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Israël interdit les cages pour poules pondeuses dans les nouveaux poulaillers

La Knesset approuve une loi qui interdit aussi d'affamer les poules pour augmenter leur production d'œufs ; Animals Now salue cette "victoire pour les animaux et les Israéliens"

Des poules en batterie. (Crédit : Sangamithra Iyer and Wan Park/CC BY-SA 3.0/Wikimedia)
Des poules en batterie. (Crédit : Sangamithra Iyer and Wan Park/CC BY-SA 3.0/Wikimedia)

Les activistes de la protection des animaux ont célébré leur victoire lundi après qu’un comité de la Knesset a approuvé de nouvelles réglementations interdisant les cages pour les poules pondeuses.

Cette mesure permettra à Israël de s’aligner sur 18 autres pays qui ont interdit ces cages.

Animals Now, l’organisation à but non lucratif qui mène la campagne d’interdiction des cages depuis 2009, a déclaré que cette décision était « une énorme victoire pour les animaux et les Israéliens ». Elle a souligné que selon des études menées, il y aurait moins de salmonelles dans les étables sans cages.

Une autre ONG, Let the Animals Live, a déclaré que même si la qualité de vie des poules resterait déplorable, et ce jusqu’à la fin de l’élevage industriel, il convenait de célébrer l’interdiction de l’une de ses pratiques les plus cruelles et les plus dépassées.

La nouvelle réglementation interdit également la pratique consistant à affamer les poules pendant 10 jours pour augmenter leur production d’œufs.

Faisant référence à un projet de règlement antérieur qui avait suscité la colère des activistes de la protection des animaux en autorisant l’utilisation de « sections » plutôt que de cages, le ministre de l’Agriculture Oded Forer a déclaré que la suppression des cages était une priorité pour lui depuis qu’il était devenu ministre, et que la nouvelle réglementation excluait « les sections et tout autre moyen détourné de mettre les poules en cage dans un espace restreint ».

Conditions dégoûtantes dans une ferme d’œufs du nord d’Israël, où les poules vivent dans des cages au-dessus de tas de leurs propres excréments. (Crédit : Capture d’écran)

Quelque 10 millions de poules pondent des œufs en Israël et environ 90 % d’entre elles vivent actuellement dans des cages exiguës d’un modèle interdit par 39 autres pays, selon Animals Now. Chaque poule occupe moins d’espace qu’une feuille de papier A4, précise l’association.

Selon les chiffres du Poultry Industry Council, seuls 3,2 % des poules en Israël sont élevées sans cage, contre plus de la moitié dans l’Union européenne.

Les chiffres du ministère de l’Agriculture indiquent que 93 % des poulaillers ne répondent ni aux exigences d’hygiène ni aux exigences en matière de bien-être des animaux imposées par les services vétérinaires.

La nouvelle réglementation interdit les cages dans tout nouveau poulailler, avec effet immédiat, et prévoit le retrait progressif des cages existantes d’ici 2038 – une période jugée inutilement longue par les défenseurs des droits. D’ici là, le nombre de poules dans les cages devra être réduit.

Toutefois, malgré ce long délai, un grand nombre de cages pourraient être supprimées bien avant la date limite, grâce à une réforme agricole qui permettra aux agriculteurs de bénéficier d’une aide financière pour la construction de nouveaux poulaillers.

Les poulaillers sans cage qui seront introduits en Israël. (Crédit : Avec l’aimable autorisation d’Animals Now)

Les poulaillers sans cages seront toujours aussi pleins, mais les poules pourront se déplacer et pratiquer certaines de leurs habitudes naturelles, comme picorer dans le sol, prendre des bains de poussière pour éliminer les parasites, battre des ailes et pondre dans un espace sombre et privé, d’où les œufs sont automatiquement retirés.

Cependant, ainsi que le note Animals Now, elles ne verront jamais ni coq ni poussin. Les poussins mâles étant sans valeur économique, ils sont éliminés dès leur éclosion.

Les poules pondeuses se voient retirer une partie de leur bec et sont envoyées à l’abattoir lorsque leur ponte décline, donc leur valeur monétaire.

Animals Now a promis de poursuivre sa campagne pour que les œufs importés d’outre-mer proviennent également de poules non élevées en cage.

Il y a un an, la Commission européenne a annoncé qu’elle avait l’intention de présenter l’année prochaine un projet de loi visant à interdire toutes les formes de mise en cage pour les animaux d’élevage, qu’il s’agisse de parcs à veaux, de caisses de mise bas pour les truies enceintes et allaitantes ou de cages pour les canards et les lapins.

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