« Je suis heureux que mon fils soit martyr » – un père gazaoui aux funérailles
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« Je suis heureux que mon fils soit martyr » – un père gazaoui aux funérailles

"Une génération se lèvera, puis une autre...", a déclaré Ibrahim, 50 ans, en assurant que son petit-fils Ibrahim prendrait la relève

Des soldats israéliens devant de la fumée d'un incendie dans un champ de blé près du kibboutz de Nahal Oz, le long de la frontière avec la bande de Gaza, causé par des cocktails Molotov attachés à des cerfs-volants pilotés par des émeutiers palestiniens de l'autre côté de la frontière. 14 mai 2018. (JACK GUEZ/AFP)
Des soldats israéliens devant de la fumée d'un incendie dans un champ de blé près du kibboutz de Nahal Oz, le long de la frontière avec la bande de Gaza, causé par des cocktails Molotov attachés à des cerfs-volants pilotés par des émeutiers palestiniens de l'autre côté de la frontière. 14 mai 2018. (JACK GUEZ/AFP)

Des centaines de personnes ont suivi mardi matin les funérailles de Yazan Tubas, 23 ans. « Je suis heureux que mon fils soit (un) martyr », a dit son père Ibrahim, 50 ans.

« Il fait partie de tous ceux qui sont morts pour le bien de la Palestine et de Jérusalem », a-t-il ajouté, en assurant que son petit-fils Ibrahim prendrait la relève.

« Une génération se lèvera, puis une autre… ».

Au moins 2 400 Palestiniens ont été blessés, soit par les tirs israéliens, soit par les inhalations de gaz lacrymogène, selon le ministère de la Santé du Hamas, groupe terroriste islamiste qui contrôle l’enclave. Ces chiffres ne peuvent pas être vérifiés.

Les Gazaouis devraient à nouveau prendre la direction de la barrière de sécurité israélienne dans l’après-midi.

Khalil al-Hayya, l’un des responsables du Hamas, le groupe islamiste qui dirige Gaza, a assuré lundi soir que le mouvement allait se poursuivre.

Le Hamas soutient et encourage vivement ce mouvement (le groupe a promis 100 dollars par faille) tout en assurant qu’il émane de la société civile et qu’il est pacifique, comme les pneus enflammés, les cerf-volants au cocktail Molotov, les incendies dans les champs israéliens, les pierres et les engins explosifs posés le long de la barrière de sécurité n’en témoignent pas.

Des émeutiers palestiniens pendant les affrontements avec les soldats israéliens à proximité de la frontière entre Gaza et Israël à Rafah, à Gaza, le 14 lmai 2018 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Ses 25 000 membres terroristes n’ont pas pour l’instant ouvertement sorti les armes, mais Khalil al-Hayya a laissé entendre que cela pourrait changer. Des membres terroristes morts ont déjà été identifiés par le Hamas depuis le début des « marches du retour », le 30 mars dernier.

L’armée israélienne, qui a mobilisé des milliers d’hommes autour de la bande de Gaza et en Cisjordanie, a dit s’attendre à de nouvelles violences. « Toute activité terroriste appellera une riposte vigoureuse », a-t-elle prévenu.

Des manifestations sont également prévues en Cisjordanie, distante de Gaza de quelques dizaines de kilomètres à travers le territoire israélien.

Alors que ces marches sont organisées depuis fin mars, ce sont les évènements de lundi qui ont de nouveau suscité de nombreuses critiques à Israël, – pas au Hamas. Lundi était le jour de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.

La Turquie et l’Afrique du Sud, proches du Hamas, ont rappelé leur ambassadeur.

Dublin, pro-boycott anti-israélien, a convoqué l’ambassadeur israélien en Irlande, une première sur ces évènements pour un pays de l’Union européenne. L’UE et Londres ont appelé à la retenue, tout comme Pékin en s’adressant « surtout » à Israël.

Le président français Emmanuel Macron a « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants » palestiniens et les « tirs indiscriminés ».

Le Kremlin a exprimé sa « préoccupation la plus profonde ».

Le mouvement a drainé des dizaines de milliers de Palestiniens, hommes, femmes et enfants, le long de la frontière avec, pour certains, l’intention de forcer la barrière de sécurité israélienne et de nuire à la sécurité israélienne. Tandis que la plupart des Gazaouis se tiennent à distance, des groupes résolus vont défier la mort en allant lancer des pierres et des engins incendiaires ou en faisant rouler des pneus enflammés vers les soldats.

La « marche du retour » était censée culminer mardi et non lundi avec les commémorations de la « Nakba ». Mais l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem a enflammé les passions palestiniennes.

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