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La BBC critiquée pour sa couverture de la guerre entre Israël et le Hamas – à juste titre

Le média, dont le fondateur voulait "éduquer, informer et divertir", joue sa réputation de média international le plus fiable du monde

Des manifestants brandissant des pancartes et drapeaux israéliens à un rassemblement devant le siège de la BBC (British Broadcasting Corporation) pour tenter de la convaincre de qualifier le Hamas de « terroriste », à Londres, le 16 octobre 2023. (Crédit : Daniel Leal/AFP)
Des manifestants brandissant des pancartes et drapeaux israéliens à un rassemblement devant le siège de la BBC (British Broadcasting Corporation) pour tenter de la convaincre de qualifier le Hamas de « terroriste », à Londres, le 16 octobre 2023. (Crédit : Daniel Leal/AFP)

LONDRES – Le père fondateur et tout premier directeur général de l’histoire de la BBC, John Reith, disait que son intention était « d’éduquer, informer et divertir ».

La couverture que fait la BBC de la guerre d’Israël contre le Hamas est sans doute bien loin des deux premiers objectifs.

Tout au contraire, la chaine publique britannique est accusée de ne pas avoir réussi à saisir avec précision la véritable nature de l’ennemi auquel l’État juif est confronté, de « répéter comme un perroquet la propagande du Hamas » et, selon les mots de l’ex-Premier ministre Naftali Bennett, de « manquer de sens moral ».

La semaine passée, l’actuel directeur général, Tim Davie, a fait face à la colère des députés conservateurs après ce qui pourrait s’avérer sa plus grossière erreur de tous les temps, à savoir s’être précipité pour rapporter des affirmations non vérifiées (et fausses) selon lesquelles une frappe aérienne israélienne avait fait exploser l’hôpital Al-Ahli de Gaza, le 17 octobre dernier.

Meurtrie et sous le feu des critiques, la BBC a du mal à se défendre. « Les gens ont des sentiments extrêmement forts envers la couverture médiatique – en particulier celle de la BBC », écrivait Deborah Turness, directrice de BBC News and Current Affairs, la semaine dernière. « C’est parce que la BBC est importante que ce que nous disons – et ne disons pas – compte autant. En période de conflit, la BBC fait office de paratonnerre – et cette guerre nous a une fois de plus mis au défi par toutes les parties.

Turness a raison : la BBC est importante, au Royaume-Uni comme dans le reste du monde. Une étude publiée par la BBC cette année montre qu’elle attire chaque semaine 447 millions d’auditeurs, partout dans le monde. C’est le label d’information le plus fiable au Royaume-Uni et aux États-Unis, et le fournisseur d’informations international le plus fiable au monde.

Au Royaume-Uni, en moyenne, huit adultes britanniques sur 10 utilisent les services de BBC News chaque semaine, loin devant ses rivaux tels que Sky News ou ITV News. En termes de réputation au niveau de l’exactitude et de l’impartialité, la BBC surpasse également de loin les autres organes de presse britanniques.

Tim Davie, le directeur général de la BBC, dans la loge royale du court central pour la finale du simple messieurs entre l’Espagnol Carlos Alcaraz et le Serbe Novak Djokovic lors de la 14e journée des championnats de tennis de Wimbledon à Londres, le 16 juillet 2023. (Crédit : AP Photo/Kirsty Wigglesworth)

La réputation de la BBC est, à bien des égards, bien méritée. L’impartialité est son mot d’ordre : contrairement aux États-Unis, la Grande-Bretagne dispose d’un service d’information apprécié des électeurs des deux principaux partis. La société investit des sommes considérables dans la collecte d’informations et les enquêtes, et continue de produire et diffuser des émissions d’affaires publiques de haute qualité. À Westminster, des programmes tels que « Today » sur BBC Radio 4 et « Newsnight » sur BBC2 sont suivis avec avidité et contribuent à façonner et définir l’agenda politique. Il n’y a pas non plus de doute sur la bravoure et le professionnalisme de nombreux journalistes que la BBC envoie dans les zones de guerre. Ses reportages sur l’Ukraine, par exemple, continuent d’être de tout premier ordre.

Cela rend d’autant plus consternante la couverture de la BBC, ces trois dernières semaines, sur la guerre contre le Hamas. Les choses ont commencé à mal tourner pour la BBC le 7 octobre, le jour même où le Hamas a déclenché son attaque, lorsqu’elle a diffusé une interview de Refaat Alareer, professeur à l’Université islamique de Gaza, qui a décrit les attaques de la « résistance palestinienne » comme « légitimes et morales » et les a comparées au soulèvement du ghetto de Varsovie.

Des drapeaux palestiniens agités devant la BBC Scotland pendant une manifestation pro-palestinienne et anti-israélienne, à Glasgow, le 14 octobre 2023, en soutien à « leur droit à la résistance ». Sur l’une des banderoles, on peut lire : « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre » – un appel à la destruction d’Israël. (Crédit : Andy Buchanan/AFP)

Suite à des plaintes de dirigeants communautaires et de députés juifs britanniques, la BBC a assuré que les propos « offensants » avaient été « vigoureusement contestés à l’antenne » mais qu’elle avait fait une erreur en les diffusant. Elle a fait savoir qu’Alareer ne serait plus invité à l’avenir. (Une rapide recherche sur Internet aurait rapidement permis à l’équipe de production de la BBC de s’apercevoir qu’il pourrait poser problème.)

Les chercheurs du site de surveillance pro-israélien CAMERA-UK ont également mis en évidence d’autres « excuses envers les terroristes » diffusées dans le cadre de la couverture par la BBC de la tragédie en Israël.

Et puis, bien sûr, il y a l’insistance de la BBC à ne pas qualifier le Hamas de « terroriste ». Elle a d’abord qualifié de « militants » ceux qui ont assassiné plus de 1 400 hommes, femmes et enfants israéliens. Comme le journal The Times l’a écrit succinctement : « La BBC est, en fait, en train de dissimuler les atrocités commises par le Hamas par un euphémisme. »

Des personnes tenant des pancartes sur lesquelles on peut lire « Sauvez ma famille » lors d’un hommage aux victimes des attaques organisées par le Hamas en Israël, au Parlement européen à Bruxelles, le 11 octobre 2023. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

La BBC s’obstine et campe sur ses positions en dépit des critiques, entre autres, du gouvernement, du Parti travailliste – dans l’opposition -, d’éminents avocats et du grand rabbin. En signe de protestation, la Campagne contre l’antisémitisme a manifesté devant la Maison de la BBC, le 16 octobre, tandis que le Board of Deputies of British Jews s’est plaint à l’Ofcom, le régulateur audiovisuel.

Mises à jour pour la dernière fois en 2019, les directives éditoriales de la BBC affirment que le « terrorisme » est un « sujet émotionnel » avec des « connotations politiques importantes ».

« Nous ne devrions pas utiliser le terme ‘terroriste’ sans l’attribuer », indiquent les lignes directrices, car il s’agit « d’un obstacle plutôt que d’une aide à la compréhension ». Au lieu de cela, il est conseillé aux journalistes de décrire les auteurs en utilisant des termes « tels que ‘poseur de bombe’, ‘assaillant’, ‘tireur’, ‘kidnappeur’, ‘insurgé’ et ‘militant’ ».

Des journalistes chevronnés de la BBC défendent sa position en rappelant sa philosophie fondatrice et son exigence d’« objectivité ».

« Terrorisme est un mot lourd de sens, utilisé à propos d’une organisation que les personnes désapprouvent moralement », fait valoir le respecté rédacteur en chef des affaires mondiales, John Simpson. « Ce n’est pas le travail de la BBC de dire aux gens qui soutenir et qui condamner – qui sont les bons et qui sont les mauvais. »

Des manifestants brandissant des pancartes et des drapeaux palestiniens lors d’une « Marche pour la Palestine » pour demander un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le Hamas, à Londres, le 28 octobre 2023. (Crédit : Henry Nicholls/AFP)

Le fait que Simpson ait rappelé que la BBC, lors de la Seconde Guerre mondiale, ne disait pas des nazis qu’ils étaient « mauvais ou méchants » n’a pas contribué à apaiser les tensions. Comme l’a dit le secrétaire à la Défense, Grant Shapps : « Quand on en arrive à citer les nazis dans son argumentaire, c’est que la partie est perdue. »

Comme l’a noté le Conseil des députés, la ligne de défense de la BBC a été affaiblie par la preuve qu’en de nombreuses autres occasions, la chaine a fait usage « du terme ‘terrorisme’ ces derniers temps ».

Ainsi, elle n’a pas hésité à qualifier le 11-septembre, les attentats à la bombe de Londres en 2005 et l’attentat du Bataclan à Paris, en 2015, d’attaques « terroristes ». Et au moment même où elle affirmait que dire du Hamas qu’il était terroriste équivaudrait à une violation de ses directives éditoriales, la BBC titrait sur la fusillade de deux ressortissants suédois à Bruxelles, « attaque terroriste ». (La BBC a rapidement changé le titre de son article sur l’attaque en Belgique et affirmé que le titre initial était une erreur.)

Après avoir rencontré le Conseil des députés à la fin du mois dernier, la BBC a changé de position, confirmant l’abandon du terme « militants » comme description par défaut pour lui préférer celui de « proscrit en tant qu’organisation terroriste par le gouvernement britannique et d’autres » ou tout simplement celui de « Hamas ».

Mais tout ceci n’est rien comparé à la polémique sur la couverture par la BBC de l’explosion de l’hôpital Al-Ahli.

« Selon des responsables palestiniens, des centaines de personnes pourraient avoir été tuées ou blessées par une frappe aérienne israélienne sur un hôpital de Gaza », pouvait-on lire dans une alerte de la BBC, omettant de préciser que « responsables palestiniens » renvoyait à Hamas. Comme on pouvait s’y attendre, le tweet de la BBC a été rapidement et largement partagé, entre autres, par le principal ecclésiastique d’Angleterre, l’archevêque de Canterbury, Justin Welby.

Vue du ciel de l’hôpital al-Ahli (au centre), dans la ville de Gaza, après une explosion le 17 octobre, qui, selon l’analyse vidéo de l’AP et d’autres enquêtes, a probablement été causée par une roquette perdue tirée depuis l’enclave. (Crédit : Image ©satellite 2023 Maxar Technologies via AP)

La couverture médiatique de la BBC, dans ses programmes d’information, n’a fait qu’aggraver cette première erreur. « Il est difficile d’imaginer ce que cela pourrait être d’autre… compte tenu de l’ampleur de l’explosion, d’autre qu’une frappe aérienne israélienne ou plusieurs frappes aériennes », a spéculé un journaliste de la BBC. Plus tard, un correspondant plus haut placé de la BBC a commenté à l’antenne : « L’armée israélienne a appelé à la prudence face à ce qu’elle a appelé des affirmations non vérifiées d’une organisation terroriste. Cette déclaration ne sera pas crue par les Palestiniens et des millions d’autres au Moyen-Orient. »

Comme l’ont écrit les avocats de la Chambre des députés dans leur plainte à la BBC, « la version du Hamas a été entièrement reprise, et la version israélienne, traitée avec dédain ». Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a répondu avec amertume et précision à la Chambre des communes : « Si nous ne considérons pas ce qui sort du Kremlin comme vérité d’Évangile, il n’y a aucune raison de faire la même chose avec le Hamas. »

Mais le mal était déjà fait : au Moyen-Orient et en Europe, des villes entières se sont embrasées de colère. Des attaques ont été perpétrées contre des synagogues à Berlin et en Tunisie, et la rencontre du président américain Joe Biden avec des dirigeants arabes en Jordanie a été interrompue.

La BBC n’est pas la seule à commettre des erreurs et, comme l’a fait valoir à juste titre la chroniqueuse du Guardian Gaby Hinsliff, « il serait erroné de prétendre que, sans cela, les rues arabes auraient ignoré l’explosion dans un hôpital au milieu de bombardements israéliens sur Gaza ». La BBC l’a admis et a présenté ses excuses pour certains aspects de sa couverture – « Nous admettons que même dans cette situation hautement évolutive, il était erroné de spéculer ainsi sur les causes possibles » – et déclaré qu’elle veillerait à « améliorer la clarté et la précision des informations de dernière minute ». Ses alertes et gros titres, par exemple, adopteront une nouvelle formule, en commençant par la source de l’information, et non l’information elle-même. Au lieu de dire : « Des centaines de morts, selon X », dit la BBC, on commencera par : « X revendique des centaines de morts. »

Des centaines de Marocains participent à une manifestation, à Rabat, au Maroc, le 17 octobre 2023, en solidarité avec les Palestiniens de Gaza suite à une explosion, près de l’hôpital Al-Ahli, ou hôpital baptiste, attribuée à tort à l’armée israélienne. (Crédit : AP Photo)

Sans surprise, les médias britanniques rapportent que l’ambiance dans les salles de rédaction de la BBC est tendue. « Des gens pleurent dans les toilettes, et des pigistes ont préféré renoncer à leur travail, face à l’étendue de la détresse que l’affaire a engendrée », a déclaré une source au Times. « Beaucoup se sentent profondément perturbés. »

Certains employés juifs s’irritent du refus de leurs responsables de qualifier le Hamas de terroriste, d’autres leur reprochent leur laxisme envers Israël. Ainsi, le courriel largement partagé d’un correspondant de la BBC à Beyrouth, dont Davie a eu connaissance, affirme : « Des mots comme ‘massacre’, ‘tuerie’ ou ‘atrocités’ sont utilisés de manière proéminente en référence aux actions du Hamas, mais à peine, voire pas du tout, en référence aux actions d’Israël. Cela ne pose-t-il pas la question de la possible complicité de la BBC dans l’incitation, la déshumanisation et la propagande de guerre ? »

Dans le même temps, six membres du personnel arabe de la BBC auraient été retirés de l’antenne pour avoir publié des messages sur les réseaux sociaux semblant soutenir le Hamas. Au Royaume-Uni, le journal inews a indiqué que le chef de la station de radio Asian Network de la BBC avait retweeté un message qualifiant les opérations militaires d’Israël à Gaza de « génocide ».

Le problème pour la BBC est que les controverses actuelles renvoient à une suspicion de partialité anti-Israël. De telles allégations remontent à des années, mais même les preuves des seuls 12 derniers mois brossent un tableau inquiétant.

L’ancien Premier ministre Naftali Bennett (à droite) lors d’une interview à la BBC au cours de laquelle la présentatrice Anjana Gadgil lui a dit que l’armée israélienne était « heureuse de tuer des enfants » lors de l’opération de Jénine, le 4 juillet 2023. (Crédit : Capture d’écran YouTube ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Il y a de cela quatre mois à peine, le Conseil des députés s’est dit « consterné » après qu’une présentatrice de la BBC ait eu un échange houleux avec Bennett au sujet des opérations militaires israéliennes contre les terroristes à Jénine. « L’armée israélienne est heureuse de tuer des enfants », a dit Anjana Gadgil après que l’ancien Premier ministre lui ait dit que « tous les Palestiniens qui ont été tués étaient des terroristes ».

« Comment appelez-vous une personne de 17 ans avec un fusil, qui tire et assassine vos proches ? Comment définiriez-vous cette personne ? », a répondu Bennett avec colère. (La BBC a plus tard présenté ses excuses et admis que, bien qu’il s’agisse d’un sujet légitime, le « vocabulaire utilisé était inapproprié et les questions mal formulées ».)

Le chercheur David Collier a parlé de « récits unilatéraux » pour la couverture par la BBC des opérations militaires israéliennes à Jénine cet été, concluant : « On s’attendrait à cela de la part d’organisations de propagande en ligne. C’est profondément troublant que cela vienne de la BBC. »

L’automne dernier, la décision de la chaîne d’inviter le commentateur controversé Abdel Bari Atwan avait donné lieu à une lettre ouverte adressée à Davie, signée par 36 parlementaires et personnalités publiques, parmi lesquelles l’ex-chef du Parti conservateur Michael Howard, les historiens Andrew Roberts et Simon Sebag Montefiore, ainsi que l’actrice Tracy-Ann Oberman. Atwan aurait fait l’éloge des terroristes en les qualifiant de « martyrs », qualifié leurs attaques de « miracles » et assimilé un attentat meurtrier à Jérusalem à un tournoi de football. (La BBC aurait depuis cessé de collaborer avec Atwan, dans le cadre d’une série de réformes au sein de son service d’information en arabe.)

Abdel Bari Atwan. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Tout ceci a conduit un groupe multipartite de députés et pairs du Royaume à initier une enquête sur la couverture par la BBC des questions liées aux Juifs et à Israël.

Le Jewish Chronicle, qui a joué un rôle central dans l’enquête et a publié une série d’enquêtes sur la BBC, a révélé cet été que la chaîne d’information arabe avait été contrainte, suite à des plaintes, de publier plus de 130 corrections depuis début 2021. Selon le Jewish Chronicle, les corrections, concernant Israël et les affaires juives, se sont faites au rythme de plus d’une par semaine.

La BBC n’est en aucun cas la seule à faire face à des accusations de partialité anti-Israël. Pas plus tard que la semaine dernière, par exemple, ITV News a été contrainte de présenter des excuses après avoir diffusé l’interview d’un journaliste de la chaîne iranienne Press TV qui décrivait l’attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre dernier, comme un « retour aux sources de la résistance palestinienne ».

Ce n’est pas non plus le seul radiodiffuseur britannique à hésiter à qualifier le Hamas de « terroriste ». Comme l’affirme la BBC, alors qu’ITV qualifie parfois le Hamas de « terroriste », d’autres rivaux comme Sky News ou ITN en parlent régulièrement comme des « militants » ou « combattants ».

Et les journalistes de la BBC n’ont pas hésité à interroger les représentants du Hamas. Comme on pouvait s’y attendre pour une organisation qui n’est pas connue pour son amour de la liberté de la presse, l’une de ces interviews s’est terminée abruptement, la semaine dernière, lorsque l’ancien vice-ministre des Affaires étrangères du groupe terroriste a brusquement retiré son micro et s’est emporté lorsqu’il lui a été demandé comment il pouvait « justifier le fait de tuer des gens pendant leur sommeil ».

Ghazi Hamad, membre du bureau politique du Hamas, lors d’une interview avec l’Associated Press à Beyrouth, le 26 octobre 2023. (Crédit : Bilal Hussein/AP)

Il convient également de rappeler que la BBC s’est régulièrement heurtée aux précédents gouvernements britanniques au sujet de ses reportages sur les conflits dans lesquels les forces britanniques sont engagées.

En 1982, pendant la guerre des Malouines entre la Grande-Bretagne et l’Argentine, par exemple, la BBC a provoqué la colère du gouvernement Thatcher en maintenant sa politique d’impartialité. Lors d’un incident célèbre, un présentateur de BBC Newsnight a semblé mettre en doute les informations publiées par l’armée britannique, affirmant : « Si nous en croyons les Britanniques. » Les médias et députés conservateurs avaient réagi avec une grande colère, qualifiant ces propos de « traîtres ou assimilés ».

Une autre émission de la BBC a été qualifiée de « parodie odieuse et subversive » par des ministres. La chaine n’a guère fait pour redorer son image en déclarant par exemple : « Ce n’est pas le rôle de la BBC de remonter le moral des troupes britanniques » ou « la veuve de Portsmouth n’est pas différente de celle de Buenos Aires ». Les patrons de la BBC avaient plus tard reconnu qu’ils auraient dû « être plus attentifs aux sensibilités du public ».

Quatre ans plus tard, la décision de Thatcher d’autoriser les avions américains à utiliser des bases en Grande-Bretagne pour bombarder la Libye provoquait une nouvelle querelle entre la BBC et le gouvernement. Le Parti conservateur ira jusqu’à publier un dossier accusant la couverture de la BBC d’être « truffée d’inexactitudes, d’insinuations et de partialité ». D’autres affrontements sporadiques ont eu lieu entre la chaine et les ministres de Thatcher au sujet de ses reportages sur la lutte du gouvernement contre la campagne terroriste de l’Armée républicaine irlandaise. La tentative des ministres d’obtenir l’abandon d’un documentaire de la BBC présentant l’interview d’un paramilitaire républicain, en 1985, a donné lieu à une grève des journalistes qui avait bloqué la couverture de l’information pendant 24 heures.

Le Premier ministre Shimon Peres et son homologue britannique Margaret Thatcher dans un bus dans le Néguev, pendant une visite d’Etat officielle en Israël en 1986. (Crédit : Herman Chanania/GPO)

Et il n’y a pas que les gouvernements conservateurs avec lesquels la BBC a entretenu des relations parfois tendues. Un reportage de la BBC affirmant que l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair avait délibérément induit le Parlement en erreur dans les semaines précédant la guerre en Irak, en 2003, a même conduit à une enquête judiciaire. Blair a finalement été innocenté, et la BBC a été accusée de diffuser des « allégations infondées », conduisant à la démission du directeur général et du président de la société.

Les aspirations de la BBC à l’impartialité et l’objectivité sont nobles. Sa faculté à mettre en colère les gouvernements britanniques, indépendamment de leur allégeance politique – et leurs alliés de par le monde – en est une conséquence inévitable. La question n’est pas de savoir si la BBC doit abandonner ces objectifs lorsqu’il s’agit de faire des reportages sur Israël. Il s’agit plutôt de savoir si la BBC est vraiment objective et précise dans sa couverture de l’État juif et de ceux qui cherchent à le détruire.

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