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Israël annonce de grands projets de développement d’énergies renouvelables

NewMed, qui exploite les champs gaziers de Leviathan et Tamar, et Enlight Energy vont se lancer dans la production d'énergie verte dans la région

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Éoliennes en Jordanie, novembre 2021. (Crédit : RnDmS via iStock by Getty Images)
Éoliennes en Jordanie, novembre 2021. (Crédit : RnDmS via iStock by Getty Images)

Les sociétés énergétiques israéliennes Enlight Energy et NewMed Energy, anciennement Delek Drilling (qui fait partie du groupe Delek de Yitzhak Tshuva), ont annoncé cette semaine un plan visant à développer, financer, construire et gérer conjointement des projets d’énergie renouvelable au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, y compris dans des pays avec lesquels Israël n’a pas de liens diplomatiques officiels.

Les entreprises ont déclaré que leur partenariat visera à s’introduire dans les marchés des énergies renouvelables au Maroc, aux Émirats arabes unis et au Bahreïn – signataires des accords d’Abraham négociés par les États-Unis – ainsi que les géants pétroliers tels que l’Arabie saoudite et Oman, avec lesquels Israël entretiendrait secrètement de chaleureuses relations. Les pays voisins, l’Égypte et la Jordanie, avec lesquels Israël a conclu des accords de paix et d’exportation de gaz naturel, figuraient également sur la liste. En juin, Israël a signé un nouvel accord avec Le Caire et l’Union européenne pour exporter du gaz naturel vers le bloc via l’Égypte.

Enlight et NewMed ont déclaré qu’ils prévoyaient de travailler sur des projets liés à l’énergie solaire, à l’énergie éolienne et au stockage de l’énergie dans ces pays et d’explorer de nouvelles opportunités dans la région.

Enlight est spécialisée dans le développement et le financement de projets d’énergie renouvelable tels que des installations solaires et éoliennes qui génèrent de l’énergie verte dans le monde entier, avec des projets en cours en Israël, aux États-Unis, en Suède, en Espagne, en Serbie, en Hongrie et en Croatie. La société a été fondée en 2008 et est cotée à la Bourse de Tel Aviv.

Delek Drilling, aux côtés de différents partenaires, a dirigé la découverte et le développement des champs de gaz naturel israéliens Leviathan, Tamar, Karish et Tanin, au large de la côte méditerranéenne. En vertu d’un accord-cadre controversé sur le gaz naturel conclu en 2015, le gouvernement israélien a exigé que Delek vende ses actions dans Tamar, Karish et Tanin afin de mettre un terme à son monopole et à celui de ses partenaires.

La société a vendu toutes ses actions dans Karish et Tanin en 2016 à la société grecque Energean, dont le siège est à Londres, et a finalisé l’année dernière la vente de 22 % de ses parts dans Tamar à Mubadala Petroleum d’Abou Dhabi, une unité de la société gouvernementale Mubadala Investment Company, pour environ un milliard de dollars.

Le PDG de Delek Drilling, Yossi Abu, a déclaré à l’époque que cette transaction était une « brique essentielle du mur d’amitié et de collaboration » que la société a bâti dans la région du Moyen-Orient.

Le champ gazier de Tamar. (Crédit : NewMed Energy/Delek Drilling)

Suite à la vente, Delek Drilling détenait 45,3 % des parts dans Leviathan, qui contenait une quantité de gaz estimée à 6,7 billions de mètres cubes. Faisant partie du Delek Group, dont l’actionnaire majoritaire a défié une figure controversée en Israël, Delek Drilling a déclaré des bénéfices nets pour 2021 de 405 millions de dollars, des actifs totalisant plus de 385 millions de dollars et des redevances à l’État de 128 millions de dollars.

Israël avait créé un fonds souverain à la suite de la découverte de gaz naturel à la fin des années 2000 pour investir la manne énergétique attendue – au nom de l’État (il en est tout autre pour les consommateurs qui continuent à payer des prix élevés pour l’électricité) – ainsi que les produits de l’extraction d’autres ressources naturelles, comme les minéraux et la pierre.

Les opérations d’extraction de gaz naturel d’Israël ont mis le pays sur la voie de l’indépendance énergétique – et l’ont protégé du pire suite à la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine cette année – dans une région où les ressources naturelles sont rares. L’Arabie saoudite est une exception, en tant que premier exportateur de pétrole brut au monde et pays possédant officiellement les deuxièmes réserves les plus importantes, avec 15 % de toutes les réserves mondiales.

Des réservoirs de stockage à l’usine de vrac de Jiddah Nord, une installation pétrolière d’Aramco, à Jiddah, en Arabie saoudite, le 15 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Amr Nabil, Dossier)

La plupart des pays cherchent à augmenter leur production d’énergie à partir de sources renouvelables dans le contexte croissant du dérèglement climatique.

Le dernier objectif d’Israël est de produire 40 % de son électricité à partir de sources renouvelables, principalement de l’énergie solaire, d’ici à 2030.

Un nouvel accord controversé sur le climat, accepté en novembre par près de 200 pays, prévoit à terme la fin de certaines centrales au charbon et des subventions aux combustibles fossiles.

Rebranding et pivot

En février, Delek Drilling a changé de nom pour devenir NewMed Energy, annonçant l’expansion de Leviathan, l’exploration de nouveaux marchés et l’entrée dans les domaines des énergies alternatives (comme l’hydrogène et la capture du carbone) et des énergies renouvelables. NewMed a déclaré à l’époque qu’elle était en pourparlers avancés avec le Maroc pour obtenir des licences d’exploration dans le royaume nord-africain.

Abu s’est dit enthousiasmé par l’accord entre la nouvelle société et Enlight, ajoutant : « De même que nous avons apporté la révolution du gaz aux pays de la région, nous nous efforcerons d’apporter la révolution des énergies renouvelables. »

De gauche à droite : Le PDG de Delek Drilling, Yossi Abu, avec le Dr Bakheet Al Katheeri, directeur exécutif – UAE Industries, Mubadala Investment Company, et Mansoor Mohamed Al Hamed, PDG, Mubadala Petroleum, tous deux à l’écran, en septembre 2021. (Crédit : Refi Daloya)

Le PDG de NewMed a personnellement fait partie de l’accord conjoint, en signant en tant que tiers. Son inclusion « reconnaît son unique expérience et le vaste réseau de relations qu’il a forgé ces dernières années dans la région en tant que PDG de NewMed Energy », a déclaré la société.

Enlight sera le principal actionnaire de contrôle pendant la phase de construction et la phase opérationnelle du nouveau partenariat, et en détiendra 70 % conjointement avec Abu (qui, à son tour, détiendra une part de 30 % dans le partenariat avec Enlight).

Gilad Yavetz, PDG d’Enlight, a déclaré que les événements régionaux de ces dernières années ont conduit à « l’émergence d’une opportunité sans précédent, qui a commencé avec le gaz naturel et qui s’étendra au secteur des énergies renouvelables ».

« Notre partenariat a l’unique potentiel de fournir des opérations d’énergie renouvelable à grande échelle à travers la région », a déclaré Yavetz dans une annonce de la société.

Les entreprises prévoient de faire appel à des partenaires locaux pour faire avancer et mettre en œuvre tout projet, ont-elles précisé.

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