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Israël-Hamas: la communauté juive en France entre sidération et peur du « dérapage »

Devant la grande synagogue de Marseille, Pierre Adjedj, 82 ans, redoute que cela "dérape en France, avec de la méchanceté et des risques accrus d'attentats"

Photo d'illustration : Un homme porte une kippa lors d'une manifestation contre l'antisémitisme à Berlin, le 25 avril 2018. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)
Photo d'illustration : Un homme porte une kippa lors d'une manifestation contre l'antisémitisme à Berlin, le 25 avril 2018. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)

« C’est un drame, une deuxième (guerre du) Kippour, mais encore plus grave » : au lendemain d’une offensive du Hamas palestinien sur Israël, des membres de la communauté juive en France, la plus importante d’Europe, craignent pour leurs proches et amis en Israël et redoutent des répercussions du conflit dans l’Hexagone.

Près d’une synagogue du 11e arrondissement à Paris, Elie Benchetrit, un retraité de 76 ans venu en France pour voir une partie de sa famille, enchaîne les coups de fil sur son téléphone portable, l’air abattu. « C’est un deuxième Kippour, mais encore plus grave. Je n’ai jamais vu ça », dit le retraité – qui réside en Israël – en référence à la Guerre de 1973.

« Tout le monde est abasourdi », déclare Hervé Rehby, médecin et co-président du centre culturel Yavné à Bordeaux, très ému. « On s’appelle les uns les autres pour prendre des nouvelles. Tout le monde a de la famille, des amis, en Israël ».

« C’est comme s’il y avait eu trois ’11 septembre’ pour l’Etat d’Israël quand on regarde la taille de la population et le nombre de morts », relève, stupéfait, Tom Cohen, rabbin de la synagogue Kehilat Gesher, dans le 17e arrondissement de Paris.

« On est tous bouleversés. J’ai des proches sur place. C’est la première fois que je n’ai pas de mots », dit à l’AFP Ady Walter, 40 ans, à la sortie d’une synagogue près de la place des Vosges (centre de Paris), en ce jour de fête religieuse pour les juifs, Simhat Torah. Des véhicules de police sont postés devant les entrées de l’édifice, comme devant de nombreuses institutions juives en France.

Illustration : Un officier de police français surveille la synagogue de Biarritz, dans le sud-ouest de la France, le 13 janvier 2015. (Crédit : AP Photo/Bob Edme)

Enlever la kippa

Il évoque « une sidération », liée en partie aux réseaux sociaux. « On n’a jamais vu autant d’images aussi répandues, sans filtre, avec autant d’horreurs. On accède à des choses épouvantables, sans les chercher, les images circulent », dit-il la voix nouée.

Sa plus grande crainte, « c’est que ça se propage, qu’il y ait un embrasement dans la région mais aussi que les juifs de France soient visés par ricochet ». « Tout à l’heure, mon fils a mis sa kippa dans la rue et je lui ai demandé de l’enlever. Quand on traverse le boulevard, on ne sait pas qui est dans les voitures ».

Devant la grande synagogue de Marseille, Pierre Adjedj, 82 ans, redoute que cela « dérape en France, avec de la méchanceté et des risques accrus d’attentats ».

« L’histoire nous a prouvé qu’à chaque fois qu’il y avait des violences au Proche-Orient, qu’Israël était la cible du Hamas, il y a des répliques en France », déclare à l’AFP Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

M. Arfi pointe « une corrélation très claire entre l’embrasement au Proche-Orient et les actes antisémites en France ». De plus, « les actes terroristes » dans l’Hexagone (par exemple les assassinats de trois enfants et un adulte perpétrés dans une école juive de Toulouse par Mohamed Merah en mars 2012) sont « justifiés, par leurs auteurs, par le sort des enfants palestiniens ».

Le président du Crif – qui appelle à un rassemblement lundi soir à Paris – redoute un passage à l’acte par « des cellules dormantes ou des individus isolés », qui « penseraient ainsi prendre part au combat contre Israël, via une identification dévoyée à la cause palestinienne ».

https://twitter.com/Le_CRIF/status/1710880686255571185

Rentrer vite chez soi

Devant la synagogue du Blanc-Mesnil, en région parisienne, son vice-président, Gérard Nathan, raconte qu’en ce jour de fête, les fidèles « font leurs prières et puis s’en vont le plus vite possible ». « Il y a toujours une minorité qui veut profiter de problèmes à des milliers de kilomètres pour les importer en France ».

Gérald Darmanin a tenu dimanche matin « une réunion de sécurité avec tous les services du ministère de l’Intérieur, pour protéger nos compatriotes juifs contre toute menace », a écrit le ministre sur X (anciennement Twitter).

Mickaël, 47 ans, chef d’entreprise à Marseille, espère une réponse « la plus ferme possible aux attaques sanglantes » du Hamas, d’autres, comme Benjamin Levy, interrogé dans le 11e arrondissement de Paris, craignent la réaction d’Israël.

« Si Israël décide d’envoyer des milliers de missiles sur le Hamas, ça a des répercussions dans le monde entier. Et nous, en France, on prend cher ».

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