La Banque centrale d’Israël va acheter 50 milliards de shekels d’obligations
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La Banque centrale d’Israël va acheter 50 milliards de shekels d’obligations

Cet achat est la dernière d'une série de mesures prises par les banques pour contrer la montée du chômage, la chute des actions, les fermetures d'entreprises du fait de la pandémie

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Un commerçant vendant du gel hydroalcoolique dans le centre-ville de Jérusalem, le 18 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)
Un commerçant vendant du gel hydroalcoolique dans le centre-ville de Jérusalem, le 18 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

La Banque d’Israël a déclaré lundi qu’elle achèterait 50 milliards de shekels d’obligations d’État sur le marché libre pour assouplir les conditions de crédit et soutenir l’économie alors que la crise du coronavirus chamboule l’économie nationale et les marchés mondiaux.

Cette décision est la dernière d’une série de mesures prises par la banque pour stabiliser l’économie qui se détériore dans un contexte de chômage galopant, de restrictions gouvernementales, de fermetures d’entreprises, de chute des actions et de craintes des consommateurs.

La banque a d’abord offert une vision relativement optimiste de la crise, prédisant une perte de moins de 1 % du PIB israélien, mais les prévisions du gouvernement, y compris celles du ministère des Finances, sont devenues de plus en plus alarmantes.

« Au cours des dernières semaines, les conditions économiques de la conjoncture israélienne se sont considérablement détériorées », a fait savoir la banque dans un communiqué lundi. « L’activité économique a été sérieusement perturbée, et la volatilité des marchés financiers a augmenté ».

Les achats massifs d’obligations permettront à la banque d’influencer les rendements des obligations, de réduire le coût du crédit à long terme pour les entreprises et les ménages, de modérer la volatilité des obligations et de stabiliser les marchés, a expliqué la banque.

Elle continuera à échanger des dollars et des shekels pour maintenir la stabilité de la monnaie.

Le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, assiste à une conférence de presse à Jérusalem, le 31 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90 / Archives)

La Banque d’Israël a réagi à la pandémie de manière moins agressive que la Réserve fédérale américaine, qui a réduit les taux d’intérêt à près de zéro dans une tentative futile de soutenir les marchés.

Dans sa déclaration de lundi, la Banque d’Israël a semblé renoncer à réduire les taux d’intérêt de la même manière, en indiquant que « le taux d’intérêt de la Banque d’Israël a longtemps été à des niveaux bas, ce qui rend les conditions financières plus faciles pour le secteur des affaires et les ménages ».

Son taux d’intérêt s’élève actuellement à 0,25 %.

La Banque d’Israël est intervenue sur le marché des obligations le 15 mars pour la première fois depuis la crise financière de 2009.

La semaine dernière, la banque a annoncé qu’elle allouerait jusqu’à 15 milliards de dollars pour des opérations d’échange entre devises pour les banques nationales, le shekel ayant perdu de sa valeur par rapport au dollar. Cela avait fait monter le shekel, bien qu’il ait depuis lors baissé, perdant plusieurs points de pourcentage dans les échanges de lundi. Un shekel vaut actuellement environ 3,71 dollars.

Les actions israéliennes ont continué leur descente lundi, l’indice TA-35 ayant chuté de près de 1 % après un modeste bond à la fin de la semaine dernière. L’indice a chuté de plus de 30 % au cours du mois dernier.

Les marchés américains ont également continué leur chute lundi, le S&P 500 ayant chuté de plus de 4 % en milieu d’après-midi. L’indice a connu une baisse historique de près de 34 % au cours du mois dernier.

Parallèlement, le taux de chômage en Israël a augmenté, s’élevant à 17,6 % lundi, 62 000 personnes s’étant inscrites auprès de l’agence pour l’emploi, ce qui porte à 573 000 le nombre total de nouveaux chômeurs en mars.

Le marché Carmel de Tel Aviv, désert et fermé, en pleine pandémie de coronavirus, le 23 mars 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Quelque 90 % des personnes qui s’inscrivent auprès de l’agence ont été mises en congé sans solde, et celle-ci s’attend à ce que 10 à 20 % des personnes inscrites perdent leur emploi de façon permanente lorsque la crise du coronavirus prendra fin.

La crise a touché particulièrement les secteurs du tourisme, de la restauration et du transport aérien, avec des licenciements et des congés sans solde généralisés. Environ 49 % des personnes licenciées ou mises en congé sans solde ont moins de 35 ans, et quelque 62 % des nouveaux chômeurs sont des femmes.

Les autorités s’apprêteraient à annoncer lundi ou mardi des mesures encore plus drastiques pour enrayer la propagation du virus, ce qui ne ferait qu’aggraver la situation économique. Le gouvernement fermerait les transports publics, ordonnerait la fermeture de tous les magasins, à l’exception des supermarchés et des pharmacies, et limiterait la distance que les personnes qui ne vont pas travailler peuvent parcourir à pied en dehors de leur domicile.

Lors des réunions du gouvernement sur la fermeture, le ministère des Finances a averti que si un confinement total est appliqué, l’économie pourrait ne pas être en mesure de s’en remettre, selon la Douzième chaîne. Le ministère des Finances a estimé la semaine dernière que le virus causera des dégâts à l’économie à hauteur de 45 milliards de shekels environ et anéantira toute croissance prévue.

Mardi, on dénombre 1 656 cas confirmés en Israël de Covid-19, la maladie causée par le virus, avec un décès. Dans le monde entier, plus de 16 000 décès et plus de 367 000 cas ont été enregistrés.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement a ordonné des restrictions de plus en plus sévères sur la vie publique, avec la fermeture des écoles, des universités et des centres de loisirs, et les Israéliens ont reçu l’ordre de rester confinés autant que possible.

Les rassemblements ont été limités à 10 personnes seulement, et la population a reçu l’ordre de maintenir une distance de deux mètres les uns des autres lorsqu’elle se trouve à l’extérieur.

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