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Le fonds souverain exclut d’investir ses recettes dans les énergies fossiles

Yarom Ariav a déclaré devant les députés que le Fonds investira son milliard de shekels issu des extractions d'énergie fossiles dans des billets négociés en bourse

Vue aérienne de la plate-forme de traitement de gaz Tamar au large de la ville côtière d'Ashkelon, au sud du pays, le 23 juin 2014. (Moshe Shai/Flash90)
Vue aérienne de la plate-forme de traitement de gaz Tamar au large de la ville côtière d'Ashkelon, au sud du pays, le 23 juin 2014. (Moshe Shai/Flash90)

Un fonds souverain qui a été établi en Israël pour recueillir les recettes de l’extraction de gaz offshore ne réinvestira pas l’argent perçu dans les compagnies pétrolières et gazières, a déclaré le responsable en charge de ce fonds, mardi.

Le conseil d’administration du fonds des citoyens israéliens a décidé « d’éviter les investissements directs » dans les entreprises qui procèdent à l’extraction et à la production de pétrole et de gaz, a déclaré Yarom Ariav devant la commission chargée de superviser le Fonds à la Knesset. Il a précisé qu’une somme avoisinant les 350 millions de dollars avait été déposée dans le Fonds jusqu’à présent.

S’exprimant en son nom propre, Ariav a déclaré que ce renoncement aux investissements dans les énergies fossiles se justifiait par des raisons à la fois éthiques et économiques.

Le fonds a été établi, ces dernières années, suite à la découverte de gaz naturel et à des fins d’investissement face à cette manne énergétique inattendue. Il recueillera aussi les recettes issues des activités d’extraction d’autres ressources naturelles – comme l’exploitation des minéraux et des roches.

Le fonds n’a commencé à être utilisé que le 1er juin – très longtemps après les prévisions initiales – après avoir franchi le seuil de revenu requis d’un milliard de shekels.

Il a été annoncé devant la commission que 1,14 million de shekels étaient arrivés dans le Fonds et qu’ils avaient d’ores et déjà été convertis en dollars – soit 342 millions de dollars.

Aucune recette n’est attendue jusqu’au mois de mai.

Ariav, économiste, ancien directeur-général du ministère des Finances et ancien président et directeur-général d’ICL Fertilizers Europe, est tenu de présenter les activités du Fonds à la Knesset tous les trois mois. Le rapport qui a été fait mardi devant les parlementaires est le premier depuis que le Fonds a commencé à être utilisé.

Yarom Ariav. (Crédit :Lisa Molko, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

Il a expliqué que le groupe directeur se mettrait en quête d’investissements sur quarante ans pour limiter les risques et pour atteindre l’objectif poursuivi par la loi, qui était de bénéficier aux futures générations.

Pour éviter les fluctuations des taux de change, le Fonds utilisera le dollar pour procéder à ses investissements – même s’il pourra également investir dans d’autres devises.

Jusqu’à la détermination finale de la stratégie à long-terme d’investissement, la commission adoptera une approche de prudence face à l’argent qui se trouve d’ores et déjà dans le Fonds et elle l’investira dans des billets négociés en bourse en Europe et aux États-Unis, a indiqué Ariav.

Le fonds entrera sur le marché alors que ce dernier est actuellement secoué par d’importante pertes causées par l’inflation qui grimpe en flèche. Le marché, par exemple, est en baisse persistante à Wall Street.

Pour se prémunir face aux risques, l’argent qui se trouve actuellement dans le fonds sera lentement investi avec des investissements hebdomadaires sur une période de quatre mois, a-t-il ajouté.

Le fonds devrait avoir un budget opérationnel annuel, en 2022 et en 2023, de 3 millions de shekels, a indiqué Amir Katznelson, haut-conseiller du ministre des Finances Avigdor Liberman, qui préside le conseil d’administration du Fonds.

L’ICL devra payer sa part au fonds souverain pour l’exploitation des minéraux de la mer Morte. (Crédit : Oded Rahav)

Un représentant de la Banque d’Israël a déclaré que les fonds se trouvaient déjà dans le Federal Reserve System et que l’ouverture d’un compte à la Bank of New York étaient en cours, ainsi que la finalisation des documents permettant de réaliser des opérations bancaires – comme les transferts par SWIFT.

Concernant la transparence des investissements, un économiste du Centre de recherche et d’information de la Knesset a expliqué qu’il avait réexaminé les règles régissant des fonds similaires en Australie, en Corée du sud, Singapour, et en Norvège.

La Norvège a donné des informations sur les 20 entreprises ayant bénéficié des plus importants investissements, a-t-il précisé, les trois autres pays ayant annoncé la manière dont l’argent a été investi sans préciser où.

La Knesset avait adopté une loi prônant l’établissement du fonds en 2014 alors que le pays se préparait à devenir un exportateur énergétique grâce aux gisements de gaz découverts dans l’Est de la méditerranée.

La plate-forme du champ de gaz naturel Leviathan en mer Méditerranée photographiée depuis la plage de Dor, au nord d’Israël, le 31 décembre 2019. (Jack Guez/AFP)

La loi avait déterminé que le capital du fonds ne pourrait être investi qu’à l’étranger, en devises, pour protéger la stabilité du shekel. Elle avait établi que 3,5 % des revenus d’investissement au maximum pouvaient être consacrés chaque année à des projets sociaux, économiques et éducatifs pendant les neuf premières années. Elle avait également créé un conseil chargé d’approuver les investissements et les initiatives plus larges prises au niveau stratégique.

Ce conseil de sept membres inclut des représentants du bureau du Premier ministre, du ministère des Finances et de la banque d’Israël, ainsi que les économistes et des experts publics. Son rôle est de déterminer les politiques entourant les investissements de superviser leur mise en œuvre. Il fournit par ailleurs, chaque année, une proposition au ministre des Finances sur la manière dont dépenser les fonds et il est chargé de nommer le directeur d’un département qui, au sein de la Banque d’Israël, est chargé de mener à bien le travail courant.

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