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Judo : Le transfuge iranien Saeid Mollaei bat son ami l’Israélien Sagi Muki

Sur son compte Instagram, Muki s'est félicité d'une "victoire du sport sur la politique" et a salué "la capacité du sport et de l'amitié à combler tous les fossés"

Le judoka israélien Sagi Muki, champion du monde, à droite, et le champion iranien Saeid Mollaei Grand Chelem de Paris, le 10 février 2020. (Capture d'écran Instagram)
Le judoka israélien Sagi Muki, champion du monde, à droite, et le champion iranien Saeid Mollaei Grand Chelem de Paris, le 10 février 2020. (Capture d'écran Instagram)

Trois ans après avoir été contraint de refuser de combattre l’Israélien Sagi Muki, le judoka Saeid Mollaei, ex-Iranien devenu Azerbaïdjanais, a finalement affronté son adversaire samedi lors du Grand Slam de Budapest.

Mollaei s’est imposé par immobilisation au troisième tour du tournoi, et les deux hommes, devenus amis, se sont pris dans les bras à l’issue du combat.

Sur son compte Instagram, Muki s’est félicité d’une « victoire du sport sur la politique » et a salué « la capacité du sport et de l’amitié à combler tous les fossés ».

« Merci mon frère », lui a répondu Mollaei.

« Pour la première fois dans l’histoire de notre sport, depuis 1979, un homme né en Iran et qui a défendu les couleurs de son pays jusqu’à devenir champion du monde, a rencontré un Israélien, également champion du monde », a déclaré la Fédération internationale, qui a qualifié la rencontre de « combat pour la liberté ».

Quelle belle amitié entre nos judokas ! », a écrit avec enthousiasme la fédération internationale sur Twitter.

L’histoire entre les deux judokas remonte à août 2019 lors des Mondiaux de Tokyo.

Saeid Mollaei, champion du monde sortant en -81 kg, s’était incliné successivement en demi-finales, puis dans son combat pour une troisième place, se classant finalement cinquième.

Il avait affirmé peu après avoir subi des pressions des autorités iraniennes en ce sens, afin d’éviter de rencontrer l’Israélien Sagi Muki en finale.

L’Israélien avait finalement remporté la médaille d’or et la Fédération iranienne avait été suspendue le mois suivant.

Mollaei avait alors dû s’exiler en Allemagne, avant de changer de nationalité sportive. D’abord naturalisé Mongole, il a ensuite pris la nationalité azerbaïdjanaise.

En février 2021, il avait été accueilli en héros en Israël pour y disputer une compétition internationale.

Lors d’une compétition du Grand Chelem en 2019, à Tel Aviv – il y avait remporté la médaille d’argent –, Mollaei avait déclaré à CNN que l’État juif « s’est montré très bien à mon égard depuis que je suis arrivé », ajoutant que les membres de l’équipe nationale de sa discipline « avaient été très gentils. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais ».

L’histoire de cette amitié improbable entre les deux athlètes fait l’objet d’une adaptation à la télévision par la société de production israélienne Tadmor Entertainment et par la MGM.

L’année dernière, Mollaei, qui représentait la Mongolie, a ramené la médaille d’argent des Jeux Olympiques de Tokyo dans sa catégorie.

L’Iran ne reconnaît pas Israël et les passeports iraniens précisent en lettres rouges que leurs détenteurs « n’ont pas le droit de se rendre en Palestine occupée ».

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