Israël en guerre - Jour 147

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La baisse de la note de crédit d’Israël par Moody’s est « politique, déraisonnable », dit Smotrich

Le ministre des Finances affirme que l'économie du pays est forte et que la note est venue sanctionner le refus, par Israël, du "plan du suicide" prévoyant un cessez-le-feu et un État palestinien ; Lapid et Liberman blâment le gouvernement

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s'exprime à la tribune de la Knesset, à Jérusalem, le 7 février 2024. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s'exprime à la tribune de la Knesset, à Jérusalem, le 7 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a balayé d’un revers de la main, samedi, la baisse de la note de crédit d’Israël par l’agence Moody’s, disant que la décision liée à la guerre à Gaza ne se basait pas sur un raisonnement économique et qu’elle était « un manifeste » politique illustrant le pessimisme.

Dans son annonce faite vendredi, Moody’s a cité l’impact de la guerre qui oppose Israël au Hamas à Gaza actuellement en cours en abaissant sa note – qui passe de A1 à A2. Une note que l’agence a assortie d’une perspective « négative », ce qui signifie que d’autres rétrogradations sont possibles, en raison « du risque d’une escalade » avec le groupe terroriste du Hezbollah sur la frontière nord d’Israël.

Smotrich a fait part de sa défiance dans la soirée de samedi, disant que « l’économie israélienne est forte, sous tous les rapports. Elle est capable d’encaisser tous les efforts induits par la guerre, sur la ligne de front comme sur le front intérieur jusqu’à ce que, avec l’aide de Dieu, nous remportions la victoire ».

« L’annonce faite par Moody’s concernant la baisse de cette note ne s’appuie sur aucun argument économique sérieux et c’est un simple manifeste politique fondé sur une vision du monde pessimiste et injustifiée au niveau géopolitique ; c’est un résultat qui reflète un manque de confiance dans la sécurité et dans la résilience nationale israéliennes ainsi qu’un manque de confiance apparent dans la justesse du chemin que suit le pays face à ses ennemis », a-t-il ajouté.

Smotrich a déploré un communiqué où la firme n’a pas qualifié le Hamas et le Hezbollah de « groupes terroristes ». Il a aussi regretté une affirmation faite par Moody’s, qui a fait savoir que l’agence n’aurait pas annoncé cette rétrogradation si Israël avait accepté « le plan suicide », a-t-il dit, de la communauté internationale qui appelle à arrêter la guerre et à établir « un état terroriste arabe » à Gaza et en Cisjordanie.

Il a fustigé « les économistes de New York qui décident d’une note à partir de notre refus d’accepter un cessez-le-feu ou non, à partir de notre volonté de voir naître un état palestinien ou non », et il s’en est pris à ceux « qui ont décidé de baisser notre notation parce que nous avons refusé ces propositions jusqu’à présent ».

Il a estimé que ce positionnement était « absolument déraisonnable ».

Un panneau de l’agence de crédit Moody’s, à New York, le 13 août 2010. (Crédit : Mark Lennihan/AP)

S’exprimant lors de l’émission « Meet the press » de la Douzième chaîne, samedi, Smotrich a vivement recommandé aux Israéliens de lire le rapport et il a indiqué que Moody’s « y faisait l’éloge de l’économie israélienne » et des récentes initiatives économiques qu’il a été amené à prendre.

L’économie israélienne répond « de façon exceptionnelle » à la guerre, a-t-il affirmé. Le ministère des Finances a été « agréablement surpris par les activités économiques, le marché… La croissance connaît un rebond ».

Dans une rare déclaration faite à Shabbat, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a, lui aussi, minimisé l’impact de la décision de Moody’s.

« L’économie israélienne et forte. La baisse de la note de crédit n’est pas liée à l’économie, elle est entièrement due au fait que nous sommes en guerre », a expliqué le Premier ministre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, Jérusalem, le 7 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le leader de l’opposition, Yair Lapid, a pointé du doigt les « dysfonctionnements », selon lui, au sein du gouvernement.

« L’abaissement de la note de crédit est encore une preuve des dysfonctionnements du gouvernement et du mal qu’il fait au public », a écrit Lapid sur X.

« Depuis plus d’un an maintenant, ce gouvernement a abandonné la croissance dans l’économie, approuvant un budget inutile et irresponsable et, même en période de guerre, il n’y a personne, parmi ses 38 ministres, à travailler en faveur de l’économie israélienne », a-t-il ajouté.

Il a estimé que l’économie « avec l’aide de Dieu » et « de l’argent pour tout » prônée par Smotrich a échoué. « Israël a besoin d’un nouveau gouvernement qui fonctionne », a-t-il affirmé.

Le chef du parti d’opposition Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a lui aussi critiqué avec force le gouvernement après la décision prise par l’agence de notation.

Le leader de l’opposition Yair Lapid lors d’une réunion de faction à la Knesset de Jérusalem, le 5 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Liberman, qui était ministre des Finances avant l’investiture du nouveau gouvernement, à la fin de l’année 2022, a indiqué que la décision prise par Moody’s n’était pas surprenante et qu’elle était « le résultat des initiatives populistes et insupportables qui ont été prises par le gouvernement depuis sa prise de pouvoir ».

« Le gouvernement de la destruction continue à nous emmener vers la catastrophe économique, tout comme il nous a emmenés vers la catastrophe sécuritaire, le 7 octobre », a-t-il continué.

Le leader d’Yisrael Beytenu a aussi évoqué le budget, amendé pour cause de guerre, qui est présenté actuellement à la Knesset. Il a déclaré qu’il « nuisait à la croissance ».

Pour amortir le coût des dépenses en matière de défense, qui ont augmenté d’environ 70 milliards de dollars, le budget comprend une réduction générale de 3 % des montants versés aux ministères, avec quelques exceptions. Il ôte aussi la somme de 2,5 milliards de dollars seulement des fonds de la coalition – les fonds qui sont versés aux projets avancés par les députés et les ministres de l’alliance au pouvoir en direction de leurs électorats respectifs – et il contient un déficit-cible de 6,6 % du PIB.

De manière notable, le plan actuel ne comporte aucune disposition visant à réduire le nombre de départements gouvernementaux, malgré la recommandation faite par le ministre des Finances de fermer dix d’entre eux, qu’il considère comme superflus, pour couvrir les frais entraînés par la guerre. Parmi ces ministères, le ministère des Implantations et des missions nationales, le ministère de Jérusalem et de la tradition juive et le ministère des Renseignements.

La guerre contre le Hamas – qui avait commencé le 7 octobre quand le groupe terroriste avait lancé un assaut meurtrier sur le sol israélien, tuant 1 200 personnes, des civils en majorité et kidnappant 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza – coûte à Israël au moins un milliard de shekels par jour, selon des informations parues dans les médias.

Suite à l’attaque, l’agence S&P Global Ratings avait revu à la baisse la perspective d’Israël qui, de « stable », était passée à « négative », évoquant le risque d’un élargissement du conflit.

Fitch – la dernière des trois agences de notation américaines majeures – avait assorti sa note d’une perspective négative en raison du risque posé par le conflit.

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