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Israël aurait frappé le port de Lattaquié, causant des dégâts « massifs »

Des vidéos montrent de fortes explosions et des incendies sur le port - résultant probablement de l'explosion secondaire de munitions iraniennes

Des pompiers sur la scène d'une attaque aux missiles sur le port de Lattaquié, en Syrie, le 28 décembre 2021. (Crédit :  SANA via AP)
Des pompiers sur la scène d'une attaque aux missiles sur le port de Lattaquié, en Syrie, le 28 décembre 2021. (Crédit : SANA via AP)

Les avions israéliens ont bombardé le port de la ville côtière de Lattaquié, en Syrie, aux premières heures de la matinée de lundi, entraînant d’importantes explosions et des incendies. C’est la deuxième frappe présumée menée par l’État juif sur ce port au rôle déterminant.

Pendant des années, Israël a évité de frapper le port de Lattaquié en raison de l’importante présence des forces russes à proximité, et ce, même si l’Iran utiliserait ce terminal pour faire entrer des munitions de pointe en direction de ses groupes mandataires dans la région et, plus précisément, en direction du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

L’agence de presse d’État SANA a cité un responsable militaire non-identifié qui a déclaré que plusieurs missiles avaient frappé les entrepôts du port et que certains avaient brûlé. Il a précisé que les bombardements ont entraîné « des dégâts matériels massifs ».

De son côté, l’armée israélienne n’a pas fait de commentaire, fidèlement à sa politique mise en place.

Des images postées sur les réseaux sociaux montrent d’énormes explosions et des incendies dévastant le port, certains d’entre eux apparemment entraînés par l’explosion secondaire de munitions iraniennes.

Selon SANA, les bombes sont arrivées depuis la Méditerranée.

Le responsable de l’armée syrienne a fait savoir que des initiatives étaient encore en cours pour éteindre les incendies et évaluer les dégâts. Aucune victime n’a été signalée pour le moment. L’attaque a déclenché les systèmes de défense antiaérienne syriens, selon SANA.

La chaîne syrienne al-Ikhbariyah TV a diffusé des vidéos montrant des flammes et de la fumée s’élevant du terminal. Elle a fait savoir que des dégâts avaient été causés à des immeubles résidentiels avoisinants, à un hôpital, à des magasins et à des sites touristiques, près du port.

Selon un journaliste d’al-Ikhbariyah TV qui se trouvait dans la zone, ces frappes auraient été plus importantes que celles qui avaient eu lieu au début du mois et les explosions ont pu être entendues à Tartus, une autre ville côtière située à plus de 80 kilomètres de distance.

Jusqu’au début du mois, les attaques contre le port de Lattaquié étaient très irrégulières. Le port est une infrastructure vitale du territoire par laquelle transitent les importations entrant dans ce pays ravagé par la guerre et par le biais de laquelle l’Iran introduirait des armes et autres équipements pour ses milices.

Même si l’État juif a régulièrement mené des raids contre des cibles liées à l’Iran en Syrie, le pays n’a que rarement frappé Lattaquié – sans même parler de son terminal – les militaires russes ayant une base d’opération à proximité. En raison de sa relation délicate avec Moscou, Israël s’abstient habituellement de lancer des frappes contre des cibles si des soldats russes sont installés à proximité – même si Tsahal estime que cette politique, bien connue, a amené l’Iran à protéger ses transferts d’armement en les effectuant à proximité de secteurs contrôlés par la Russie.

Israël avait frappé, selon des informations, une cible dans la ville de Lattaquié en 2018 – même si ce n’était pas sur le port – en 2018, et un avion-espion russe avait accidentellement été abattu par les systèmes de défense antiaérienne syriens, entraînant une confrontation majeure entre Jérusalem et Moscou. L’État Juif aurait aussi mené des raids contre des cibles dans la ville portuaire en 2014 et à deux reprises en 2013.

Tsahal a mené des centaines d’attaques sur des cibles du territoire syrien, dans les secteurs contrôlés par le gouvernement, mais Israël ne reconnaît que rarement ces opérations, et ne les commente pas. Un grand nombre de ces bombardements ont visé, dans le passé, le principal aéroport de la capitale de Damas, aéroport qui serait aussi utilisé par l’Iran pour faire entrer ses armes.

Israël a néanmoins reconnu viser les bases des forces iraniennes et celles des groupes terroristes liés à la république islamique, en particulier le long de la frontière du Golan, comme le Hezbollah qui a déployé ses combattants dans le sud de la Syrie. Jérusalem a aussi expliqué attaquer les transports d’armement en direction de ces groupes.

Le Hezbollah combat aux côtés des forces du président syrien Bashar Assad dans cette guerre civile qui dure depuis une décennie.

Des flammes s’élèvent de conteneurs après une attaque israélienne au missile dans la ville côtière de Lattaquié, en Syrie, le 28 décembre 2021. (Crédit : SANA via AP)

Quelques heures après que les médias syriens ont accusé l’État juif d’avoir bombardé Lattaquié, au début du mois, le Premier ministre Naftali Bennett avait fait allusion à l’incident en disant que l’armée combattait en permanence les « forces malveillantes » au Moyen-Orient.

« Nous repoussons les forces malveillantes dans cette région jour et nuit », avait-il dit en anglais. « Et nous ne nous arrêterons pas une seule seconde. Cela arrive presque quotidiennement ».

« Face aux forces destructrices, nous continuerons à agir, nous allons persister et nous ne nous en lasserons pas », a-t-il continué.

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