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Israël au 2e rang mondial pour l’investissement dans les protéines alternatives

Pour GFI Israël, la FoodTech israélienne a été peu affectée par le ralentissement du marché et 60% des investissements sont allés à des startups de protéines alternatives

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

De gauche à droite : le steak à base de plantes de Redefine Meat, les filets de saumon à base de plantes de Plantish et l’œuf à base de plantes de la start-up israélienne Yo! egg. (Crédits : Redefine Meat, Plantish, Yo! Egg)
De gauche à droite : le steak à base de plantes de Redefine Meat, les filets de saumon à base de plantes de Plantish et l’œuf à base de plantes de la start-up israélienne Yo! egg. (Crédits : Redefine Meat, Plantish, Yo! Egg)

En 2022, Israël s’est classé deuxième après les États-Unis en matière d’investissements dans les protéines alternatives.

Selon une information publiée dimanche par le Good Food Institute (GFI) Israël, ONG qui promeut la recherche et l’innovation en matière alimentaire, les startups israéliennes ont levé pas moins de 454 millions de dollars.

L’institut estime que ces 454 millions de dollars investis dans les protéines alternatives, segment très dynamique de la FoodTech israélienne, ont représenté l’an dernier 15 % environ de l’ensemble des capitaux levés dans le monde dans le secteur, au deuxième rang derrière les États-Unis.

En troisième position vient la France, avec 184 millions de dollars d’investissements, suivie de Singapour avec 170 millions de dollars.

Il s’agit toutefois d’une baisse, par rapport aux quelque 623 millions de dollars d’investissements réalisés par les startups locales du secteur en 2021.

L’an dernier, 60 % des investissements dans la FoodTech sont allés à des startups spécialisées dans les protéines alternatives, a indiqué GFI Israël.

Le secteur des protéines alternatives comprend les substituts végétaux à la viande, aux produits laitiers et aux œufs, les produits laitiers cultivés, la viande et les fruits de mer fabriqués à partir de cellules, ainsi que divers procédés et produits de fermentation.

Startups de protéines cultivées et startups spécialisées dans la fermentation sont souvent les mêmes.

« En 2022, le secteur a fait l’objet d’une course mondiale digne de celle aux armements : une véritable ruée sur les protéines », explique au Times of Israel Nir Goldstein, directeur de GFI Israël.

« De grands pays ont suivi le conseil donné par le président Biden, aux États Unis, pour la mise en place d’une stratégie destinée à développer les biotechnologies, ce qui inclut les protéines alternatives. La Chine a une stratégie quinquennale en la matière, et des pays plus petits comme le Royaume-Uni ou le Danemark ont fait des investissements importants, ce qui soulève la question de savoir quel est l’avenir d’Israël, start-up nation ? Avons-nous la capacité de nous développer au-delà ? »

« Nous pensons que les aliments doivent être fabriqués au plus près possible de l’endroit où ils sont consommés, pour des raisons écologiques et économiques, mais Israël peut devenir un centre de R&D et de fabrication industrielle. »

Nir Goldstein, directeur du Good Food Institute (GFI) Israël, organisation à but non lucratif qui promeut la recherche et l’innovation dans la FoodTech.

Toujours selon la même source d’information, dans le secteur des protéines fermentées, qui utilisent des micro-organismes comme les bactéries ou les champignons, Israël occupe également la deuxième place derrière les États-Unis, avec 18 % des investissements mondiaux (147 millions de dollars en 2022).

Dans le sous-secteur de la viande cultivée, les entreprises israéliennes ont capté un peu plus de 105 millions de dollars d’investissements, soit environ 12 % du total mondial en 2022, encore une fois au deuxième rang derrière les États-Unis.

Dans le secteur des protéines alternatives à base de plantes, les startups israéliennes ont attiré 200 millions de dollars de capitaux, soit 16 % des investissements mondiaux.

Ces douze derniers mois, 12 startups israéliennes se sont créées ou sont entrées sur le marché des protéines alternatives, quatre d’entre elles dans le secteur de la culture, quatre autres dans celui des plantes et les quatre dernières dans celui de la fermentation.

Au cours des deux dernières années, les startups spécialisées dans les protéines alternatives ont levé plus d’1 milliard de dollars de fonds auprès de sociétés de capital-risque.

Dans l’information publiée par GFI Israël, il est indiqué que les investissements dans la FoodTech en Israël ont été bien moins affectés par le ralentissement du marché que les autres secteurs de la Tech.

En effet, là où les investissements privés dans le secteur technologique en Israël ont chuté de 42 % en glissement annuel, les investissements des sociétés de capital-risque dans les startups de protéines alternatives ont diminué de 20 % seulement, passant de 553 millions de dollars en 2021 à 445 millions de dollars en 2022.

Le montant des capitaux levés par les startups de protéines alternatives via le marché boursier a chuté de 88 %, passant de 68 millions de dollars à 9 millions de dollars au cours de la même période.

« En 2021 et pendant la plus grande partie de l’année 2022, la question de la sécurité alimentaire est devenue cruciale, en raison de la crise en Ukraine et des effets de la pandémie, de la grippe porcine, etc. », explique Goldstein.

« Nous avons vu des gouvernements et, par la suite, des investisseurs réfléchir à la manière de se préparer à un avenir fait de hausses de prix des produits alimentaires toujours plus rapides et sévères. »

« Gouvernements et investisseurs cherchent le moyen de produire des protéines, de manière plus écologique et efficace », précise-t-il.

La start-up israélienne Remilk utilise un processus de fermentation à base de levure pour produire des protéines de lait sans animaux qui, selon la société, sont indentiques en tout point aux protéines du lait de vache, mais sans lactose, cholestérol et hormones de croissance. (Crédit : Victor Levi)

Le fait le plus notable dans le secteur israélien des protéines végétales, en 2022, est peut-être les 135 millions de dollars investis dans Redefine Meat, fabricant de produits carnés imprimés en 3D à base de plantes, pour l’établissement de chaînes de production en Israël et aux Pays-Bas et le développement de partenariats avec des restaurants.

La marque propose des morceaux d’agneau et de bœuf d’origine non animale, des hamburgers, des saucisses, des brochettes d’agneau et de bœuf haché, vendus dans quelque 200 restaurants et établissements, en Israël comme en Europe.

Le deuxième plus gros investissement dans une start-up israélienne de la FoodTech est allé à Remilk, avec 124 millions de dollars.

Remilk produit du lait et des produits laitiers garantis sans ingrédients d’origine animale.

La société utilise une fermentation à base de levures pour produire des protéines de lait qui, selon la société, sont absolument identiques au goût et aux qualités nutritionnelles des protéines du lait de vache, à ceci près qu’elles sont exemptes de lactose, de cholestérol et d’hormones de croissance.

Le ralentissement des marchés financiers a entraîné une baisse des investissements dans la Tech israélienne en 2022, mais les startups en phase de démarrage ont au contraire connu une hausse des apports.

Une tendance similaire a prévalu pour les investissements de démarrage dans les startups de protéines alternatives, qui ont augmenté de 130% en 2022 par rapport à l’année précédente, précise GFI Israël.

Bon nombre des technologies utilisées dans la foodtech sont liées à des études universitaires.

La technologie à l’œuvre derrière deux grandes entreprises israéliennes de viande cultivée, Aleph Farms et Future Meat, est adossée aux recherches en bio-ingénierie de leurs cofondateurs respectifs, la professeure Shulamit Levenberg, du Technion – Institut israélien de technologie, et le professeur Yaakov Nahmias, de l’Université hébraïque de Jérusalem.

Tous deux sont d’éminents chercheurs du secteur de l’ingénierie tissulaire.

En 2022, le gouvernement israélien a déclaré que la FoodTech figurait désormais parmi les cinq priorités du pays en termes d’investissements pour les cinq prochaines années.

Cette année, l’Autorité israélienne de l’innovation a annoncé le lancement d’un programme doté de 50 millions de shekels pour construire un centre de R & D de pointe spécialisé dans la fermentation des micro-organismes, comme les levures ou les champignons, et produire des protéines alternatives à plus grande échelle, afin de conserver une avance dans le domaine.

L’an dernier, l’Autorité israélienne de l’innovation a accordé 18 millions de dollars à ce qu’elle a qualifié de « plus grand consortium au monde » spécialisé dans le développement de viande cultivée, composé de 14 entreprises, dont des startups israéliennes de tout premier plan de la FoodTech, et 10 universités et instituts de recherche.

Ces dix dernières années, l’Autorité israélienne de l’innovation a alloué 230 millions de shekels de subventions à la FoodTech, dont plus de 140 millions de shekels pour les protéines alternatives.

Goldstein estime nécessaire que le gouvernement lance un programme national en matière de FoodTech et de protéines alternatives, comme il l’a fait, par exemple, pour les énergies renouvelables.

« Pour demeurer compétitifs alors que des pays étrangers investissent énormément d’argent pour faire que les startups israéliennes ouvrent des sites de production sur leur sol, nous devons agir rapidement et nous assurer d’avoir des projets précis pour le secteur universitaire et les startups en proie à des difficultés macroéconomiques, de même que pour les incitations industrielles et la réglementation. », précise Goldstein.

« Ce sont les quatre grands sujets sur lesquels le gouvernement devrait se pencher ces tout prochains mois. »

Goldstein suggère que le gouvernement israélien propose des prêts garantis par l’État pour permettre aux startups du secteur d’investir les « centaines de millions de dollars » nécessaires pour construire des usines.

« Cela permettrait aux startups de surmonter la pénurie relative d’investissements soutenus par du capital-risque dans les conditions actuelles du marché », ajoute-t-il.

Bien que les entreprises israéliennes continuent de se développer là où elles sont nées, une majorité d’entre elles partent s’installer à l’étranger, selon GFI Israël.

Remilk a ainsi annoncé en avril dernier son intention d’ouvrir la « plus grande usine au monde » pour la production de lait sans vache au Danemark.

« La R&D dans la FoodTech – et les protéines alternatives en particulier – est toujours très soutenue en Israël », assure Dror Bin, directeur de l’Institut pour l’Innovation en Israël.

« La plus importante des perspectives d’avenir est le développement de technologies permettant une production de masse, afin de gagner des clients dans le monde entier. »

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