Jérusalem: Les chefs hassidiques appellent à l’abstention, favorisant Berkovitch
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Jérusalem: Les chefs hassidiques appellent à l’abstention, favorisant Berkovitch

La décision d'Agudath Yisrael, alors que la course se resserre, place le candidat laïc au coude-à-coude avec le grand favori, Moshe Lion

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Un homme ultra-orthodoxe se tient devant le siège de campagne du candidat à la mairie de Jérusalem, Ofer Berkovitch, à Jérusalem, le 8 novembre 2018, avant le second tour des élections municipales qui ont lieu le 13 novembre. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Un homme ultra-orthodoxe se tient devant le siège de campagne du candidat à la mairie de Jérusalem, Ofer Berkovitch, à Jérusalem, le 8 novembre 2018, avant le second tour des élections municipales qui ont lieu le 13 novembre. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les chefs religieux hassidiques de Jérusalem ont ordonné lundi à leurs fidèles de s’abstenir de voter mardi lors du second tour de l’élection municipale, divisant ainsi le vote ultra-orthodoxe dans une manœuvre profitant à Ofer Berkovitch et le mettant au coude-à-coude avec Moshe Lion, candidat favori.

M. Lion bénéficie du soutien d’une grande partie de la communauté ultra-orthodoxe de la capitale et de l’appui des factions haredi Shas et Degel HaTorah. Berkovitch, quant à lui, est le fer de lance du courant laïc de la ville avec son parti Hitorerut. Lors du premier tour de scrutin, le 30 octobre, qui a renvoyé les deux candidats à un second tour, Lion a obtenu 33 % des voix, suivi par Berkovitch avec 29 %.

Malgré le large soutien haredi de M. Lion, l’animosité naissante entre le parti non-hassidique Degel HaTorah et le mouvement Agudath Yisrael, majoritairement hassidique, a amené son conseil rabbinique à décider, un jour avant les élections, que le jour du vote, ce dernier ne soutiendra pas M. Lion, ce que certains considèrent comme un soutien tacite à la candidature de Berkovitch.

Agudath Yisrael a rompu les rangs avec les autres groupes ultra-orthodoxes au premier tour du scrutin, en s’appuyant sur son propre candidat – le maire adjoint Yossi Deitch – plutôt que de soutenir Lion. Les mouvements hassidiques auraient également joué un rôle décisif dans la victoire étroite de Nir Barkat contre Lion en 2013.

Les sympathisants célèbrent l’arrivée du candidat à la mairie de Jérusalem Moshe Lion à son QG de campagne, le 30 octobre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Agudath Yisrael représente environ 25 000 voix, selon le décompte des suffrages en faveur de la liste du conseil du parti dans les sondages du 30 octobre. 40 000 personnes ont soutenu Degel HaTorah et 33 000 ont soutenu le Shas (les électeurs choisissent un maire et une liste du conseil séparément).

La communauté ultra-orthodoxe représente environ 37 % de la population juive de Jérusalem (la population arabe de la ville boycotte traditionnellement les élections municipales) et a traditionnellement des taux de participation élevés.

Les habitants de Jérusalem procèdent à un deuxième tour de scrutin entre 13 heures et 22 heures pour désigner leur prochain maire. Le second tour entre les deux candidats est organisé après qu’aucun des cinq participants du premier tour – Lion, Berkovitch, Zeev Elkin, Deitch et Avi Salman, le ministre des Affaires de Jérusalem, et le peu connu Avi Salman – n’a obtenu 40 % des voix.

La course s’est également resserrée après que Lion, autrefois considéré comme le grand favori des élections, a reçu plusieurs appuis très médiatisés. Il a reçu le soutien du maire sortant Barkat, des sections locales du Likud et du parti HaBayit HaYehudi, et de plusieurs ministres du Likud.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas encore annoncé s’il soutient Lion, ancien directeur général de son cabinet, ou Berkovitch.

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