La Russie dénonce des frappes israéliennes de « provocation » en Syrie
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La Russie dénonce des frappes israéliennes de « provocation » en Syrie

Aucun blessé ni dégât en Israël ; la frappe israélienne aurait touché des responsables du Hezbollah, selon la presse américaine

Capture d'écran d'une vidéo sur les réseaux sociaux montrant les frappes aériennes sur Damas, le 25 décembre 2018. (Crédit : Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo sur les réseaux sociaux montrant les frappes aériennes sur Damas, le 25 décembre 2018. (Crédit : Twitter)

L’aviation israélienne a bombardé mardi soir des sites près de la capitale syrienne Damas, ont rapporté les médias d’Etat locaux alors que l’armée israélienne a dit se protéger contre un tir de missile anti-aérien en provenance de la Syrie.

La défense anti-aérienne de l’armée syrienne est entrée en action mardi contre des « missiles » tirés par des avions israéliens sur des cibles près de Damas, a rapporté l’agence officielle Sana, citant une source militaire syrienne qui a fait état de trois soldats blessés. La télévision d’Etat syrienne a rapporté une information similaire.

Selon l’agence Sana, la défense syrienne « a intercepté des missiles lancés par les avions de combat israéliens à partir de l’espace aérien libanais ». La « majorité » de ces missiles ont été interceptés avant d’atteindre leurs cibles, souligne l’agence qui mentionne toutefois des « dégâts » dans un entrepôt de munitions.

La Russie a déclaré mercredi que des frappes israéliennes en Syrie ont mis en danger deux avions civils qui atterrissaient au même moment – l’un à Damas et l’autre à Beyrouth.

Le ministère de la Défense à Moscou a également dit que les défenses aériennes de Syrie ont abattu 14 des 16 missiles tirés par Israël.

« Des actes provocateurs menés par l’Armée de l’air israélienne ont mis en danger deux avions de passagers quand six de leurs F-16 ont mené des frappes aériennes depuis l’espace aérien du Liban », a déclaré Igor Konashenkov, porte-parole du ministère à des journalistes, cité par Russia Today.

Moscou a accusé Israël de « violation grossière de la souveraineté » de la Syrie dont le territoire a été visé la veille selon Damas et Moscou par des frappes aériennes des forces israéliennes.

« Il est évident qu’il s’agit d’une violation grossière de la souveraineté de la Syrie », a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, faisant part de sa « plus grande préoccupation » devant ces frappes.

Par le passé, Israël a mené plusieurs bombardements en Syrie contre les installations militaires du régime ou de ses alliés, l’Iran et le groupe terroriste chiite du Hezbollah, de grands ennemis de l’Etat hébreu.

Capture d’écran d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant un missile sol-air près de Damas, le 25 décembre 2018. (Crédit : YouTube)

De son côté, l’armée israélienne indique sur Twitter que son « système de défense aérien a été déclenché contre un missile anti-aérien lancé depuis la Syrie ». Et assure qu' »aucun dommage ou victime n’a été rapporté » à la suite de ce tir de missile.

Contactée par l’AFP, une porte-parole de l’armée a toutefois refusé d’épiloguer sur cette affaire.

D’après le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les trois cibles visées par le « raid israélien » sont en fait des « entrepôts d’armes (…) appartenant au Hezbollah ou aux forces iraniennes ».

L’agence de presse nationale libanaise a également rapporté que l’aviation israélienne opérait au sud du Liban.

Les cibles se trouvent dans les secteurs de Dimas, Kesswa, ou encore Jamraya, des régions à l’ouest et au sud-ouest de Damas où des raids israéliens ont été rapportés par le passé.

Newsweek a rapporté mercredi matin, citant une source proche du département de la Défense, que le raid israélien aurait touché des responsables du Hezbollah alors qu’ils embarquaient à bord d’un avion pour l’Iran.

Cette source anonyme a confié au magazine avoir été informée par un haut-gradé de l’armée israélienne.

Il a ajouté que des munitions iraniennes étaient également ciblées, notamment des éléments GPS pour leur armes.

Israël a effectué de nombreuses frappes en Syrie depuis le déclenchement de la guerre en 2011, visant les forces du président Bachar al-Assad mais aussi ses alliés, notamment les forces iraniennes ou des positions du groupe terroriste libanais du Hezbollah.

Fin novembre, le régime syrien avait ainsi accusé Israël d’avoir bombardé des cibles dans la région de Kesswa.

Si la responsabilité d’Israël était confirmée, il s’agirait des premières frappes menées depuis que le président américain Donald Trump a annoncé la semaine dernière le retrait des troupes américaines de Syrie.

Avec le retrait des forces américaines, l’Iran n’a plus guère d’obstacle pour établir un corridor terrestre lui permettant d’atteindre la Méditerranée à travers l’Irak, la Syrie et le Liban, estiment des analystes.

Israël est donc considéré par les experts comme l’un des grands perdants du désengagement américain, qui laisse encore plus le champs libre à l’Iran et ses partenaires pour développer leurs capacités militaires en Syrie.

L’Etat hébreu, qui avait jusque-là applaudi la politique de l’administration Trump au Moyen-Orient, martèle régulièrement qu’il ne laissera pas la Syrie voisine devenir la tête de pont de Téhéran.

En septembre, un avion militaire de la Russie, alliée de Damas, avait été abattu accidentellement par la défense anti-aérienne syrienne, entrée en action pour bloquer des tirs israéliens.

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