John Zorn : à musicien hors-normes, concert hors-normes à Paris
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John Zorn : à musicien hors-normes, concert hors-normes à Paris

Une composition des plus réputées de sa carrière : le quartette Masada, au sein de laquelle il réveille les musiques juives de ses ancêtres

Concert de "Masada": Joey Baron,, Greg Cohen (b), Dave Douglas, et, John Zorn (au saxophone). (Crédit : CC BY 2.0)
Concert de "Masada": Joey Baron,, Greg Cohen (b), Dave Douglas, et, John Zorn (au saxophone). (Crédit : CC BY 2.0)

A musicien hors-normes, concert hors-normes : le compositeur et saxophoniste John Zorn, agitateur de la scène new-yorkaise underground et avant-gardiste depuis quatre décennies, était le maître d’oeuvre d’une soirée-marathon jeudi à Paris, vouée aux interprétations d’extraits de « The Bagatelles », une oeuvre récente.

Dans le cadre du « Festival All Stars » au New Morning – en lieu et place de la Salle Pleyel où l’événement était d’abord prévu -, se sont succédés jusqu’à près d’une heure du matin vingt-neuf musiciens dispatchés dans quatorze formations. Au programme, 50 compositions extraites de « The Bagatelles », une oeuvre pantagruélique de plus de 300 pièces composée en 2015 par ce musicien, toujours en suractivité permanente, à 65 ans.

Parmi les acteurs de cette soirée, figuraient quelques-uns des fidèles compagnons de route de John Zorn, ceux avec lui à l’origine du « New Radical Jewish Culture », un mouvement de revendication d’une identité juive à travers diverses créations, dans les années 1980 : le guitariste Marc Ribot, le batteur Joey Baron, le violoncelliste Mark Feldman, le trompettiste Dave Douglas, le contrebassiste Greg Cohen…

Et bien d’autres, parmi lesquels le pianiste Craig Taborn, le guitariste Julian Lage, l’organiste John Medeski, ou encore la pianiste improvisatrice suissesse Sylvie Courvoisier, épouse de Mark Feldman.

Depuis son intrusion sur la scène underground new-yorkaise à la fin des années 1970, John Zorn, compositeur boulimique, s’est toujours plu à brouiller toutes les pistes : free-punk, post-free, poly-free, sont des termes qui ont été utilisées pour tenter de cerner sa musique, radicale.

Elève autant de John Cage et sa musique contemporaine expérimentale que des principes musicaux d’Ornette Coleman, considéré comme l’inventeur du free jazz, les compositions de John Zorn recèlent de mutiples emprunts : au jazz, au classique, au contemporain, au rock, à l’électro.

Une « bagatelle », selon le dictionnaire, est une composition assez courte, à caractère léger. Beethoven en composa un certain nombre, György Ligeti aussi.

Celles de John Zorn sont marquées par leur atonalité, mais non dénuées de lignes mélodiques et d’un certain lyrisme. Et sont propices à l’improvisation, ce que va tenter de démontrer le concert-marathon du New Morning.

John Zorn y jouera dans la première des quatorze formations, l’une des plus réputées de sa carrière : le quartette Masada, au sein de laquelle il réveille les musiques juives de ses ancêtres.

Puis, tel un metteur en scène de sa propre musique, il dirigera du geste, ou observera attentivement, le déroulé des treize autres.

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