en négociation avec un parti qui a longtemps été méfiant et a agi contre l’Iran avant et après la Révolution islamique, et dans une telle atmosphère des négociations sont en cours avec la plus grande vigilance et se fondent sur les complications de l’arène politique et en tenant compte des possibilités », a-t-il poursuivi.

« Les entreprises de l’administration américaine dans le cadre du plan global d’action conjoint sont notre étalon et le critère pour la République islamique est la réalisation et les actions [des États-Unis], en plus des mots, et nous espérons que la réalisation [appropriée] permettra au présent chemin [de remplir l’accord nucléaire] et de continuer », a ajouté Ansari, selon l’article.

« Sinon, la République islamique poursuivra un chemin qui répondra aux intérêts de la nation iranienne sur la base des politiques qui seront adoptées », a-t-il averti.

L’ambassadeur de l’Union européenne à Washington a dénoncé une loi « discriminatoire », sans effet sur la sécurité, alors que le programme d’exemption de visas garantit déjà des bonnes pratiques sécuritaires entre pays partenaires, et le partage de bases de données judiciaires et terroristes.

Concrètement, les ressortissants concernés des 38 pays partenaires (30 en Europe, plus le Japon, l’Australie, le Chili…) ne pourront plus prendre l’avion vers les Etats-Unis sans avoir obtenu préalablement un visa auprès d’un consulat américain, rejoignant ainsi le lot des citoyens chinois, brésiliens ou polonais.

Araghchi a affirmé que des consultations avaient été menées avec les pays européens pour contrer cette loi.
« Si cette loi entre en application, nous allons présenter une requête à la commission conjointe (prévue par l’accord nucléaire, ndlr) car la loi est contraire » au texte, a déclaré Araghchi.

L’accord nucléaire conclu en juillet dernier entre l’Iran et les grandes puissances (Etats-Unis, France, Royaume-Unis, Russie, Chine et Allemagne) prévoit une limitation du programme nucléaire iranien contre une levée partielle et réversible des sanctions internationales.

Les puissances mondiales, y compris les Etats-Unis se sont engagés à s’abstenir de mettre en œuvre toute politique visant à nuire à la normalisation des relations commerciales et économiques avec l’Iran.

Dans une lettre à son homologue iranien, la secrétaire d’Etat américain John Kerry, samedi, a rassuré l’Iran que la loi « ne nous empêchera en aucune façon nous de respecter nos engagements du JCPOA ».

Kerry a noté la lettre adressée à Mohammad Javad Zarif qu’il y a « un certain nombre d’outils possibles », y compris des visas à entrées multiples pour dix ans et des programmes visant à accélérer les visas d’affaires.

La levée des sanctions internationales doit intervenir d’ici la fin du mois de janvier après que l’Iran aura mis en œuvre ses propres engagements pour limiter son programme nucléaire.

Ces derniers jours, de nombreux responsables et acteurs de la société civile iranienne ont critiqué la loi américaine qui complique les relations entre l’Iran et le reste du monde.

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