Israël propose aux réseaux sociaux une stratégie de lutte contre l’antisémitisme
Rechercher

Israël propose aux réseaux sociaux une stratégie de lutte contre l’antisémitisme

Le plan du gouvernement israélien demande la suppression de tous les profils publics de personnes condamnées pour discours antisémites

La membre du parti Kakhol lavan Omer Yankelevich à la Knesset à Jérusalem, le 14 mai 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La membre du parti Kakhol lavan Omer Yankelevich à la Knesset à Jérusalem, le 14 mai 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Israël a présenté mercredi aux géants du web Facebook, Google, TikTok et Twitter un plan afin de muscler la lutte contre l’antisémitisme sur les réseaux sociaux, incluant un projet pour supprimer les comptes de personnalités condamnées pour discours antisémites.

« L’antisémitisme sous toutes ses formes est omniprésent sur les réseaux sociaux dérégulés », a alerté la ministre israélienne de la Diaspora Omer Yankelevich, lors d’une réunion au Parlement à laquelle ont notamment participé des représentants de Twitter et Facebook.

Son ministère et celui des Affaires stratégiques ont publié mercredi « le premier rapport » devant aider les réseaux sociaux à « poursuivre une politique plus claire et plus agressive contre l’antisémitisme », a indiqué Mme Yankelevich.

Ce document propose que les réseaux sociaux adoptent la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) qui le définit comme « une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard » et « visant des individus juifs, des institutions communautaires et des lieux de culte ».

Le plan du gouvernement israélien demande la suppression de tous les profils publics de personnes condamnées pour discours antisémites.

« Si un tribunal a statué qu’une personne était antisémite, il n’y a aucune raison pour que les réseaux sociaux lui fournissent une plateforme pour répandre sa haine », a affirmé Mme Yankelevich.

« Il ne s’agit pas de limiter les critiques légitimes contre Israël », précise le rapport, mais de « ne pas permettre les discours haineux contre les Juifs ni la diabolisation de l’Etat d’Israël ».

Le rapport appelle aussi au signalement systématique des contenus antisémites, et s’inquiète nommément de certains tweets de l’ayatollah Ali Khamenei, dont le pays, l’Iran, est l’ennemi numéro 1 d’Israël.

« Il est important de continuer à prendre des mesures pour progresser sur ces questions très importantes », a estimé Jordana Cutler, une représentante de Facebook en Israël.

Interrogé sur la question lors de la visioconférence, Ronan Costello, chargé de stratégie chez Twitter, a assuré qu' »aucun dirigeant étranger n’était exempté » du respect des règles de publication, saluant le rapport ministériel lors de cette réunion à laquelle ont aussi participé des représentants des géants américain Google et chinois TikTok.

« Il s’agit d’un sujet sensible », a reconnu M. Costello, affirmant que sa plateforme était « réceptive à des commentaires constructifs de la part de (ses) partenaires ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...