Juifs américains : le vote de l’UNESCO tente d’effacer les liens des Juifs avec Jérusalem
Rechercher
L'AIPAC condamne un 'affront à la vérité'

Juifs américains : le vote de l’UNESCO tente d’effacer les liens des Juifs avec Jérusalem

Des groupes américains et canadiens accusent l’organisation culturelle de révisionnisme politique pour une résolution "infâme" qui nie les liens juifs aux lieux saints

Un homme tient un drapeau israélien au cours d'une marche de soutien à la ville de Jérusalem au mur Occidental le 22 octobre, 2015, après une vague d'attaques terroristes  (Crédit photo: Mendy Hechtman / Flash90)
Un homme tient un drapeau israélien au cours d'une marche de soutien à la ville de Jérusalem au mur Occidental le 22 octobre, 2015, après une vague d'attaques terroristes (Crédit photo: Mendy Hechtman / Flash90)

Les groupes juifs américains ont fait part de leur mécontentement jeudi face à l’adoption d’une résolution par l’organisation culturelle des Nations unies qui ignore les liens juifs et chrétiens avec le mont du Temple et le Mur Occidental, accusant l’organisation de réécrire l’Histoire et de vouloir saper la légitimité de l’Etat d’Israël.

La résolution de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture) – adoptée par 24 voix contre 6 au stade de la Commission – n’a utilisé que des noms musulmans pour désigner les lieux saints de Jérusalem et s’est montrée âprement critique envers Israël pour ce qu’elle a qualifié dans ses textes “d’abus provocateurs qui violent la sainteté et l’intégrité” de la zone.

Le Conseil exécutif de l’UNESCO devrait a priori prendre en considération et certainement approuver cette même résolution la semaine prochaine.

« Supprimer le lien entretenu par les Juifs et Jérusalem, c’est nier le patrimoine culturel de Jérusalem », a déclaré Jonathan Greenblatt, président de l’Anti-Defamation League (ADL), dans un communiqué. « C’est non seulement non-éthique, mais cela vient contredire le rôle de l’UNESCO qui consiste à bâtir la compréhension inter-culturelle et à protéger l’héritage culturel ».

“Les résolutions pareilles empoisonnent l’atmosphère et sèment la défiance, rendant d’autant plus difficiles les avancées vers la réconciliation », a-t-il accusé.

La résolution “dénonce profondément les agressions continues des Israéliens contre les civils, dont des personnalités et des clercs religieux islamiques, dénonce l’entrée forcée dans les différentes mosquées et constructions historiques” des Israéliens dans les lieux saints musulmans, dont les employés de la soi-disante Autorité des Antiquités israéliennes.

Jonathan A. Greenblatt, président de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)
Jonathan A. Greenblatt, président de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)

« Elle pousse également Israël à mettre un “terme à ces agressions et à ces abus qui enflamment la tension sur le terrain et entre les différentes religions”.

L’Union Orthodoxe a également dénoncé la résolution de l’UNESCO pour ce qu’elle a qualifié d’”intention infâme, sans aucun équivoque possible”.

“Les dirigeants de l’UNESCO ont approuvé une résolution biaisée de manière éhontée, qui tente d’effacer la connexion historique et profondément ancrée qui existe entre les Juifs (et les Chrétiens) et Jérusalem, la capitale éternelle d’Israël », a écrit Nathan Diament, directeur des relations publiques de l’UO.

L’American Jewish Committee a indiqué pour sa part que la résolution était un cas de “révisionnisme historique manifeste ».

“Voyons clairement ce qui se joue ici : C’est une autre tentative visant à saper la fondation même de l’Etat d’Israël et la connexion documentée, historique à travers les âges des Juifs avec cette terre”, a expliqué le Directeur Général d’AJC, David Harris, qui a également salué les six états-membres ayant voté contre la résolution (Estonie, Allemagne, Lituanie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Etats-Unis).

Le directeur exécutif du Comité juif américain (AJC), David Harris (Crédit : AJC)
Le directeur exécutif du Comité juif américain (AJC), David Harris (Crédit : AJC)

L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) a appelé la résolution “un affront à la vérité et une tentative pure et simple de délégitimisation de l’Etat juif, qui tente de manière scandaleuse de saper les liens que Juifs et Chrétiens entretiennent avec la Vieille Ville de Jérusalem.”

Le Centre pour Israël et les Affaires juives (CIJA), un groupe de défense basé au Canada, a comparé la résolution de l’UNESCO à une histoire digne du site d’information satirique The Onion, et a également souligné le mépris envers les chrétiens contenu dans le texte.

“1 900 ans avant l’#UNESCO, les Juifs priaient devant & ont fait le deuil de la destruction de notre Temple. Notre mémoire n’est pas déterminée par un vote de l’UNESCO ,” a tweeté le CIJA. « Nier les racines juives du mont du Temple, c’est effacer également la Bible chrétienne. Combien de religions l’#UNESCO a-t-elle offensé aujourd’hui ? »

Un communiqué émis par la Conférence des Présidents des Organisations Juives américaines Majeures a critiqué l’organisation pour avoir “effacé le lien historique incontestable des Juifs, des Chrétiens et des traditions [foi] autres que l’islam dans les lieux saints de Jérusalem.”

“C’est une question morale. Il ne peut pas y avoir d’équivoque », a fait savoir le groupe.

La résolution commence par l’affirmation de “l’importance de la Vieille Ville de Jérusalem et de ses Murs pour les trois religions monothéistes”, puis accuse Israël – qu’il appelle constamment “la puissance occupante” d’une longue liste d’actes répréhensibles.

En Israël, le document a été rapidement condamné par les législateurs, de droite comme de gauche, et qualifié « d’absurde » et « d’antisémite ».

Le texte “déplore fermement les assauts continus” perpétrés contre la mosquée Al-Aqṣa /Ḥaram Al-Sharif — les noms musulmans désignant le mont du Temple et la Mosquée qui y est située – “par des extrémistes israéliens d’extrême-droite et des forces en uniforme ».

Il dénonce aussi les travaux israéliens sur le parvis du mur Occidental, qu’il appelle place al-Burak, qui est le nom musulman du site.

Le mur Occidental, qui est le mur de soutènement extérieur du mont du Temple, est le lieu saint où les Juifs peuvent aujourd’hui prier, et se situe sur la partie inférieure du mont du Temple, site sacré pour le judaïsme puisqu’il accueillait les temples bibliques.

Il a été construit pendant la période du Second temple.

Le mont du temple et le mur Occidental à Jérusalem, depuis le survol annuel de l'armée de l'air israélienne pour Yom HaAtsmaout, le 12 mai 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)
Le mont du temple et le mur Occidental à Jérusalem, depuis le survol annuel de l’armée de l’air israélienne pour Yom HaAtsmaout, le 12 mai 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

La Mosquée Al-Aqsa, considérée par les Musulmans comme le troisième lieu le plus saint de l’Islam, se situe au sommet du mont du Temple, connu des Musulmans sous le terme de Haram al-Sharif, ainsi que Dôme du Rocher.

L’enceinte du mont du Temple a été le lieu d’affrontements répétés entre manifestants palestiniens et forces israéliennes de sécurité. Tandis que les Juifs ont l’autorisation de pénétrer sur le site, les non-musulmans ne peuvent y pratiquer leur culte selon les termes des arrangements qui ont été institués par Israël quand il s’est saisi de la zone face à la Jordanie lors de la Guerre des Six Jours, en 1967.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...