‘Je suis Daesh’, aurait crié l’homme de Jérusalem avant d’être abattu
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‘Je suis Daesh’, aurait crié l’homme de Jérusalem avant d’être abattu

Un étudiant de yeshiva a été tué pendant une altercation avec des soldats qui l'ont pris pour un terroriste

Les secouristes Zaka portent le corps d'un homme abattu par des soldats de Tsahal à Jérusalem après qu'il a été pris pour un terroriste, le 21 octobre 2015 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)
Les secouristes Zaka portent le corps d'un homme abattu par des soldats de Tsahal à Jérusalem après qu'il a été pris pour un terroriste, le 21 octobre 2015 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Un Juif a été tué mercredi soir à Jérusalem par des soldats qui pensaient que c’était un terroriste qui avait crié « je suis Daesh », l’acronyme arabe pour l’Etat islamique, ont indiqué des témoins.

Toutefois, selon un autre compte-rendu, quand les soldats lui ont demandé de s’identifier, il a demandé : « Ce que je suis ? Daesh ? ».

Les enquêteurs de la police militaire se sont joints jeudi à l’enquête sur la fusillade, qui a eu lieu dans un bus près de l’entrée occidentale de la capitale. Les soldats ont tiré sur l’homme lors d’une altercation physique, apparemment provoquée par le soupçon que les soldats eux-mêmes étaient des terroristes.

Selon l’enquête initiale, la victime, un immigrant de 28 ans du Daghestan, était un étudiant dans une yeshiva à Jérusalem. Il avait auparavant servi comme soldat dans une unité de combat ultra-orthodoxe de Tsahal et après sa démobilisation avait travaillé comme agent de la sécurité dans une école maternelle.

Un de ses amis de la yeshiva a précisé qu’il était introverti et colérique, en plus de ne pas parler couramment l’hébreu. « Il lui manquait un peu de jugement ; je ne sais pas comment il a eu le droit de porter une arme à feu », a ajouté l’ami.

Un agent de sécurité qui a travaillé avec lui a dit qu’il avait des problèmes importants pour s’exprimer en hébreu. « Il était complètement incompréhensible. Je suppose que son look, la façon dont il parlait et son côté soupe au lait a échauffé les esprits », a déclaré l’agent à Ynet.

D’autres amis ont précisé que l’homme avait l’habitude de pratiquer des sports et des arts martiaux au Daghestan.

« C’était un colérique et était impliqué dans plusieurs incidents violents dans le passé. Une fois, nous avons vu qu’il avait laissé son pistolet sur ses livres [à la yeshiva] », a raconté un ami, faisant apparemment référence à l’arme à feu qu’il portait avec un permis en tant qu’agent de sécurité.

Les soldats ont expliqué aux enquêteurs après la fusillade qu’ils croyaient que l’homme avait tenté de se saisir de leurs fusils au cours de la bagarre, qui a eu lieu dans un bus la rue Yirmiyahu, dans le quartier de Romema de la capitale, à la fin d’une journée où plusieurs attaques ont été menées contre les Israéliens.

Selon la police, l’homme a eu une altercation avec les deux soldats, pensant apparemment qu’ils pourraient être des terroristes. Quand il leur a demandé leur identification, à leur tour, ils ont exigé qu’il se soumette à une fouille.

Rapidement, une bagarre a éclaté, au cours de laquelle l’homme a tenté de saisir un fusil de l’un des soldats, a indiqué la police. Pendant la mêlée, le chauffeur du bus a essayé de taser l’homme pour tenter de le maîtriser. Pendant ce temps, un agent de sécurité qui a été témoin de l’incident s’est précipité vers le bus et a tiré sur l’homme. Puis les soldats, pensant que c’était un terroriste, lui ont tiré dessus à nouveau.

L’homme a été déclaré mort sur les lieux. Il n’avait pas de couteau sur sa lui, comme cela a été signalé initialement.

« L’enquête initiale a conclu que les coups de feu provenaient d’un soldat », a expliqué jeudi l’Unité du Porte-parole de Tsahal. L’implication du soldat a conduit à l’ouverture d’une enquête au sein de l’armée israélienne, a indiqué l’armée.

« Les détails [de l’incident] sont examinés par les services de sécurité. Les circonstances sont en cours d’examen », a indiqué le communiqué.

« Les soldats avaient des soupçons profonds qu’il s’agissait d’un terroriste », a ajouté jeudi le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

L’incident est survenu pendant une journée particulièrement tendue. Plus tôt mercredi, une soldate a été poignardée et grièvement blessée par un Palestinien à au carrefour d’Adam au nord de Jérusalem, une attaque à la voiture bélier en Cisjordanie a blessé cinq soldats, et un homme a percuté sa voiture à un checkpoint près de l’implantation d’Ofra, blessant un policier.

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