« Je m’en fiche complètement »: la veste de Melania Trump suscite la stupéfaction
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« Je m’en fiche complètement »: la veste de Melania Trump suscite la stupéfaction

La Première dame s'était rendue Texas pour une visite surprise à des enfants sans-papiers, alors que l'opinion publique est choquée par la politique de séparation

La Première Dame américaine Melania Trump embarque sur Air Force pour aller rendre visite aux enfants des familles de migrants à la frontière du Mexique, le 21 juin 2018. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)
La Première Dame américaine Melania Trump embarque sur Air Force pour aller rendre visite aux enfants des familles de migrants à la frontière du Mexique, le 21 juin 2018. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

« Mais qu’a-t-elle bien voulu dire? » La veste portée jeudi par la Première dame des Etats-Unis Melania Trump lors d’une visite à la frontière avec le Mexique, en pleine polémique sur la politique migratoire de son mari, a suscité la stupéfaction et amené le président à intervenir dans un tweet.

Mme Trump s’est envolée pour McAllen, au Texas, vêtue d’une veste kaki, de la marque Zara selon le Daily Mail,avec ce message écrit sur le dos: « I really don’t care, do u? » (Je m’en fiche complètement, et vous?).

A son arrivée, la Première dame ne portait plus la veste en question, mais les réseaux sociaux s’étaient déjà enflammés.

« Ce n’est pas une blague. Melania Trump portait une veste disant ‘I really don’t care, do u?’pour se rendre dans des centres de détention d’enfants. J’en suis sans voix », a tweeté Zac Petkanas, un communicant affilié au parti démocrate.

La Première Dame américaine Melania Trump à la base aérienne Andrews, pour aller rendre visite aux enfants des familles de migrants à la frontière du Mexique, le 21 juin 2018. (Crédit : AFP / MANDEL NGAN)

Sur Twitter, les interrogations se sont multipliées tout comme les explications les plus diverses, certains se demandant s’il s’agissait d’un message au public ou… à son mari.

La porte-parole de la Première dame, Stephanie Grisham, a assuré qu' »il n’y avait pas de message caché ».

« C’est juste une veste (…). Après l’importante visite d’aujourd’hui au Texas, j’espère que les médias ne vont pas choisir de se concentrer sur sa garde-robe », a-t-elle dit.

Mais Donald Trump est lui-même venu la contredire, affirmant dans un tweet que sa femme avait en fait voulu parler « des médias ‘Fake News' ».

« Melania a appris à quel point ils sont malhonnêtes et vraiment, elle s’en fiche! », a-t-il lancé.

Comme un pied de nez, Mme Trump est en tout cas descendue de l’avion qui l’a ramenée à Washington en fin d’après-midi avec la fameuse veste, et la portait toujours à son arrivée à la Maison Blanche.

La Première dame s’était plus tôt rendue à la frontière avec le Mexique pour une visite surprise à des enfants sans-papiers, alors qu’une grande partie de l’opinion publique reste profondément choquée par la politique de séparation des familles de clandestins.

Donald Trump a finalement fait volte-face mercredi par un décret mettant fin à ces séparations polémiques. De l’aveu-même du milliardaire républicain, Melania Trump a joué un rôle dans son revirement, qui ne règle toutefois pas la question des plus de 2 300 mineurs arrachés à leurs parents depuis la mise en oeuvre de sa politique de « tolérance zéro », début mai.

« Ils ont peur sans leurs familles », a souligné jeudi la Première dame après avoir rencontré les enfants d’un refuge de McAllen, grande ville texane, qui lui avaient écrit « Bienvenue » sur un drapeau américain.

La Première Dame Melania Trump en visite au visits the Luthern Social Services of the South’s Upbring New Hope Children Center, qui héberge des enfants de migrants, à McAllen, au Texas le 21 juin 2018. (Crédit : AFP / MANDEL NGAN)

« Et je vous remercie pour votre dur travail, la compassion et la gentillesse que vous leur donnez en ce moment difficile », a dit au personnel Melania Trump, qui a passé plus d’une heure à rencontrer les élèves.

Une scène inimaginable encore mercredi, avant que Donald Trump ne signe, dans un revirement fracassant, un décret mettant fin aux séparations qu’il avait lui-même encouragées avec sa politique de « tolérance zéro » face aux clandestins.

« Enfants prostrés »

 

Quand retrouveront-ils leurs familles? Débordées, plusieurs associations qui tentent de les réunir ont dénoncé jeudi le « chaos » causé par l’administration Trump.

Les enfants attendent dans des conditions déplorables, a souligné Alan Shapiro, un pédiatre qui s’est rendu dans plusieurs centres pour l’Académie américaine de pédiatrie. Il dit avoir vu des enfants « qui n’arrivent plus à parler », d’autres devenus incontinents ou prostrés.

Le Luthern Social Services of the South’s Upbring New Hope Children Center, pendant la visite de la Première Dame Melania Trump. Le Centre héberge des enfants de migrants, à McAllen, au Texas le 21 juin 2018. (Crédit : AFP / MANDEL NGAN)

Le Pentagone a lui reçu l’ordre de se préparer à héberger sur des bases militaires 20 000 mineurs migrants entrés sur le territoire américain non-accompagnés par des adultes.

Comment puis-je « aider à réunir ces enfants avec leurs familles aussi vite que possible? », a demandé Melania Trump au personnel du refuge.

Le centre accueille une soixantaine de mineurs âgés de 5 à 17 ans, originaires du Honduras et du Salvador. La plupart sont des adolescents qui ont fait le voyage seuls depuis ces pays rongés par la violence. Six ont été séparés de leurs parents.

L’idée du voyage est venue « à 100% » de Melania Trump, a précisé sa porte-parole, Stephanie Grisham.

Report d’un vote clé

 

Sur la colline du Capitole, à Washington, les chefs de la majorité républicaine ont pendant ce temps essuyé un échec embarrassant, avec le report d’une réforme sur l’immigration censée réconcilier les ailes conservatrice et modérée du parti autour de « piliers » exigés par Donald Trump. Ils se sont finalement donnés quelques jours de plus pour tenter de rallier plus de voix républicaines.

Le parti détient non seulement la majorité à la Chambre mais aussi au Sénat et compte sur un président républicain à la Maison Blanche qui s’est engagé à promulguer cette loi.

Mais les démocrates disposent d’un certain pouvoir de blocage au Sénat, où les républicains n’ont qu’une mince avance.

« On ne peut passer aucune loi sur l’immigration, que ce soit pour renforcer la sécurité ou toute autre raison, y compris ‘avoir du coeur’, sans avoir les voix des démocrates », s’est indigné Donald Trump sur Twitter.

Politique « cruelle »

 

Pleurs déchirants, images poignantes d’enfants dévastés: la politique fermement revendiquée dans un premier temps par la Maison Blanche n’a pas tenu face à la tempête dans l’opinion publique.

Une dizaine d’Etats américains ont annoncé jeudi qu’ils allaient poursuivre l’administration Trump pour cette politique migratoire « cruelle ».

Et malgré son décret mettant fin aux séparations, associations de défense des droits de l’homme et opposition démocrate dénoncent la solution apportée: maintenir désormais les mineurs en centre de rétention avec leurs parents pendant la durée des poursuites pénales.

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