Jean-Marie Le Pen condamné à 1 500 euros d’amende pour détention d’armes
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Jean-Marie Le Pen condamné à 1 500 euros d’amende pour détention d’armes

Le tribunal a relaxé l'ancien chef du FN pour les trois armes trouvées chez lui qu'il disait ne pas connaître, mais l'a condamné pour les autres armes dont il assume la propriété

Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, le 20 août 2015. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)
Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, le 20 août 2015. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

L’ancien chef de l’extrême droite française, Jean-Marie Le Pen, a été condamné jeudi à 1 500 euros d’amende pour possession d’armes non déclarées, mais a bénéficié d’une relaxe partielle.

Le 26 janvier 2015, les pompiers intervenaient au domicile de la compagne de M. Le Pen, Jany Le Pen, à Rueil-Malmaison, une banlieue chic de Paris, pour éteindre un incendie déclaré en début d’après-midi.

En fouillant les étages, les pompiers tombaient sur plusieurs armes: un flash-ball, un pistolet gomme-cogne, un fusil à pompe, un pistolet de calibre 7,65, un petit revolver de collection ainsi qu’un colt calibre 38, seule arme pour laquelle Jean-Marie Le Pen bénéficiait d’une autorisation.

Quelques mois plus tard, à la faveur d’une perquisition à son domicile de Montretout, également dans la banlieue, dans le cadre d’une autre enquête, les policiers découvraient cette fois-ci un semi-automatique, un Luger 9mm placé dans un coffre-fort au sous-sol.

Là non plus, l’arme n’était pas déclarée et son numéro de série était même limé, « caractéristique qu’on retrouve plutôt dans le grand banditisme », a rappelé le procureur à l’audience.

Jean-Marie Le Pen a reconnu devant les enquêteurs être le propriétaire du fusil, « un héritage » selon lui, ainsi que du pistolet de collection, « un cadeau », retrouvés au domicile de sa femme. Pour les autres armes, il a affirmé ne pas connaître leur provenance.

Quant au Luger sans numéro de série, il lui a été offert « par un ancien agent des services spéciaux aujourd’hui décédé », a toujours affirmé l’ancien patron du Front national, parti d’extrême droite aujourd’hui dirigé par sa fille Marine.

« Qui veut-on désarmer ? Où est la dangerosité? », s’est indigné son avocat, Me Frédéric Joachim. « Je voudrais éviter qu’on fasse un amalgame avec ces jeunes gens qui vont tirer des salves de kalachnikov dans les rues de Marseille en plein jour », a-t-il réclamé, rappelant les menaces qui ont toujours pesé sur Jean-Marie Le Pen et l’attentat dont il a été victime en 1976, quand son immeuble a été piégé « avec 20 kg d’explosif ».

Le tribunal a validé la version de M. Le Pen en le relaxant pour les armes qu’il disait ne pas connaître, soit le pistolet 7,65, le flash-ball et le gomme-cogne. Il l’a en revanche condamné pour le reste.

« Le quantum de la peine est raisonnable, s’est satisfait Me Joachim après l’audience, surtout par rapport à la dureté des réquisitions ».

Le parquet avait demandé une peine de 20 000 euros d’amende et une interdiction de détenir des armes pendant cinq ans.

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