Kakhol lavan fustige ses députés qui refusent un gouvernement minoritaire
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Kakhol lavan fustige ses députés qui refusent un gouvernement minoritaire

Des cadres de l'alliance centriste blâment Hauser et Hendel; la Liste arabe unie prévient Gantz, pas de pourparlers clandestins : "Soit nous entrons par la grande porte, soit rien"

Les membres de la Knesset Yoaz Hendel et Zvi Hauser de Kakhol lavan, le 29 avril 2019, avant l'ouverture de la session de la Knesset après les élections. (Crédit : Noam Revkin Fenton / Flash90)
Les membres de la Knesset Yoaz Hendel et Zvi Hauser de Kakhol lavan, le 29 avril 2019, avant l'ouverture de la session de la Knesset après les élections. (Crédit : Noam Revkin Fenton / Flash90)

Le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, ainsi que d’autres membres importants de l’alliance centriste, seraient furieux de l’opposition de deux députés de son aile droite à la formation d’un gouvernement minoritaire s’appuyant sur le soutien extérieur de la Liste arabe unie à majorité arabe.

Parmi ceux qui fulminent figure le député Moshe Yaalon, qui préside la sous-faction Telem de Kakhol lavan, a rapporté dimanche la Douzième chaîne. Alors qu’il avait accueilli favorablement l’idée d’un gouvernement minoritaire comme seul moyen de destituer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’empêcher une quatrième élection, deux autres députés de Telem, Zvi Hauser et Yoaz Hendel, ont exprimé leur désaccord.

Un responsable du parti a déclaré à la Douzième chaîne que Hauser et Hendel « faisaient le jeu de Netanyahu en contrecarrant un gouvernement dirigé par Gantz ».

Yaalon a organisé dimanche à Tel Aviv une réunion avec les deux députés réfractaires, que Gantz aurait accusés de l’avoir empêché de suivre la même voie après les élections de septembre. Selon la Treizième chaîne, la conversation s’est enflammée, et des cris ont été entendus de l’autre côté de la porte.

Les leaders de Kakhol lavan de gauche à droite : Gabi Ashkenazi, Benny Gantz, Yair Lapid et Moshe Yaalon saluent leurs partisans au siège de la formation après les premiers résultats des élections à Tel Aviv, en Israël, le 18 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

Dimanche soir, un groupe d’adolescents d’une académie pré-militaire a manifesté devant le domicile de Hendel, lui demandant de résister aux pressions pour former un gouvernement soutenu par la Liste arabe unie. Les manifestants étaient issus du programme Lachish, qui est dirigé par le mari de Sarah Beck, membre du parti de droite Yamina.

Dans les images de la manifestation, on pouvait voir Hendel sortir pour rencontrer les manifestants, leur servir du thé et les exhorter à faire pression sur les autres députés pour qu’ils forment un gouvernement d’unité Likud-Kakhol lavan.

« L’unité est un besoin existentiel », a tweeté Hendel dans une publication relatant la manifestation.

Quoi qu’il en soit, Gantz a demandé à ses négociateurs de coalition de se préparer aux pourparlers avec la Liste arabe unie pour former un gouvernement d’unité, a rapporté la Douzième chaîne.

La chaîne a cité séparément les responsables de la Liste arabe unie qui ont fustigé les efforts du parti centriste visant à dissimuler sa coopération avec le parti à majorité arabe.

« Soit nous entrons dans les négociations avec Gantz par la grande porte, soit nous n’entrerons pas du tout », a soutenu un député de la Liste arabe unie, selon la chaîne.

« Ils doivent nous parler de la même manière qu’ils parlent aux autres partis. Il n’y aura pas d’accords entérinés en cachette », a ajouté le responsable, en disant que le parti finirait par devenir un « punching-ball » lorsque cela serait politiquement opportun pour les députés Kakhol lavan.

Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, (au centre), rencontre les chefs de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, (à gauche), et Ahmed Tibi, (à droite), le 31 octobre 2019. (Crédit : Ofek Avshalom)

Un autre responsable de la Liste arabe unie a déclaré à la Douzième chaîne : « Gantz doit décider si nous, en tant que leaders de la population arabe, sommes légitimes à ses yeux ou non. [S’il ne le fait pas], alors il ferait mieux de trouver un autre parti pour former un gouvernement. Il doit nous montrer en quoi il se différencie de Netanyahu s’il veut que nous le recommandions. Si Kakhol lavan continue avec cette [attitude], nous ne les recommanderons pas. Ce n’est pas dans la poche ».

Les dirigeants de Kakhol lavan se sont réunis dimanche et ont décidé que la meilleure voie à suivre était de former un gouvernement minoritaire, étant donné qu’une coalition unitaire ne semble pas être sur la table et qu’une autre élection pourrait même ne pas être possible étant donné l’épidémie de coronavirus, a rapporté la Douzième chaîne.

En conséquence, le parti se prépare à lancer un blitz médiatique pour lutter contre le Likud, qui a fustigé Kakhol lavan pour sa coopération avec les « partisans du terrorisme » au sein du parti de la Liste arabe unie. L’alliance centriste chercherait à expliquer qu’en échange d’un seul vote d’abstention des 15 députés de la Liste arabe unie, elle fera à la population arabe les mêmes propositions d’ordre social que le Likud a faites à la minorité dans le passé. Il cherchera ensuite à faire adopter un budget avant d’accueillir tout autre parti intéressé, y compris le Likud, à rejoindre la coalition, a rapporté la Douzième chaîne.

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche) serre la main du chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, le 29 novembre 2019. (Elad Malka)

Le parti d’Avidgor Liberman, Yisrael Beytenu, devrait recommander au président Reuven Rivlin de charger Gantz de former un gouvernement, selon des médias israéliens jeudi, ce qui n’a été ni confirmé ni démenti par le parti.

Avec le soutien de Liberman, Gantz pourrait bénéficier de plus de recommandations que Netanyahu, ce qui compliquerait le choix de Rivlin quant à la personne à qui donner la première chance de former un gouvernement.

Bien que ni l’un ni l’autre n’ait remporté la majorité à la Knesset lors des élections de lundi, Netanyahu dispose du soutien de 58 députés, et le Likud est le parti ayant obtenu le plus de sièges. Mais si Liberman et l’ensemble de la Liste arabe unie recommandaient Gantz, ce dernier pourrait compter sur 62 sièges. Même si la faction Balad de la Liste arabe unie, composée de trois députés, décidait de ne pas soutenir Gantz, comme cela s’était produit en septembre, le leader de Kakhol lavan en aurait 59 si Hauser et Hendel décidaient de se rallier à lui.

Liberman et Gantz doivent se rencontrer lundi à l’hôtel Kfar Maccabiah à Ramat Gan pour discuter davantage de la coordination entre leurs partis.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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