Kakhol lavan jure d’envahir Gaza et éliminer les chefs du Hamas en cas de guerre
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Kakhol lavan jure d’envahir Gaza et éliminer les chefs du Hamas en cas de guerre

Critiquant Netanyahu pour les cessez-le-feu et les transferts d'argent à Gaza, Gantz dit que la prochaine guerre sera la dernière. Lapid : les maisons du Hamas seront détruites

(De gauche à droite) Gabi Ashkenazi, Yair Lapid, Benny Gantz et Moshe Yaalon du parti Kakhol lavan pendant une visite à Sderot, le 6 août 2019. (Elad Malka)
(De gauche à droite) Gabi Ashkenazi, Yair Lapid, Benny Gantz et Moshe Yaalon du parti Kakhol lavan pendant une visite à Sderot, le 6 août 2019. (Elad Malka)

Lors d’une conférence de presse enflammée tenue près de la frontière de Gaza, les dirigeants du parti Kakhol lavan ont averti mardi que le parti centriste notamment dirigé par trois anciens généraux pourrait envahir Gaza afin de renverser le groupe terroriste palestinien du Hamas, s’il était élu lors des prochaines élections.

Le chef du parti, Benny Gantz, a déclaré que le Hamas, dirigeant de facto de la bande de Gaza, se verrait présenter une liste de conditions, – et que s’il ne l’acceptait pas, il ferait alors face à une offensive terrestre et à une campagne d’assassinats ciblés.

Kakhol lavan tente de tirer profit de la colère qui couve contre le gouvernement au sujet des affrontements récurrents à la frontière et d’une série de cessez-le-feu précaires.

« Nous refusons que notre force de dissuasion se détériore et que les combats se poursuivent », a déclaré le chef du parti Benny Gantz lors de la visite de la ville de Sderot, qui a été la cible de milliers de tirs de roquettes depuis Gaza.

« La prochaine fois qu’il se produira un incident ici, nous ferons en sorte que ce soit le dernier. Nous nous efforcerons de renverser le Hamas, de prendre des mesures pour assassiner tous les dirigeants du Hamas et de déployer des forces terrestres aussi longtemps qu’il le faut. Nous n’accepterons pas un cessez-le-feu, nous provoquerons la défaite militaire du Hamas. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a souvent été attaqué au cours de la campagne électorale au sujet de sa politique à Gaza, mais il a défendu l’accord de cessez-le-feu et l’autorisation de transferts d’argent dans l’enclave palestinienne, affirmant qu’il est dans l’intérêt d’Israël de tout faire pour éviter une opération militaire majeure dans la bande.

Aux côtés de ses collègues, Moshe Yaalon et Gabi Ashkenazi – qui, comme lui, sont d’anciens chefs d’état-major de Tsahal – et Yair Lapid, Gantz a déclaré que son gouvernement aurait deux exigences clés envers le
Hamas : « calme total et retour des garçons » – en référence aux civils et aux corps des soldats de Tsahal détenus à Gaza. « Sinon, nous commencerons une vaste opération. L’armée israélienne a les capacités opérationnelles, et nous aurons le courage de les mettre en œuvre ».

Une photo prise dans la ville de Gaza le 5 mai 2019 montre des tirs de roquettes sur Israël. (Mahmud Hams/AFP)

« La prochaine fois que 700 roquettes seront tirées depuis Gaza vers Sderot, il faudra choisir quel cabinet de sécurité vous souhaitez – le général Gabi Ashkenazi ou Smotrich, le lieutenant-général Yaalon ou Miri Regev, le lieutenant-général Benny Gantz et moi-même ou personne, parce que Bibi disparaît chaque fois que des coups de feu sont tirés depuis Gaza », a affirmé Yair Lapid, le numéro 2 de Kakhol lavan, faisant référence à un cycle de violence de deux jours en mai entre Israël et Gaza qui a abouti à un cessez-le-feu non officiel.

« Nous sommes ici parce que le Hamas a besoin de savoir que la prochaine fois que des roquettes seront tirées sur des citoyens israéliens, les dirigeants du Hamas sous notre surveillance ne recevront pas de valises remplis de dollars, ils recevront un missile guidé sur leur maison ».

« Nous renverserons la direction du Hamas », a ajouté Ashkenazi. « Nous frapperons les quartiers généraux, les entrepôts, les agents. Ensuite, nous réglerons la situation humanitaire à Gaza. »

Fin juin, Israël et le Hamas sont parvenus à un nouvel accord de cessez-le-feu, qui visait à mettre fin au lancement d’engins incendiaires et explosifs transportés par ballons depuis la bande de Gaza vers le sud d’Israël et à contenir le niveau général de violence le long de la frontière, en échange de plusieurs concessions économiques faites par Israël.

Depuis l’entrée en vigueur de la trêve, il y a eu une baisse marquée du nombre d’incendies criminels aériens, bien qu’ils n’aient pas complètement cessé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), s’entretient avec un officier de Tsahal près de la frontière avec la bande de Gaza, le 28 mars 2019. (Kobi Gideon/GPO)

Le gouvernement dirigé par Netanyahu, qui est également ministre de la Défense, a fait l’objet de nombreuses critiques de la part des habitants du Sud et des députés de tout l’échiquier politique qui estiment qu’il ne réagit pas comme il convient aux violences continues du Hamas et autres groupes terroristes dans la bande de Gaza, ni militairement ni par une trêve durable.

Netanyahu a déclaré le mois dernier que même s’il préférait que la frontière avec Gaza reste calme, Israël se préparait à une éventuelle offensive militaire de grande envergure qui serait « surprenante ».

« Je préfère le calme, et non l’illusion que nous pouvons parvenir à un accord politique avec [le Hamas], qui veut rayer l’État d’Israël de la surface de la terre. Mais nous nous préparons à une offensive qui n’est pas seulement de grande envergure, mais aussi surprenante », a déclaré M. Netanyahu lors d’une réunion à la mairie de la ville côtière d’Ashkelon, qui a subi de nombreux tirs de roquettes depuis l’enclave côtière au cours des dernières années.

Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.

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