Israël dément tout cessez-le-feu à Rafah pour l’entrée d’aide ou la sortie d’étrangers
Tsahal affirme que le Hamas continue à empêcher les civils palestiniens d'évacuer vers la partie sud de la bande de Gaza en prévision de l’incursion terrestre
Israël a démenti lundi des informations selon lesquelles il aurait consenti à un cessez-le-feu dans le sud de la bande de Gaza pour permettre l’ouverture du point de passage de Rafah, alors que les Etats-Unis et les médiateurs internationaux semblaient se rapprocher d’un accord concernant l’ouverture de la frontière avec l’Egypte pour permettre l’approvisionnement de l’aide dans la bande de Gaza et la sortie des étrangers.
« Pour l’instant, il n’y a pas de cessez-le-feu et d’entrée d’aide humanitaire dans la bande de Gaza ni de sortie d’étrangers », a indiqué un communiqué laconique du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Ce communiqué a été publié suite à l’annonce par l’agence de presse Reuters, citant deux responsables égyptiens de la sécurité, qui auraient affirmé qu’Israël avait accepté un cesser-le-feu qui devait entrer en vigueur à partir de 9 heures, dans le cadre d’un accord conclu avec l’Égypte et les États-Unis.
Israël a déclaré la guerre au groupe terroriste du Hamas a la suite de l’attaque perpétrée par des hordes de terroristes armés qui ont franchi la frontière israélienne le 7 octobre, pour tuer plus de 1 300 personnes en Israel, des civils pour la plupart.
Par ailleurs, l’armée a annoncé lundi qu’elle avait informé les proches de 199 personnes qui ont été kidnappées et emmenées à Gaza. Parmi les otages figurent de nombreux civils, dont des bébés, des enfants et des personnes âgées, ainsi que des soldats.
Au lendemain de l’attaque la plus meurtrière de son histoire, Israël a lancé une campagne de bombardements incessante sur la bande de Gaza, en prévision d’une incursion terrestre visant à éradiquer le Hamas, et a demandé à plus d’un million de Palestiniens, soit près de la moitié de la population du territoire, de quitter le nord de l’enclave pour se réfugier dans le sud.
Plusieurs ministres du Likud se sont opposés avec véhémence au cessez-le-feu temporaire annoncé, qui a été négociée par les États-Unis.
Le ministre de l’Énergie, Israël Katz, a déclaré qu’il « était farouchement opposé à l’ouverture du blocus et à l’entrée de produits humanitaires dans la bande de Gaza. »
« Notre engagement est envers les familles des otages assassinés et kidnappés, et non envers les assassins du Hamas et ceux qui les ont assistés », a-t-il déclaré.
Le ministre de la culture, Miki Zohar, s’est également opposé à cette mesure : « Ceux qui massacrent des enfants, violent des femmes et enlèvent des bébés ne méritent aucune pitié. »
Lundi, l’armée israélienne a annoncé pour la troisième journée la mise en place d’un corridor de sécurité permettant aux habitants de se déplacer du nord au sud entre 8 heures et midi, et a déclaré que plus de 600 000 personnes avaient déjà évacué la zone de la ville de Gaza.
L’armée a réitéré son avertissement aux habitants du nord de la bande de Gaza, les assurant que « les dirigeants du Hamas avaient déjà pris soin d’eux-mêmes et de leurs familles ».
Tsahal a indiqué qu’elle cherchait à éloigner les civils en prévision d’une incursion de grande envergure dans le nord de l’enclave, où les terroristes disposent de vastes réseaux de tunnels et de lance-roquettes.
Le Hamas a toutefois exhorté les habitants à rester chez eux, et l’armée israélienne a publié des photos montrant un barrage routier du Hamas empêchant toute circulation vers le sud.
Le principal porte-parole de l’armée, le contre-amiral Daniel Hagari, a déclaré lundi que le groupe terroriste du Hamas continuait d’empêcher les Palestiniens d’évacuer la partie nord de la bande de Gaza, et ce malgré les avertissements de Tsahal, annonçant un bombardement massif de la zone.
« Le Hamas empêche les habitants de Gaza de se rendre dans le sud de la bande. Le Hamas a prouvé sa cruauté à l’égard des habitants d’Israël et il le fait maintenant à l’égard des habitants de la ville de Gaza », a déclaré Hagari lors d’une conférence de presse.
Face à la diminution des réserves disponibles dans l’enclave, Israël a déclaré dimanche qu’il rétablissait l’approvisionnement en eau de la partie sud de la bande de Gaza.
« La décision de rétablir l’approvisionnement en eau dans le sud de la bande de Gaza a fait l’objet d’un accord entre le Premier ministre [Benjamin] Netanyahu et le Président américain [Joe] Biden, et poussera la population civile à se déplacer vers le sud [de la bande de Gaza] », a indiqué Katz.
Israël a massé des troupes à l’extérieur de la bande de Gaza en préparation de ce que l’armée a déclaré être une manœuvre terrestre, aérienne et maritime impliquant une « incursion terrestre significative ».
Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, depuis le début des hostilités, 2 670 Palestiniens ont été tués et 9 600 ont été blessés dans les bombardements de représailles israéliens.
On ne sait pas combien d’entre eux ont été tués par des roquettes qui ont atterri dans la bande de Gaza.
Israël a déclaré que les corps de 1 500 terroristes avaient été localisés dans le sud d’Israël.
Le président américain Joe Biden a affirmé dans une interview accordée à l’émission « 60 Minutes » de la chaîne CBS dimanche qu’il fallait « éliminer les extrémistes », mais que toute action d’Israël visant à occuper la bande de Gaza serait une « grave erreur ».
L’Iran, qui soutient le Hamas, et le groupe terroriste libanais du Hezbollah, également soutenu par Téhéran, ont prévenu qu’une invasion de la bande de Gaza entraînerait une riposte.
Les États-Unis ont envoyé deux porte-avions en Méditerranée orientale à des fins de dissuasion.
« Personne ne peut garantir le contrôle de la situation et la non-expansion des conflits si Israël envoie ses soldats à Gaza, » a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian.
Les tirs le long de la frontière israélo-libanaise se sont intensifiés la semaine dernière, poussant Israël à évacuer les civils des communautés proches de ses frontières nord et sud.
À tout le moins, des dizaines de milliers d’Israéliens sont déplacés à l’intérieur du pays en raison des combats, qui comprennent des tirs de roquettes en direction du sud et du centre d’Israël.