Israël recommande l’extradition d’un Franco-israélien coupable de délits sexuels
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Israël recommande l’extradition d’un Franco-israélien coupable de délits sexuels

Ilan Levy-Neumand avait été condamné en France en 2010 à 15 ans de prison pour des délits sexuels sur mineures dans son centre équestre

Ilan Levy Neumand (Crédit : capture d'écran YouTube)
Ilan Levy Neumand (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le ministère israélien de la Justice a annoncé mardi avoir recommandé au tribunal de Jérusalem de donner son feu vert à l’extradition d’un Franco-israélien, reconnu coupable de délits sexuels en France.

La France a demandé à Israël l’extradition d’Ilan Levy-Neumand, condamné par contumace en 2010 à 15 ans de prison ferme pour des délits sexuels sur huit mineures dans un centre équestre que cet homme dirigeait en France entre 1987 et 2001, a indiqué le ministère israélien dans un communiqué.

Arrêté en France en 2002 et libéré sous caution, Levy-Neumand s’était enfui en Israël et réside à Tekoa, une implantation israélienne au sud de Bethléem, en Cisjordanie, où il dirige un centre équestre depuis 2004.

Levy-Neumand a été arrêté dimanche par la police israélienne en coopération avec Interpol.

Il aura droit à un nouveau procès en sa présence après son extradition, selon le communiqué israélien.

D’après ce communiqué, il « avait profité de son statut de responsable du centre équestre pour commettre des délits sexuels sur plusieurs jeunes filles entre 14 et 18 ans, et parfois plus jeunes, venues apprendre l’équitation ». Certains des plaignants étaient employés par Levy-Neumand en tant que babysitters pour ses enfants », précise le communiqué du procureur.

Mardi, le prédateur sexuel présumé sera traduit devant un juge pour une audience de renvoi. L’accusation demandera à ce qu’il reste incarcéré jusqu’à la fin des poursuites.

Cependant, cela pourrait prendre du temps.

Lors d’une interview en 2017, Levy-Neumand déclarait avoir fait l’alyah en 2002 « par hasard ». « L’alyah, c’est une sorte de naissance, donc quand tu fais l’alyah, tu te dis peut-être que je vais faire autre chose, je vais peut-être me renouveler. Et puis finalement, on s’aperçoit qu’on ne choisit pas, ni de faire l’alyah, ni où on va habiter et ni ce qu’on va faire. C’est très bien. C’est la terre qui choisit où tu habites. Donc la terre nous a choisis, Baroukh HaShem. C’est un grand z’hout [mérite] de faire l’alyah. Malheureusement, tout le monde ne l’a pas. C’est dommage. A partir de ça, il faut se laisser porter. »

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En 2014, les autorités australiennes ont déposé une demande d’extradition pour Malka Leifer, qui encourt 74 accusations d’abus sexuels sur enfants, du temps où elle était principale de la Adass Israel School, une école ultra-orthodoxe pour filles à Melbourne.

L’ancienne directrice d’école en Australie Malka Leifer, recherchée dans son pays pour agressions sexuelles contre des enfants, à la cour de district de Jérusalem, le 14 février 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lorsque des allégations portant sur des agressions avaient fait surface en 2008, l’Adass Israel School s’était arrangée pour faire immédiatement repartir Leifer, qui est citoyenne israélienne, et sa famille en Israël au milieu de la nuit avant que la police ne puisse procéder à son arrestation.

Plusieurs années après son arrivée en Israël et son installation à Bnei Brak, elle a déménagé avec son mari et ses 10 enfants dans l’implantation ultra-orthodoxe d’Emmanuel en Cisjordanie, où elle a vécu avant d’être arrêtée peu après la demande d’extradition soumis par l’Australie. Elle a rapidement été relâchée et assignée à résidence après qu’une première évaluation psychiatrique a conclu qu’elle n’était pas apte à être jugée. Des spécialistes de la santé mentale, dont le psychiatre du district de Jérusalem, ont conclu que les crises de panique de la femme avant ses comparutions devant le tribunal étaient authentiques et ont déclaré que le déroulement d’une audience l’avait mise dans une situation d’extrême anxiété.

En février 2018, Leifer a été à nouveau arrêtée par la justice, après quelques obstruction à la justice après que des enquêteurs privés ont filmé la femme en train d’effectuer ses tâches quotidiennes. Les images ont mené à une opération d’infiltration de la police, qui a conclu qu’elle simulait ses crises de panique afin d’éviter l’extradition. en 2016, le tribunal de Jérusalem avait gelé le processus d’extradition et accepté les conclusions du psychiatre qui avait déclaré qu’elle présentait une déficience mentale. Toutes les restrictions avaient alors été levées.

Un examen psychiatrique soumis au parquet de Jérusalem a déterminé qu’elle était apte à subir un processus d’extradition. Cependant, le juge a accepté la demande de son avocat et mandaté une nouvelle expertise médicale sur sa santé mentale. Les audiences durent depuis des mois et elle devrait comparaître à nouveau mars.

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