Israël illustre la capacité des pays développés à vaincre la COVID – Chercheurs
Rechercher

Israël illustre la capacité des pays développés à vaincre la COVID – Chercheurs

Selon le professeur Dan Yamin, les hôpitaux ont été à l'abri de l'effondrement une fois que 50 % des plus de 60 ans ont été vaccinés, même avec l'arrivée des variants

Un Israélien coupe un masque géant pour fêter la fin de l'obligation du port du masque à Jérusalem, le 18 avril 2021. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Un Israélien coupe un masque géant pour fêter la fin de l'obligation du port du masque à Jérusalem, le 18 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

D’éminents scientifiques ont expliqué que le succès de la vaccination en Israël soulignait que tous les pays développés pouvaient vaincre le virus.

Ils ont estimé qu’un nombre relativement faible de vaccinations était nécessaire pour sortir un pays de la crise, concluant que lorsque la moitié de la population âgée de 60 ans et plus était vaccinée, les autorités pouvaient s’attendre à une baisse spectaculaire des cas et que les hôpitaux ne risquaient plus la surcharge.

Ces affirmations ont été faites par les auteurs d’un article peer-reviewed détaillé qui a été publié dans le journal Cell Reports Medicine. Les scientifiques se sont intéressés à la situation particulièrement difficile qui prévalait en Israël lors des toutes premières semaines de la campagne de vaccination – avec en particulier l’apparition du variant britannique très infectieux.

« Israël devait alors affronter toute une série de facteurs qui avaient rendu la situation particulièrement difficile sur le territoire – et si le pays a réussi à s’en sortir, malgré tous ces facteurs, et que nous avons été en mesure de constater un déclin rapide du nombre de cas, alors tout pays développé en a aussi la capacité », commente le professeur Dan Yamin, de l’université de Tel Aviv, auprès du Times of Israel.

Un étudiant est vacciné contre la COVID-19 au lycée Amal dans la ville de Beer Sheva, dans le sud d’Israël, le 17 mars 2021. (Flash90)

Il a ajouté que la majorité des autres pays occidentaux voyaient leur situation s’améliorer en lançant – ou en se préparant à lancer – des campagnes de vaccination et qu’ils devaient donc se montrer confiants en constatant que les niveaux d’infection, d’hospitalisation et le nombre de décès se sont effondrés au sein de l’État juif.

Ses données suggèrent que les vaccins ont rapidement sauvé « des centaines de vies » en Israël, et ses analystes statistiques établissent que les services de santé ont été protégés de l’effondrement avec la vaccination importante de la population âgée de 60 ans et plus.

Professeur Dan Yamin de l’Université de Tel Aviv. (Moshe Baderashi)

« Le message transmis au monde, et en particulier aux pays européens, aux États-Unis et aux pays développés d’Asie, est que si vous parvenez à vacciner 50 % des adultes de plus de 60 ans, vous assisterez à un déclin spectaculaire du nombre de cas graves et vous cesserez la surcharge des malades dans les hôpitaux », continue-t-il.

Yamin pense que les vaccins peuvent – et qu’ils doivent – être fournis dans les pays qui n’appartiennent pas au monde développé, mais il limite ses propos aux pays occidentaux, les autres ne disposant pas des infrastructures permettant de distribuer et d’administrer les précieuses doses, ce qui rendrait toute comparaison avec Israël sans pertinence.

L’étude, dont l’existence avait été rapportée au mois de février par le Times of Israel avant qu’elle ne soit peer-reviewed, s’est basée sur les données provenant d’environ 300 000 tests de dépistage au coronavirus réalisés par les autorités sanitaires. Ces données offrent une image assez claire de la manière dont le variant anglais très infectieux s’était rapidement répandu en Israël alors que la campagne de vaccination prenait petit à petit de l’ampleur.

La recherche a permis de conclure que cette mutation britannique était à 45 % plus transmissible que la souche originale de coronavirus en Israël et que, seulement deux mois après son arrivée dans le pays, elle avait représenté 95 % des cas de COVID-19 – un pourcentage qui serait supérieur à celui enregistré dans la majorité des pays à l’exception du Royaume-Uni.

Yamin, chef du Laboratoire de modèle et d’analyse épidémique à l’université de Tel Aviv, note qu’en plus de devoir composer avec le risque ce variant, Israël a été l’une des nations ayant enregistré les plus forts pourcentages de nouvelles contaminations au cours de sa campagne de vaccination.

« En plus de devoir affronter un variant excessivement contagieux, Israël possède un environnement qui favorise hautement les contaminations », explique-t-il. « C’est le cas parce que les logements sont densément peuplés, parce que la population des jeunes – qui est communément touchée par des formes asymptomatiques de la maladie – est très importante, parce que des ‘épidémies silencieuses’ sont possibles en conséquence, et parce que les familles sont larges », poursuit-il.

« Quand on sait que la plus grande partie des contaminations a lieu dans les foyers, les défis qu’Israël a dû relever apparaissent plus clairement », note-t-il.

Un employé du secteur de la santé prélève des échantillons pour des tests de dépistage au coronavirus dans un centre de dépistage de type Drive-in, dans le nord d’Israël, le 4 mars 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Il explique que les vaccins, au sein de l’État juif, ont permis à Israël de résoudre rapidement les difficultés multiples et empêché le variant britannique de s’ancrer dans la population âgée de 60 ans et plus, la plus vulnérable, qui était déjà en train de se faire vacciner lorsqu’il était arrivé.

La recherche de Yamin, co-écrite avec les professeurs Ariel Munitz et Moti Gerlitz du département de Microbiologie et d’immunologie clinique au sein de l’école de médecine Sackler de l’université de Tel Aviv, précise que si le variant se propageait rapidement chez les moins de 60 ans au début du mois de janvier, il avait commencé à décliner, chez les personnes âgées, dès le 15.

S’il avait pu s’implanter chez les 60 ans et plus, il aurait accéléré la pandémie dans le groupe d’âge le plus susceptible de développer une forme grave du coronavirus.

Cette nouvelle recherche vise à encourager les pays développés en leur disant qu’en vaccinant, « leur courbe d’infection va fortement baisser », dit Yamin.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...