Iran : Les Gardiens de la Révolution se félicitent d’avoir abattu le drone US
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Iran : Les Gardiens de la Révolution se félicitent d’avoir abattu le drone US

Des sources ont dit au "New York Times" que l'unité militaire d'élite a été surprise par le succès de l'opération et qu'elle avait simplement tenté de voir si elle était possible

Le chef de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution, le général de brigade Amir Ali Hajizadeh, examine les débris de ce que la division décrit comme le drone américain qui a été abattu jeudi 21 juin 2019 à Téhéran, Iran. (Meghdad Madadi/Tasnim News Agency/via AP)
Le chef de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution, le général de brigade Amir Ali Hajizadeh, examine les débris de ce que la division décrit comme le drone américain qui a été abattu jeudi 21 juin 2019 à Téhéran, Iran. (Meghdad Madadi/Tasnim News Agency/via AP)

Une trentaine de responsables du Corps des Gardiens de la Révolution islamique iraniens et leurs invités se sont réunis jeudi soir dans une villa de Téhéran pour fêter le crash d’un drone des États-Unis.

« Une félicitation spéciale pour le commandant qui a ordonné l’attaque du drone américain et pour les combattants qui l’ont menée », a déclaré un prédicateur, selon un invité qui a échangé avec le New York Times.

Selon l’article, les responsables des Gardiens de la Révolution ont été quelque peu surpris d’avoir réussi à tirer sur le drone en plein ciel et n’avait en fait tenté l’opération que pour voir si cela était possible, selon cet invité, et quatre autres, dont deux membres supérieurs actuels des Gardiens, et deux anciens membres.

Selon les sources, l’unité militaire d’élite, qui ne relève que de l’Ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême, a été exaspérée par les récentes déclarations de l’administration Trump qui remettaient en question les capacités de l’IRGC.

Les responsables ont ressenti encore plus de joie lorsqu’ils ont appris que le président américain Donald Trump avait annulé les frappes de représailles 10 minutes avant leur exécution, après avoir appris que quelque 150 personnes risquaient la mort.

Les membres des Gardiens de la Révolution durant une parade militaire au mausolée de l’Ayatollah Khomeini, en périphérie de Téhéran, le 22 septembre 2019. (Crédit : AP/ Ebrahim Noroozi)

L’attaque avortée aurait constitué le cas le plus proche d’une attaque militaire directe des États-Unis contre l’Iran depuis que le gouvernement s’est retiré de l’accord international de 2015 visant à freiner le programme nucléaire iranien et a lancé une campagne de pression économique croissante contre la République islamique.

« Ce qui s’est passé au cours des dernières 48 heures a été extrêmement important pour montrer la puissance de l’Iran et forcer les Etats-Unis à reconsidérer la situation », a déclaré au Times Naser Imani, analyste politique et ancien membre du bureau politique des Gardiens.

Un commandant en chef des Gardiens a déclaré vendredi que l’Iran aurait pu abattre un avion transportant du personnel américain jeudi, mais a choisi de ne pas le faire.

Les États-Unis auraient lancé des cyber-attaques contre les systèmes iraniens de contrôle des missiles et un réseau d’espionnage en réaction à l’attaque du drone. L’attaque a paralysé les ordinateurs utilisés pour contrôler les tirs de roquettes et de missiles, selon le Washington Post, qui a cité des personnes au fait de cette question.

Le président américain Donald Trump écoute une question lors d’une rencontre avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 20 juin 2019. (AP Photo/Evan Vucci)

L’abattage du drone – Washington affirme qu’il se trouvait au-dessus des eaux internationales ; Téhéran dit qu’il se trouvait dans son espace aérien – a fait monter les tensions entre les deux pays après une série d’attaques contre des pétroliers, que les États-Unis et leur fidèle allié, l’Arabie saoudite, ainsi que, semble-t-il, Israël, attribuent à l’Iran.

Téhéran nie avoir été à l’origine de ces attaques, mais a souvent menacé par le passé de bloquer les voies maritimes vitales à l’entrée et à la sortie du Golfe.

Un haut responsable militaire iranien a promis samedi de « mettre le feu aux intérêts de l’Amérique et de ses alliés » si les Etats-Unis attaquaient.

Les tensions entre Téhéran et Washington ont fortement augmenté depuis le mois de mai 2018, lorsque Trump a unilatéralement abandonné un accord nucléaire historique de 2015 entre les grandes puissances et l’Iran, et réimposé des sanctions radicales. L’accord international visait à limiter le programme nucléaire de l’Iran en échange d’un allégement des sanctions antérieures.

Depuis, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire au Moyen-Orient et ont placé les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste noire des organisations terroristes.

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