Israël est vu comme un ‘État paria’, selon la directrice des Affaires stratégiques
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Israël est vu comme un ‘État paria’, selon la directrice des Affaires stratégiques

Pour Sima Vaknin-Gil, le BDS est sur la défensive, et elle espère que l’existence de l’Etat juif ne sera plus remise en cause d’ici 2025

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Manifestants appelant à boycotter Israël. Illustration. (Crédit : WikiCommons)
Manifestants appelant à boycotter Israël. Illustration. (Crédit : WikiCommons)

Une responsable importante engagée dans la campagne d’amélioration de l’image internationale d’Israël a déclaré dimanche que l’Etat juif était perçu comme un « état paria » d’apartheid à l’étranger, tout en exprimant l’espoir que d’ici 2025, personne ne remette en question le droit d’Israël à exister.

Sima Vaknin-Gil, directrice générale du ministère des Affaires stratégiques, a également déclaré à la commission spéciale de la Knesset pour la transparence et l’accessibilité des informations gouvernementales qu’Israël fait des progrès contre le mouvement de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS), a annoncé le quotidien Haaretz.

« Aujourd’hui, parmi les pays du monde, Israël est un état paria, a-t-elle déclaré. Notre objectif est qu’en 2025, personne dans le monde ne pose la question ‘Israël a-t-il le droit d’exister ?’ »

Vaknin-Gil a déclaré que son ministère avait mis en place une équipe de 10 personnes pour changer la manière dont Israël se présente au monde.

Sima Vaknin-Gil, directrice générale du ministère des Affaires stratégiques. (Crédit : Hidro/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Sima Vaknin-Gil, directrice générale du ministère des Affaires stratégiques. (Crédit : Hidro/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

« A mon avis, le succès sera le changement du narratif sur Israël dans le monde. Que le narratif dans le monde ne sera pas qu’Israël égal apartheid », a-t-elle dit.

Le ministère, a-t-elle expliqué, est intéressé à travailler avec autant d’organisations que possible, à la fois celles qui louent Israël et celles qui le critiquent, tant qu’elles reconnaissent le droit d’Israël à exister.

Le ministère pense que « bien que la critique sévère d’Israël soit légitime, rejeter le droit d’Israël à exister est illégitime », a déclaré Vaknin-Gil.

Tout en notant que, en tant que serviteur public, elle ne commente pas les sujets politiques, la responsable a approuvé que « quiconque accepte notre existence ici, y compris les plus grands détracteurs, est un partenaire. Quiconque n’accepte pas est un opposant. S’il y a une organisation qui dit que nous devons rendre tout les territoires [palestiniens], mais reconnaît l’existence d’Israël comme état nation, pour moi, c’est un partenaire. Même s’il y a ceux qui ne l’aiment pas. »

Vaknin-Gil a également déclaré à la commission que la tendance tourne pour le mouvement BDS, avec des militants du boycott poussés à la défensive.

« Il y a une compétition stratégique entre nous et notre opposant », a-t-elle déclaré en faisant référence au mouvement BDS. « Nous passons de la retenue et la réponse à l’initiation et à l’attaque. » Elle a déclaré qu’Israël utilisait à la fois des « canaux secrets » et des campagnes publiques pour repousser le mouvement de boycott, laissant les militants du BDS « sur la défensive ».

Stav Shaffir, députée de l'Union sioniste (Crédit : Flash90)
Stav Shaffir, députée de l’Union sioniste (Crédit : Flash90)

Stav Shaffir, députée de l’Union sioniste et présidente de la commission, a interrogé Vaknin-Gil sur les détails du plan de travail et du budget du ministère.

Vaknin-Gil, qui dirigeait auparavant le bureau de censure militaire, n’a accepté de ne fournir que quelques détails, déclarant que des informations supplémentaires ne pouvaient être données que pendant une réunion à huis-clos de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset.

Elle a cependant révélé que le budget du ministère pour 2016 pour contrer la délégitimation d’Israël est de 44 millions de shekels (10,5 millions d’euros) sur le total de 128 millions de shekels (30,5 millions d’euros) du budget gouvernemental pour ce sujet.

Le ministre de la Sécurité intérieure et des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 31 juillet 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool/Flash90)
Le ministre de la Sécurité intérieure et des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 31 juillet 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool/Flash90)

Elle a souligné que le ministère souhaitait garder secrètes ses activités, et qu’elle avait demandé au ministre des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, de s’empêcher de parler publiquement de ses projets, selon Haaretz.

« Nous voulons que la plupart du travail du ministère des Affaires stratégiques soit classifiée. Il y a beaucoup de sensibilité et je ne peux même pas expliquer publiquement pourquoi il y a cette sensibilité. »

« Beaucoup de ce que nous faisons est sous le radar », a-t-elle ajouté.

La directrice générale a également déclaré à la commission que le ministère emménagerait dans ses bureaux de Tel Aviv, même si une partie restera à Jérusalem, et que les raisons de ce déménagement sont secrètes.

Cependant, selon Haaretz, Erdan avait déclaré il y a plusieurs mois que ce déménagement avait pour but de se rapprocher des quartiers généraux de l’armée israélienne et de plusieurs agences de renseignements.

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